FLEURS SEMI-DOUBLES
DESCRIPTION
Cer arbrisseau, connu dans nos pépinières sous le nom de rosier petite Hessoise, s'élève à la hauteur de trois ou quatre pieds. Ses tiges, glabres et rameuses, sont armées d’aiguillons épars, recourbés, les uns longs, les autres petits. Les feuilles sont composées de cinq, rarement de sept folioles de moyenne grandeur, à peu près rondes, presque glabres en dessus, le dessous et les bords couverts de poils glanduleux et visqueux, souvent de couleur de rouille; enfin ces feuilles, lorsqu'on les froisse entre les doigts, donnent une odeur analogue à celle de la pomme de reinette; le pétiole, velu, aiguillonné, est muni de deux stipules bifides, assez larges, et partout glanduleuses comme le sont, en général, les parties foliacées du rosier. Les fleurs, tantôt solitaires , tantôt réunies au nombre de trois ou de quatre, sont supportées par des pédoncules qui, ainsi que les tubes presque ovoïdes des calices, sont hérissés
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de longs poils spinuliformes, la plupart surmontés d’une petite glande. Les divisions pinnatifides du limbe sont couvertes de pareils poils à l'extérieur, et garnies d’un duvet blanchâtre à l’intérieur. Corolle de dix, quinze, et parfois de vingt pétales échancrés au sommet, d’un rose tendre, un peu blanchâtre vers la base. Les fruits, d’un rouge orangé, sont presque glabres à la maturité. Ils persistent long-temps.
Observations particulières à ce Rosier.
Les amateurs ont observé, pour la première fois, cette jolie variété du R. rubisinosa, dans le jardin du peintre de cet ouvrage : il l’a obtenue de semis il y a quinze ans, et l’a communiquée à nos pépiniéristes, qui l’ont répandue dans la France et dans l'étranger. Aussi est-elle aujourd’hui assez commune dans les collections. On connaît une sous-variété à folioles beaucoup plus larges et plus arrondies, et à fleurs nombreuses disposées en une espèce d’ombelle : c’est vraisemblablement une modification à fleurs semi-doubles du R. rubiginosa Canadensis de M. Por- RET, Ency. 6, p. 287.
Puisque dans cet ouvrage nous avons eu l’occasion de nous occuper encore du R. rubiginosa, nous y rapporterons aussi un fait qui concerne cet arbrisseau. Il se trouve consigné dans la Flore de Spa, par M. LE Jeux, t. 2, Suppl. p. 315. Cet auteur, après avoir déploré la manie qui s’est introduite depuis quelques années, de créer une multitude d’espèces de Rosiers prétendu nouvelles, fondées sur des caractères presque toujours fugitifs, s'est exprimé en ces termes : « Un fait qui s’est présenté à moi « dans ces dernières années, quoique isolé, mais observé avec le « plus grand soin, et rapporté avec la plus exacte vérité, c’est « qu’un rosier à cent feuilles (rosa centifolia, L.) ayant donné un «cynorrhode rempli de graines bien aoutées, je les semai dans «un pot en l'automne de 1807, c’est-à-dire un peu après la ré-
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« colte. Au printemps de 1808, une seule graine leva, et produisit «un rosier qui atteignit environ un décimètre de hauteur à la fin « de l'été : je le livrai alors à la pleineterre, où il s’éleva à environ «un demi-mètre l’an 1809, et devint très touffu et très épineux; « lan 1810 il végéta encore assez, mais il ne fleurit pas; enfin, «en 181x, il montra des boutons qui s’épanouirent en juin, et « donnèrent des roses exactement semblables, pour la forme et «la couleur, au rosa rubiginosa, L. Flore de Spa, I"° Partie, «p. 230, avec tous les autres caractères spécifiques pris de l’en- « semble de cet arbrisseau.….…. »
Ce phénomène, très remarquable, est digne de fixer l’attention des botanistes et des jardinistes : il serait à souhaiter qu’il devint l'occasion d’expériences ! suivies sur les produits de la semence des graines du rosier : peut-être leur résultat nous procurerait-il la connaissance exacte des véritables types qu’on retrouve si rarement!
* Ces expériences sont faites et répétées depuis dix ans : elles ont constaté et constatent tous les jours sous les yeux des cultivateurs et amateurs qui savent observer, que rien n’est plus douteux et souvent plus idéal que le classement des rosiers par espèces, puisque ces prétendues espèces, soigneu-
sement semées à part, se reproduisent en très grand nombre, les unes dans
le semis des autres, et vice versä. P.
des BOIS