EXPLICATION DES VIGNETTES ET FLEURONS
Vignette page 21. Une peinture représentant un autel chargé de pommes de pin et d'une autre espèce de fruits. Aux deux cotés de l'autel sont des serpents , simulaci es des génies du lieu , ou lares. On voit encore de petits oiseaux qui donnent la chasse à des mouches. Cette peinture étoit chez un boulanger, auprès du four : au-dessus d'elle on avoit représenté un sacrifice aux dieux lares: mais ce morceau est tellement endommagé, qu'il m'a été impossible de le dessiner. Les sujets de cette peinture sont colorés de leurs couleurs naturelles sur un fond blanc.
Les ornements qui servent d'encadrement sont tous tirés de divers endroits de Pompei.
Fleuron page 24. Ce bas-relief, d'environ trois pieds de hauteur, a trait à l'invention des Caliatides. Vitruve rapporte (Jib. /, cap. i) que « Caria, ville du Péloponnèse, se ligua autrefois « avec les Perses contre les Grecs; mais ceux-ci s'étant par la victoire glorieusement délivrés de « cette guerre, la déclarèrent unanimement aux Cariâtes. La citadelle de ces derniers ayant été « prise, les hommes tués et la ville détruite, ils emmenèrent les femmes en esclavage, sans leur « permettre de quitter leurs longs vêtements {slolœ) ni les autres ornements qu'avoient coutume « de porter les matrones, afin qu'elles ne fussent point seulement menées une fois en triomphe , « mais que, comme un exemple éternel de servitude et d'outrage, elles portassent aux yeux de II tous la peine du crime de leur ville : d'où les architectes qui existoient alors imaginèrent de « placer dans les édifices publics l'image des Cariatides en guise de supports, afin de transmettre i à la postérité le souvenir de la faute et du châtiment des Cariâtes, d
L'inscription vient à l'appui de ce passage; elle est ainsi conçue ;
« Ce trophée a été élevé à la Grèce après la défaite des Cariâtes. »
Ce bas-relief, plein de grâce et d'un travail excellent, pourroit bien être la copie de quelque monument plus considérable élevé à la victoire des Grecs, et dont la description ne nous seroit point parvenue.
Vignette page 25. Une peinture représentant des sphinx. Elle (ut découverte dans le prolongement de la rue par laquelle on arrive au temple d'isis; les ornements et les sphinx sont couleur d'or sur un fond noir.
Fleuron page 29. Ce fragment représentoit un grilfon aux prises avec un serpent. Depuis long-temps je m'étois proposé de le dessiner. Quel fut mon chagrin, le jour où je voulus effectuer ma résolution, en voyant que des curieux avoient dégradé cette peinture et enlevé ou détruit le serpent! J'ai indiqué les trois couches d'enduit qui revêtent le mur, et dont la dernière est un stuc très iln sur lequel est appliquée la peinture.
Vignelte page 3i. Une inscription appartenant à un tombeau donné pl. IV, VIII et IX.
Une borne funèbre ou columella placée dans un sepulcretum '. Elle porte cette inscription :
IVNONI.
TYCHES. IVLIAE. ■ AVGVSTAE. VENER.
Elle a été expliquée de plusieurs manières différentes. M. de Clarac l'a traduite ainsi : Consacrée a Junon protectrice de Juiia Tyche, et à F'énus Auguste. D'autres l'ont interprétée de cette manière : Dédiée à Junon par Tyche Veneria de Julia Auffxsta, etc. (Voyez les dissert, imprimées dans le Journal de Rome du 10 janvier, et dans le Moniteur de Naples du 7 mai 1814). Ces inler-
(1) Voya le plan général pl. XXXVIII.
(a^ C'esl par une erreur du graveur que dans la vignette le mot TYCHES est écrit avec un i.
prétatioris ne sont point salisfaisanles; car il est bien évident qu'il ne s'agit point ici d'un n.onnn.ent votif . niais d'tuie sépulture '.
Fleuron page 32. Un griffon passant. Les ailes, la lète, le poitrail et les pattes de devant, sont coideui- d'or, le reste du corps est couleur de bronze.
Vignette page 33. Cette peinture étoit placée à l'angle d'un carrefour formée par la voie consulaire et la rue \ (pl. III). Au-devant du serpent il y avoit une brique scellée dans le mur, et sur laquelle on déposoit des offrandes, connue je l'ai indiqué. Ce serpent étoit le simulacre du génie qui présidoit ,\ ce .carrefour {lar compilalis). En i8i3, les charretiers qui transportoient les terres des fouilles ont si souvent accroché l'angle du mur sur lequel étoit cette peinture, qu'ils I ont fait écrouler, et ce morceau précieux n'existe plus.
(I) elle/, les anciens, cltaciin adoploil une divinilé familière; les hommes avoient des Génies, et les femmes des Junons. liL II, m/,, ii.) Le nom de celle déesse se voil dans plusieurs inscriplions avec celle allribniion. ( Voyez fabre-tli , ctiji. Il, Ainsi l'on poiirroil traduire :
^tugilnie, ou nitr mânes ilr Tjrclw, Veneria ite Julie Auguste.