‹ Les ruines de Pompéi (volume 3)Chapitre 20 sur 24 · PLAN GÉNÉRAL DU FAUBOURG OCCIDENTAL DE POMPEI · texte numérisé non relu

PLAN GÉNÉRAL DU FAUBOURG OCCIDENTAL DE POMPEI

Comme j'ai cherché à suivre un ordre méthodique en publiant les antiquités de Pompei , j'ai donné isolément dans les planches précédentes les .monuments qui ont rapport aux matières traitées dans cette première partie. La planche XXXVIII nous montre maintenant le plan de toutes les découvertes faites dans le faubourg occidental, que l'on croit, d'après plusieurs inscriptions, avoir fait partie du pagus ou arrondissement rural nommé Augustus Jélix

La planche XIV a déjà donné une idée du coup-d'œil que ces fouilles présentent depuis la maison de campagne jusqu'à la porte de la ville. Elles ont été entreprises à diverses époques : les parties de la voie entre les lettres AA furent retrouvées de lyGS à 1764. L'espace marqué B,B,B,C

(0 Voyez son ouvrage intitulé Pompei.

la) Meddix luticus ou mediasiulicus ; c'étoit la première des charges municipales chez les Osques. ( Voyez Sigon. de jint. Jtir. ital. Il , 4 , et Diîse.n. Isagogicœ , cap. f /. )

(3) La iiimille Popidia avoit aussi lait rebâtir le temple dTsis après le tremblement de terre de 69, comme on le voit par une inscription rapportée dans la troisième panie de cet ouvrage.

(4) Voyez Dissert. Isagog. cap. XII, ta. La plupart des inscriptions récemment découvertes dans cette rue semblent confirmer celte conjecture.

l'a été pendaDt les années 1812, i8i3 et i8i4- Cette voie, dans la direction indiquée par les lettres AA., BBB, conduisoit, comme je l'ai déjà dit, page 26, à Herculanum et à Naples. Il en existe une autre qui s'embranche avec celle-ci, et dont on a déjà découvert le commencement du point B au point C; il paroît qu'elle conduisoit à Nola, où elle rejoignoit la voie Papilienne (voyez la carte, page 18). La construction de ces voies ayant été déjà suffisauntient décrite dans ce volume, je vais passer à l'explication des monuments dont je n'ai point encore parlé.

Le premier, n° I, qui se présente à main droite de la voie en allant vers la ville est une maison connue depuis long-temps sous le nom de Maison de campagne. Comme j'en donne le plan plus en grand , les détails et la description dans la seconde partie de cet ouvrage , je me dispenserai d'en parler ici, j'indiquerai seulement quelques unes des principales parties de cette habitation pour la satisfaction du lecteur.

a Péristyle',

h Bains chauds et froids,

c Appartements,

d Logement des esclaves ,

e Appartement souterrain pour l'été,

r Portique à un étage plus bas ayant au-dessous un crypto, portique,

g Xiste ou parterre,

h Vivier,

/' Treille, etc.

Au-delà de cette maison de campagne sont placés les tombeaux et les monuments funèbres déjà décrits.

2, 3, 4 Tombeaux de la famille Arria,

5 Tombeau de Valesius Gratus,

6 Petit tombeau inconnu,

7 Tombeau de Céius et de Labéon ,

8 Tombeau de Libella et de son fils,

9 Sepulcretum inconnu,

10 Tombeau inconnu et non achevé,

1 1 Tombeau inconnu ,

12 Vstrinum ou œdicula,

13 Triclinium funèbre,

14 Tombeau de Tyche,

15 Sepulcretum de la famille Nistacidia,

16 Tombeau de Munatius Faustus,

17 Sepulcretum ^

18 Tombeau rond inconnu,

19 Tombeau de Scaurus,

20 Borne sépulcrale de Tyche,

2 1 Tombeau inconnu et non fini.

Aucun de ces monuments funèbres n'est bien considérable, ce qui provient de la médiocrité

(.) Celle habilation pseuilo-iirbaine est construite selon les principes des m.iison5 de campagne; elle n'a point d'atrium , c'est-à-dire de partie publique. Voyei, pour cela et la signification des noms andques, l'Essai sur les h.ibitations des anciens placé A la téte du second volume.

des fortunes ou de l'observance des lois somptuaires'. Il est à remarquer que presque tous ces tombeaux appartiennent à des magistrats ou à des personnes qui avoient reçu des honneurs publics : ce qui semble indiquer un quartier privilégié dont les terrains étoient en partie destinés à la sépulture de personnages marquants par les charges dont ils avoient été revêtus, ou par Taisance dont ils jouissoient.

Le bâtiment n" 22 , placé à la naissance de la route de-Nola, fut découvert en i8i3. Il est composé d'un portique extérieur aa, dont les arcades existoient encore presque toutes au moment des fouilles, et de boutique* b pour des marchands, soit de comestibles", soit d'objets assez communs, comme l'extrême grossièreté de l'enduit et des peintures semble findiquer. Il y a aussi une fontaine et un abreuvoir, et il est probable que ce lieu servoit d'hôtellerie aux paysans qui venoient approvisionner Pompei; on y a en effet retrouvé le squelette d'un àne, les débris d'une petite charrette , et quelques objets de provisions. Les boutiques dont nous venons de parler avoient un petit étage au-dessus d'elles, auquel on montoit par des escaliers en bois, à l'exception des premières marches, construites en pierres ou en briques. Tout cet édifice étoit terminé par une terrasse derrière laquelle s'élevoient encore en amphithéâtre d'autres terrasses et des galeries d'où l'on découvroit la mer, les Apennins , le Vésuve et toutes les villes de la côte. Les eaux pluviales tomboient de ces terrasses dans des citernes d, où elles étoient conservées avec soin pour l'usage des locataires de ces boutiques.

