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connaisse ces lois, c/u il comprenne la nature Jes cires qui l'environnent, et sa propre nature, et il connaîtra les auteurs de sa destinée; il saura quelles sont les causes de ses maux, et quels peuvent en être les remèdes.
« Quand la puissance secrète qui anime Punil'ers forma le globe que l'homme habite, elle imprima aux êtres qui le composent des propriétés essentielles , qui deviennent la règle de leurs mouvemens individuels, le lien de leurs rapports rëciprocpies , la cause de l'harmonie de l'ensemble ; par là , elle établit un ordre régulier de causes et d'effets, de principes et de conséquences, lequel, sous une apparence de hasard , gouverne l'univers et maintient l'équilibre du monde : ainsi, elle attribua au feu le mouvement et l'activité; à l'air, l'élasticité; la pesanteur et la densité à la matière ; elle fit l'air plus léger f[ue l'eau, le métal plus lourd que la terre, le bois moins tenace que l'acier; elle ordonna à la flamme de monter , à la pierre de descendre , à la plante de végéter; à l'homme, voulant l expo sei^ au choc àe tant d'êtres divers, et cependant préserver sa vie fragile, elle lui donna la faculté de sentir. Par cette faculté, toute action nuisible à son existence lui porta une sensation de mal et de douleur; et toute action favorable, une sensation de plaisir et de bien-être. Par ces sensations, l'homme, tantôt détourné de ce qui blesse ses sens, et tantôt entraîné vers ce qui les flatte , a été nécessité d'aimer et de conserver sa
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ne. Ainsi, l' amour de soi , le drsir du bicnêlre , iauevsion de la douleur, ont etc les lois essentielles et primordiales imposées h l'homme pur la Natiue même ; les lois ({ue la puissance ortlonnahiee ([uelcon(ine a établies pour le gouverner, et qui, semblables à celles du moui'ement dans le monde physique , sont devenues le principe simple et fécond de tout ce qui s'est passé dans le monde moral.
« Telle est donc la condition de l'homme : d'un côte , soumis à l'action des elemens qui l'environnent, il est assujetti à plusieurs maux inévitables; et si dans cet arrêt la Nature s'est montre'e sévère, d'autre part, juste et même indulgente, elle a non seulement tempéré ces maux par des biens équivalens , elle a encore donné à l'homme le pouvoir d'augmenter les uns et d'alléger les autres; elle a semblé lui dire : « Faible ouvrage de mes mains, je ne te dois rien, et je te donne la vie; le monde où je te place ne fut pas fait pour toi, et cependant je t'en accorde l'usage; tu le trouveras mêlé de biens et de maux : c'est à toi de les distinguer, c'est à toi de guider tes pas dans des sentiers de fleurs et d'épines. Sois l'arbitre de ton sort ; je te remets ta destinée.... n Oui, l'homme est devenu l'artisan de sa destinée ; hii-même a créé tour à tour les revers ou les succès de sa fortune; et si, à la vue de tant de douleurs dont il a tourmenté sa vie, il a lieu de gémir de sa faiblesse ou de son imprudence , en considérant de quels principes il est parti et à
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fjiielle hauteur il a su s'élever, peut-être a-t-il plus droit encore tle présumer de sa force et «le s'euorgueillir de son génie.