SCÈNE V
URBAIN, RENÉ, OLIVIER, un Facteur.
URBAIN
Tiens ! vous voilà levé ! — Bonjour.
OLIVIER
Bonjour. — Est-ce que vous travaillez? (n va
à la table où Urbain a préparé sa pierre litliogniphiquc.) ^
URBAIN
Ne m'en parlez pas; je suis en train de me faire un mauvais sang... Figurez -vous... (Oa rpppc à la poric.) Ah ! eulin ! on m'apporte peutêtre mon ouvrage ! (U va ouvrir. — On voit un facteur.)
Non!...
OLIVIER
Avouez que vous avez eu peur.
LE FACTEUR
Messieurs, c'est le facteur de la maison qui a l'honneur de venir vous présenter ses respects, et de vous offrir Talmanach de la nouvelle année. — Si ces messieurs veulent choisir? (ii
lire des almanachs de sa botte.)
Tâchez donc de nous en donner un meilleur que le dernier.
LE FACTEUR
Pardon, mais...
URBAIN
Nous n'en n'avons pas été contents du tout.
RENE, remettant ù Urbain Une pièce de monnaie.
Donnez donc les étrenncs à cet homme, et ne l'amusez pas.
URBAIN, au facteur.
Vous n'avez pas une lettre de mon oncle — cachetée, avec de la mie de pain ?
LE FACTEUR
J'ai une lettre pour M. Olivier.
OLIVIER
C'est moi. Donnez.
264 La NOSTALOIË
LÉ FACTEUR
Elle est franche.
URBAIN, lui'donnaut ses étrennes.
Tenez, quand vous aurez des lettres chargées,
pensez à moi. (U facteur sort.)
URBAIN, accrochant Talmanach à un clou.
Voici pourtant les cartes que nous doiine la destinée pour jouer la partie de la vie; chaque année on •en relève une nouvelle. Ce n'est pas étonnant si nous ne gagnons pas, il ne nous arrive jamais d'as. (Avec philosophie.) Ils seront peut-être tous au talon.