‹ Les roses, Tome IIIChapitre 29 sur 120 · ROSIER D'ANJOU · texte numérisé non relu

ROSIER D'ANJOU

DESCRIPTION

ARBRISSEAU qui s'élève en buisson à la hauteur de huit ou dix pieds. Il est armé d’aiguillons assez rares, petits et crochus sur les branches adultes, mais presque droits sur les rameaux florifères. Les feuilles se composent de cinq, plus souvent de sept folioles ovalespointues, très glabres, munies de dents simples, un peu plus écartées qu’elles ne le sont ordinairement dans d’autres espèces sauvages : les pétioles sont variables, parfois rudes au toucher, ou même un peu aiguillonnés, mais le plus souvent glabres, munis de stipules bifides, glanduleuses en leur bord; les fleurs, qui répandent une légère odeur de fraise, d’abord d’un rose pâle, puis blanches en finissant , sont quelquefois soli-

taires à l’extrémitésdes rameaux, mais plus souvent disposées par deux ou trois. Le tube du calice et le pédoncule sont plus ou moins hérissés de poils assez

longs, surmontés de petites glandes roussâtres, à peine

visibles à l'œil nu. On remarque quelquefois, sur les

rameaux munis de plusieurs fleurs, que lune d’entre Tome III.

elles est supportée par un tube et un pédicelle absolument glabres. La corolle présente cinq pétales échancrés en cœur au sommet : les divisions du limbe, trois pinnatifides et deux simples, sont cotonneuses à l’intérieur comme sur leur bord, et couvertes extérieurement de glandes un peu pédicellées. Les styles sont courts, distincts et pubescens; enfin, les fruits sont ovoïdes , et l’on y retrouve à leur maturité une partie de ces poils glanduleux qui sont l’un des caractères distinctifs de cette espèce.

Observations particulières à cet arbuste.

Le rosier d'Anjou a des rapports avec le R. Canina , dont il ne diffère que par ses tubes et ses pédoncules hispides, ainsi que par ses folioles à dentelures toujours entières. Il ressemble encore, par le port, au R. Glandulosa de Berrann (Act. Acad. Tur. 1790, p. 230); mais les fleurs, dans cette dernière espèce, sont constamment solitaires ct d’un rouge très vif, Les folioles sont d’ailleurs surdentées.

Cest M. Basrarn qui, le premier, a présenté cet arbuste, sous le nom de R. 4ndegavensis, dans sa Flore de Maine-et- Loire; mais M. Leman vient de réclamer l’honneur de la découverte de l'espèce, et l’avantage de l'avoir indiquée à M. Bas- TraRD, avant la publication de sa Flore. Voici ce qu’on lit, à ce sujet, dans une note sur les Rosiers, communiquée par M. Leman à la société Philomatique de Paris, le 9 mai 1818, insérée au Journal de Physique du mois de novembre suivant, pages 358 — 367 : «M. Bastard , dit l’auteur de la note, page 362, m'invita « à lui donner mon avis sur un grand nombre de plantes de « l’Anjou qui devaient être décrites dans la Flore de Maine-et- « Loire... Parmi les plantes que ce botaniste m'avait envoyées, «il y avait plusieurs rosiers donnés pour des variétés du R. Ca- « nina ; mais je m'aperçus bientôt que plusieurs espèces étaient

« confondues sous ce nom; j'en écrivis à M. Bastard en lui com- « muniquant mon sentiment, et quelque temps après , l’une de « ces espèces, que j'avais signalée, fut publiée dans la Flore de « Maine-et-Loire sous le nom de rosier d'Anjou ( Rosa Andega- « pensis )...» (1)

Le rosier d'Anjou est commun dans toute la France : indépendamment des lieux où on le rencontre, indiqués par MM. Basrarp et De Cannozze, nous l’avons trouvé dans les bois de la Brie, aux environs du château de Beauverger; à Meudon, dans les clôtures qui environnent la propriété de M. le général DE MonrcrrA; à Belleville, près Paris, dans une haie de la rue Saint- Laurent, et ailleurs.

Cette espèce présente plusieurs variétés qu’on pourrait établir d’après des feuilles plus ou moins glauques ; des folioles plus petites dans quelques individus, ou d’après le plus ou le moins de poils spiniformes qui recouvrent les tubes et les pédoncules.

: Dans cette même nate, M. Leman revendique encore, comme étant le frait de ses propres observations, la méthode de séparation des rosiers en divers groupes, d’après la considération de leurs folioles simplement dentées ou surdentées, ete.

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ROSA ACIPHYLLA.

R. Tubo calicis globoso pedunculisque glabris; foliolis oblongolanceolatis, cuspidatis, glaberrimis, concoloribus, inæqualiter argulè serratis; petiolis suprà pubescentibus, subinermibus ; caule aculeato. Rau, En. Ros. p. 69, cum tab.

ROSIER GUSPIDÉ.

DESCRIPTION

ARBRISSEAU qui s'élève à la hauteur de deux pieds et demi. Ses branches, droites et roides, d’un brun foncé tirant un peu sur le vert, sont armées d’aiguillons rares, recourbés, presque solitaires. Les ramuscules qui croissent le long des rameaux sont courts, serrés et rapprochés entre eux. Les feuilles se composent de cinq ou de sept folioles, glabres , vertes sur les deux faces, oblongues-lancéolées , terminées en cuspides, inégalement dentées : les dents les plus longues sont surmontées par des glandes sessiles, et les plus courtes par des glandes pédicellées. Les pétioles, souvent privés d’aiguillons, pubescens à la face supérieure , glabres de l’autre côté, sont munis de stipules petites, étroites, pointues et à bords glanduleux. Les fleurs naissent à l'extrémité des rameaux; les pédoncules, frêles et très courts, tantôt solitaires, tantôt réunis par trois ou quatre en une espèce d’ombelle, ont à leur base plusieurs bractées oblongues et aiguës; le tube du calice est glabre et globuleux; les divisions du limbe sont pointues au sommet, appendiculées, velues intérieurement et sur les bords, glabres à l’exté-

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