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PREFACE LIX

décrit sur son lit de mort : « Couché, pas abattu. » Et encore celui où il déplorera mort prématurée de l'ami qu'il devait si tôt rejoindre dans la tombe. L'article sur le baron d'Aerenthal mérite aussi d'être remarqué. Vogué pouvait, comme tout le monde, se tromper parfois sur les hommes ; mais il a vu singulièrement juste, lorsque, parlant du nouveau ministre de l'Empereur François-Joseph qui avait été, il y a un quart de siècle, son collègue à Saint-Pétersbourg, il disait : « Je serais bien surpris si ce nouveau ministre se contentait d'être, suivant la formule fameuse, un brillant second et s'il ne marquait pas sa place aux tout premiers rangs de la politique Européenne .»

C'est une heureuse pensée d'avoir donné comme épilogue au volume deux articles intitulés, l'un : Une grande année, l'autre : Ceux de Bir-Taouil. La grande année c'est l'année 1909 qui ne mérite pas le dédain avec lequel en parlent « ceux qui rapportenl tout à la politique, à ses pompes ou à ses œuvres. » Elle fut grande parce qu'elle fut marquée « par le prodigieux effort de l'homme pour mieux connaître et pour étendre les limites de sa cage. » Elle fut grande parce qu'elle est celle de IVxplo-

ration du pôle Sud et de la semaine d'aviation de Reims.

Quant à Ceux de Bir-Taouil, ce sont le officiers et les soldats qui ont succombé dans des parages lointains et sans qu'on sache encore comment, pour assurer à la France la possession de l'Ouadaï, et en particulier les capitaine Alsacien Fiegenschuh « dont l'ascendance, l'éducation, les sentiments, la vie et la mort nous reportent à des façons de penser et de sentir trop oubliées, à des grandeurs morales et nationales dont le sens s'oblitère ; sens qu'il faut ressusciter si nous voulons vivre d'une vie civique digne de ce nom ».

En terminant cet article qu'il écrivait un mois avant sa mort, Vogué exprimait le désir qu'un bref exposé du drame de Bir- Taouil fut rédigé dès qu'on en connaîtrait les détails et que l'obligation fût imposée à tous les instituteurs de donner lecture de ce récit aux enfants des écoles. « A ceux qui s'acquitteraient de ce devoir de tout leur cœur, on pourrait, disait-il, confier en toute sécurité le soin de former l'âme des petits Français ». Pour moi, je ferai un autre vœu, à peu près semblable : c'est que dans l'œuvre si riche, si touffue de Vogué, on fasse choix

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