EXPLICATION DES FLEURONS ET VIGNETTES
Page 27. La gravure en tête de cette feuille représente, vue de face et de profil, une corniche en terre cuite portant cheneau. Le mascaron dont elle est ornée servait à rejeter en dehors, par sa bouche, les eaux du comble. L habitude généralement pratiquée chez les anciens de placer, pour cet usage, des tetes grotesques en haut des corniches, s’est encore conservée jusqu’à nous; nous en voyons des exemples multipliés dans l’architecture gothique et dans celle de la renaissance. L inconvénient de jeter ainsi les eaux des toits, en masse, sur la tête des passants, a été senti depuis peu, et ces gouttières incommodes ont été remplacées par des tuyaux de descente. Les mascarons et les tetes de lions devenues inutiles n’ont pas moins conservé leurs places dans les corniches, sans qu’on ait cherché à ajuster d’une manière architecturale, et à décorer avec goût ces tuyaux de descente qui les remplacent : elles défigurent les façades de nos édifices.
Ce fragment antique nous porte à exprimer encore un autre vœu : c’est de voir renaître chez nous l’usage des terres cuites. Déjà plusieurs architectes de l’Allemagne viennent de l’introduire avec succès. Les ornements architecturaux et les bas-reliefs en terre cuite offrent non seulement une exécution facile et économique, mais en même temps une construction durable; et les beaux fragments de ce genre que nous a légués l’antiquité, prouvent que les artistes de mérite ne dédaignèrent pas de confier leurs travaux à cette matière.
Ces ornements, comme tout le reste de l’architecture et de la sculpture, furent peints; on reconnaît encore des traces de couleurs sur le fragment que nous reproduisons.
Page 42. Petite peinture, grandeur de l’original, formant le motif de milieu d’un des panneaux qui ornent le pourtour du crypto-portique de ledifice d’Eumachia. Le sujet représente une offrande. Les détails ne sont pas assez précis pour pouvoir être expliqués avec certitude.
Page 47- La vue gravée au bas de cette feuille est expliquée dans le courant de la description de l’édifice d’Eumachia dont elle représente le fond.
En tête de cette Explication des Vignettes et Fleurons, nous avons reproduit plusieurs objets de toilette en usage chez les anciens; ils prouvent que les dames de l’antiquité 11e dédaignèrent pas plus que les modernes, les secrets artificiels. Le vase à droite, en cristal de roche, trouvé dans les fouilles, en offre une preuve : l’intérieur renferme une terre rougeâtre. Celui à gauche, en ivoire, contient une terre de la même couleur, mais plus claire. Ce dernier est orné de jolis bas-reliefs analogues à la circonstance; ce sont des amours dans différentes attitudes.
Au-dessus du premier vase sont deux miroirs en argent avec des poignées richement ornées; celui de l’autre côté est en bronze, et la poignée est recourbée en cou de cygne, pour être accrochée. La surface de ces miroirs est soigneusement polie afin de faciliter le reflet des objets. Cependant il paraît que les miroirs en verre n’ont pas été inconnus des anciens, surtout dans les derniers temps : Pline en cite qui provenaient de Sidon. On suppose qu’au lieu du tain, on plaçait une feuille en or sous le verre.
Outre ces objets, cette planche reproduit le fragment d’un peigne et un petit vase à parfums ou essences. L’usage des huiles et pommades de toutes espèces était général.
Le sujet gracieux du milieu de cette gravure représente une jeune femme occupée à sa toilette. Son siège est doré; la draperie rouge a une bordure blanche; le miroir est pareillement en or, et les beaux cheveux quelle soulève, sont blonds. Cette jolie peinture fut découverte en 1760.