SCÈNE VII
YAN, seul, puis HÉLÈNE.
YAN
Lequel de ces hommes? Ne pas savoir, quel supplice! Et savoir, quelle douleur!... Ah! Yan, pauvre fou, que ne t'es-tu fait tuer aujourd'hui, tu serais tranquille maintenant... La voici.
Madame m'a fait demander pour me dire adieu. Où vous retrouverai-je, Yan?
Je ne partirai pas avec vous, Hélène. Mon frère vous accompagnera, en retournant à Montbert.
HÉLÈNE
Quoi! Vous me laisserez seule, cette nuit, à la maison?
YAN
Sera-ce la première fois? De quoi êtes-vous inquiète, particulièrement, ce soir?
HÉLÈNE
C'est cette alerte d'hier. J'ai eu si peur... Il me semble que loin de vous, maintenant, je ne serai plus en sûreté. Ne pouvez- vous venir avec moi ?
YAN
Non, Hélène, je ne le puis. Vous savez bien que je ne vous quitte jamais que quand j'y suis forcé.
HÉLÈNE
Oh ! oui I vous êtes bon pour moi et je vous aime, tendrement.
YAN
Gomme un ami, comme un père, n'est-ce pas, Hélène ?
HÉLÈNE
Gomme ce qu'il y a de meilleur et de plus généreux au monde. Ne sauriez-vous obtenir d'un de ces messieurs qu'il vous remplace pour ce que vous avez à faire, et rester avec moi?
YAN, à part.
Si je faisais ce qu'elle me demande, pourtant?... Si je ne la quittais pas?...
HÉLÈNE
Qu'est-ce que vous dites là, tout seul ?