‹ Les rouges et les blancsChapitre 103 sur 109 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

l'abbé.

Si, d'une lettre qu'elle n'a pas osé garder sur elle et qu'elle m'a confiée...

LE COMTE

Vous l'avez apportée?

l'abbjé.

Dans la coiffe de mon chapeau... La voici...

Le' comte lit et fait un brusque mouvement. YAN.

Que vous dit-il ?

LE COMTE, lisant.

« Mon frère. Le bruit s'est répandu, hier soir, dans » la ville que M. Tréadec et vous, aviez été condam- » nés à mort par le conseil de guerre et que vous se- )) riez exécutés sans délai. Je vous prie de déclarer » à M. Tréadec, qui s'est sacrifié pour me faire sor- » tir sain et sauf de la Bénardière, que Louis de » Kerléan n'est pas un enfant à qui on peut imposer )) de vivre lâchement, quand ses compagnons sont » morts avec gloire. Si je vous survivais d'une heure, » je serais déshonoré à mes propres yeux. Donc le » jour qui sera le dernier pour vous, sera aussi le » dernier pour moi, et, au moment où l'on vous fusil- » lera, je me tuerai, (sa voix s'altère.) Je ne crois pas, M mon frère, que vos sentiments de religion vous per- » mettent de m'approuver, mais j'espère que vos » idées d'honneur vous pousseront à m'absoudre. » Je vous embrasse, pour la dernière fois, respec- » tueusement et tendrement, comme je vous aime — » Louis. » (Avec douleur.) Le malheureux enfant ! Il le fera !

144 LES rou<;es et les blancs

YAN, avec douceur.

Non f 11 ne le fera pas !

LE COMTE

Après l'avoir écrit, en ces termes et en de telles circonstances?

YAN, avec autorité.

Fiez-vous à moi, je saurai l'en empêcher.

LE COMTE

Et comment?

Hélène paraît à la grille.

YAN

C'est ce que vous allez apprendre bientôt.

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