SCENE PREMIERE
MADAME, MADEMOISELLE DE KERSABIEG, HÉLÈNE, LE COMTE, L'ABBÉ, MAYNARD, LOUIS, BERRYER, BÉVANHO, DEUTZ.
Au lever du rideau, Madame, 1 abbé, Berryer, Maj'nard jouent au reversi.
MADAME, à la table de jeu.
L'abbé, vous venez de faire une école qui va vous coûter cher.
l'abbé.
Ah ! Votre Altesse, ne m'en parlez pas ; j'aurais pu passer mon valet...
madame.
Aussi, je fais quinola... Monsieur Berryer, nous avons gagné.
BERRYER
Votre Altesse est toujours bien inspirée.
MADAME
Ce n'est pas l'opinion de ma famille... Ma sœur, la Reine d'Espagne prétend que je n'arriverai jamais à rien, parce que je suis folle... Du moins, ce sont les journaux qui le racontent.
LE COMTE
Alors, il n'en faut rien croire.
MADAME
Gomment ? En 1832, sous le règne de notre cher oncle, un prince vertueux, la presse ne mériterait pas toute confiance? Que sera-ce plus tard?
l'abbé.
On n'ose pas y penser !
MADAME. Elle se lève.
Rangez les cartes, l'abbé... Notre partie de reversi ne doit pas amuser follement ces dames... Occuponsnous de les distraire... Venez prés de moi, ma petite Tréadec... Egayez ce joli visage. Est-ce parce que votre mari n'est pas là que vous êtes triste ?
HÉLÈNE
Madame, s'il est absent, c'est pour le service de Votre Altesse, je n'ai donc rien à regretter.
MADAME
Allons I Vous êtes charmante, et vous me donnez l'illusion que j'ai encore du pouvoir, que je suis une vraie princesse, ayant une vraie cour... Voilà pourtant la première fois, depuis notre départ d'Italie, que nous nous réunissons, à peu près tranquillement, dans un salon et que nous y passons la soirée. Encore