Si l'on eût continué les fouilles de ce bâtiment, on auroit certainement trouvé l'ensemble d'un édifice considérable ; on en a même découvert l'entrée e à l'extrémité du portique aa.

D'autres boutiques, marquées /n° 23, sont contiguës à celles-ci; mais il est facile de voir, par le soin avec lequel elles sont décorées et peintes , qu'elles appartiennent à un édifice différent de celui que nous venons de décrire

En face, on voit encore un autre portique, n° 24, et des boutiques aaa. La dernière d'entre elles i a un comptoir en maçonnerie , comme ceux des thermopoles que l'on trouve à Pompei ; ce qui indique qu'on y vendoit des boissons chaudes. Pour rendre ce lieu plus agréable à ceux qui s'y arrêtoient, on l'avoit orné de bancs c et d'une treille supportée par des colonnes. Les deux trous carrés marqués d avoient été pratiqués dans le trottoir pour recevoir les deux pieds de vigne dont le feuillage ombrageoit l'entrée de ce thermopole. Ce portique et ces boutiques appartiennent à une habitation, \\° 25, déterrée en 1764, et recouverte depuis <. Elle est ordinairement appelée Maison de Cicéron. Cette dénomination me paroit hasardée : Cicéron avoit bien à Pompei une maison de plaisance qu'il affectionnoit beaucoup, et où il composa en grande partie ses traités des Offices, de la Divination et de la Vieillesse; mais elle devoit être plus éloignée de la ville. Il écrivoit lui-même à Atticus : Je suis ici dans un endroit très agréable, mais surtout fort

(1) Elle-i défendoicnt do dépasser certaine somme dnns la conslruclion des tombeaun, sous peine de payer, comme amende, une somme égale À l'excédant de !a dépense fixée. {Oc. nd Atûc. Ub. XIl, epist. a5.)

(î) On y voit deux petits foyers externes qui indiquent que l'on y donnoit à manger. Presque toutes les hôtelleries aux environs de Naples ont encore de nos jours de petites cuisines pareilles sous des portiques où l'on prépare à manger pour le peuple et les voyageurs.

(3) On peut avoir une idée de leur décoration externe en examinant le pan de mur qni tient à l'hémicycle dans l'élévation donnée pl. XXXIII, fig. I. Le souhassement est peint en rouge, et l'interstice des refends en bleu.

(4) J'ai déjà dit que , dans les premiers temps . l'on recouvrolt les monuments fouillés , après avoir enlevé ce qu'ils pouvoicnt offrir de précieux : ce fut don Francesco I^rega, ingénieur chargé des travaux de Pompei , qui le premier entreprit de déblayer la vQle entière, selon le système suivi jusqu'à ce jour. Je saisis cette occasion pour rendre à In mémoire de cet artiste le juste tribut de louanges et de reconnolssance qui lui est dtl. Don Pietro Larega, héritier de la place et des talents de son frère, dirigea aussi les travaux de Pompei jusqu'à ces derniers temps. Il vient de mourir dans un âge assez avancé. Lié d'amitié avec lui, je dois à sa complaisance des renseignements intéressants et la communication des plans de tous les monumcnu recouverts, comme celui-ci , après avoir été fouillés.

retiré; un homme qui compose j eu à couvert des importuns (lib. XV, epist. i6). Or cette habitalion-ci, placée aux portes de la ville, au bord de la grande route et tout proche du port, n'auroit pu lui ofïrir cette tranquillité qu'il vante plus d'une fois dans ses lettres, et il n'eût pu l'appeler un lieu retiré. Au surplus, elle est vaste, bien située : les décorations qui y furent trouvées font présumer qu'elle dut appartenir à quelqu'un des principaux habitants de Pompai.

On entroit par la porte c dans l'avant-cour f iarea) ' ou espèce de place en avant du logis. Un corridor g (prot/i/ron) conduisoit de la porte du logis à la porte de l'atrium; à droite et à gauche de ce corridor étoient distribuées les dépendances, comme écuries, remises, etc. Autour de l'atrium h dévoient être les pièces exigées dans la partie publique des habitations des anciens , et plus loin les appartements / du maître et de sa famille, avec des terrasses ^ et des galeries m ayant vue sur la mer. A un étage plus bas est un portique n entourant un xiste ou premenoir planté d'arbres et de fleurs; au-dessus de ce portique on avoit pratiqué une terrasse qui existe encore, et d'oii l'on jouissoit de la vue de la mer et de la campagne. Un escalier dérobé o conduisoit de l'habitation dans une cour assez vaste p, mais de forme irrégalière, qui communique avec une des extrémités du portique. Cette cour ne renferme rien d'intéressant que des bassins q en maçonnerie, destinés sans doute à une buanderie ou à quelque fabrication grossière. On y a trouvé beaucoup d'amphores d'une assez grande dimension. A côté de l'entrée de la maison est une citerne ronde r qui recevoit les eaux pluviales et les conservoit pour le service des boutiques.

En face du portique de cet édifice on voit V hémicycle n" 26 et divers tombeaux inconnus 27 , 28, 2y, 3o, 3i, 32, 33. Endn, vers la ville, à main droite, on trouve encore Vhémicycle de Mamia 34, un tombeau cru long-temps celui de cette prétresse 35, un autre tombeau ruiné 36, un hémicycle sans inscription , puis Vœdicuta 38, dédiée aux divinités protectrices des chemins. {yiales DU.)

La porte de la ville , une partie des remparts 40, et quelques maisons 4i , indiquent le commencement de la cité.

fi) Voyez encore, pour les dénominations antiques . l'Essai sur les habitations des anciens placé en tète du second volui

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