‹ Les ruines de Pompéi (volume 4)Chapitre 18 sur 19 · EXPLICATION DES VIGNETTES ET FLEURONS · texte numérisé non relu

EXPLICATION DES VIGNETTES ET FLEURONS

Vignette page 21. Une peinture représentant un autel chargé de pommes de pin et d’une autre espèce de fruits. Aux deux côtés de l’autel sont des serpents, simulacres des génies du lieu, ou lares. On voit encore de petits oiseaux qui donnent la chasse à des mouches. Cette peinture étoil chez un boulanger, auprès du four : au-dessus d’elle on avoit représenté un sacrifice aux dieux lares: mais ce morceau est tellement endommagé, qu’il m’a été impossible de le dessiner. Les sujets de cette peinture sont colorés de leurs couleurs naturelles sur un fond blanc.

Les ornements qui servent d’encadrement sont tous tirés de divers endroits de Pompei.

Fleuron page 24. Ce bas-relief, d’environ trois pieds de hauteur, a trait à l'invention des Cariatides. Vitruve rapporte (lib. /, cap. i) que « Caria, ville du Péloponnèse, se ligua autrefois « avec les Perses contre les Grecs; mais ceux-ci s’étant par la victoire glorieusement délivrés de « cette guerre, la déclarèrent unanimement aux Cariâtes. La citadelle de ces derniers ayant été a: prise, les hommes tués et la ville détruite, ils emmenèrent les femmes en esclavage, sans leur a permettre de quitter leurs longs vêtements (stolce) ni les autres ornements qu’avoient coutume « de porter les matrones, afin quelles ne fussent point seulement menées une fois en triomphe , a mais que, comme un exemple éternel de servitude et d’outrage, elles portassent aux yeux de a tous la peine du crime de leur ville : d’où les architectes qui existoient alors imaginèrent de tt placer dans les édifices publics l’image des Cariatides en guise de supports, afin de transmettre a à la postérité le souvenir de la faute et du châtiment des Cariâtes. »

L’inscription vient à l’appui de ce passage;, elle est ainsi conçue ;

a Ce trophée a été élevé à la Grèce après la défaite des Cariâtes. »

Ce bas-relief, plein de grâce et d’un travail excellent, pourroit bien être la copie de quelque monument plus considérable élevé à la victoire des Grecs, et dont la description ne nous seroit point parvenue.

Vignette page 20. Une peinture représentant des sphinx. Elle fut découverte dans le prolongement de la rue par laquelle on arrive au temple d’Isis; les ornements et les sphinx sont couleur d’or sur un fond noir.

Fleuron page 29. Ce fragment représentoit un griffon aux prises avec un serpent. Depuis long-temps je m’étois proposé de le dessiner. Quel fut mon chagrin, le jour où je voulus effectuer ma résolution, en voyant que des curieux avoient dégradé cette peinture et enlevé ou détruit le serpent! J’ai indiqué les trois couches d’enduit qui revêtent le mur, et dont la dernière est un stuc très fin sur lequel est appliquée la peinture.

Vignette page 3i. Une inscription appartenant à un tombeau donné pl. IV, VIII et IX.

Une borne funèbre ou columella placée dans un sepulcretum '. Elle porte cette inscription :

IVNONI.

TYCHES. IVLIAE. ’

AVGVSTAE. VENER.

Elle.a été expliquée de plusieurs manières différentes. M. de Clarac l’a traduite ainsi . Consacrée a Junon protectrice de Julia Tyche, et à Vénus Auguste. D’autres l’ont interprétée de cette maniéré : Dediee a Junon par Tyche V enena de Julia Augusta, etc. (Voyez les dissert. imprimées dans le Journal de Rome du 10 janvier., et dans le Moniteur de Naples du ’j mai 1814). Ces inter-

(0 Voyez le plan général pl, XXXVIII.

(a) C’est par une erreur <iu graveur que dans la vignette le mot TYCHES est écrit avec un i.

prétatious ne sont point satisfaisantes; car il est bien évident qu’il ne s’agit point ici cl’ui\ nionunient votif, mais d’iine sépulture

Fanion page Sa. Un griffon passant. Les ailes, la tête, le poitrail et les pattes de devant, sont couleur dor, le reste du corps est couleur de bronze.

Vignette page 33. Cette peinture étoit placée à l’angle d’un carrefour formée par la voie consulaire et la rue A (pl. LU). Au-devant du serpent il y avoit une brique scellée dans le mur, et sur laquelle on déposoit des offrandes, comme je l’ai indiqué. Ce serpent étoit le simulacre du génie qui présidoit à ce carrefour Qar compitalis). En i8i3, les charretiers qui transportoient les terres des fouilles ont si souvent accroché l’angle du mur sur lequel étoit cette peinture, qu’ils lont fait écrouler, et ce morceau précieux n’existe plus.

(i) chez les anciens, chacun adoptoit une divinité familière; les homme.s avoient des Génies, et les femmes des Jiiiions. (Voyez Pline, Ub. //, cap. 4.) Le nom de celte déesse se voit dans plusieurs inscriptions avec celte attribiujon. (Voyez Fabretfi , cap. Il, 71, pag. 74.} \insi l’on pourroit traduire :

Au génie, ou aux mânes de Tjrche, Veneria de Julie Auguste.

’iî

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