ACTE QUATRIÈME
généreusement, même sans illusion. Et c'est ce que nous faisons, en ce uiomont, nous, qui sommes ici prêts à mourir pour nos idées, qui sont peut-être des chimères, et vous, qui avez tunt de griefs contre nous, et qui, par honneur, savez les oublier.
YAN
Oui!.. Je suis venu vous retrouver, mais c'est par désespoir et non par iionneur. Tous ceux qui sont ici mourront, Kerléan, vous l'avez dit... Moins ceux dont je me suis occupé d'.issurcr le départ.
LE COMTE
Madame...
Oui.
Et qui avec elle?
YAN
Un de nos compagnons. {
LE COMTE, avec angoisse.
Un seul?
YAN
Vous allez en juger... l'our venir jusqu'à vous, avec Màho et deux de mes gars les plus résolus, il a fallu traverser deux lignes de troupes. Et, dix fois, nous avons failli être pris... Arrivés au bord de la Moine, nous avons traversé dans une barque...
LE COMTE
Et pour entrer ici?
YAN
Ecoutez bien ceci, comte. Sous cette chapelle est une crypte où sont les tombes des anciens chevaliers de Paimpol. Dans la muraille s'ouvre une porte
cachée par un ébouleinent et qui sert d'entrée à un passage qui permettait autrefois, en cas de siège, de faire des sorties... Ce passage, qui est fort long, aboutit à la rivière. La barque est là, cachée... Voilà par où je suis venu...
LE COMTE
Et c'est par là que vous allez faire partir Son Altesse ?
Y AN
Il n'y a plus d'autre issue. La barque peut contenir cinq personnes. Mâho et les deux rameurs, Madame et celui qui l'accompagnera...
, LE COMTE
Mais qui?
YAN
Qui la princesse voudra. Excepté moi.
LE COMTE
Et fuir ! Fuir toujours, voudra-t-elle ?
YAN
Il le faudra... Dussions-nous la tromper.
LE COMTE
La voici.