‹ Les ruines de Pompéi (volume 5)Chapitre 14 sur 35 · PLANCHES XXX, XXXI, XXXII, XXXIII, XXXIV, XXXV „ XXXVI · texte numérisé non relu

PLANCHES XXX, XXXI, XXXII, XXXIII, XXXIV, XXXV „ XXXVI

m- fait un devoir dès le commencement de ce travail, de suivre et de maintenir la M'etant fait un devoir, aes ■ j-<K,„nt« „„„res d'édifices de Pompei, je

Ossification adoptée par mon prédécesseur pour les nts es ed ^

devrais, malgré les graves inconvénients qu. résultent à^~^2 Le.ùoJe, Mais traite des temples, la description du monument figure sur les planches c.

et avec assez de vraisemblance, par d'autres antiquaires; que les uns veulent y voir cur,<

a I W^, Autres encore ta—., nous avons pensé qu'il F^££T£ anomalie, dans la série des monuments municipes, qui font le sujet princ.pal de cette pa.ue

de doute que dans les petites villes de l'Italie le temple de Jupiter, la curie , Jar m te n'ont du former souvent qu'un seul édifice; de même qu'à Kome les ba iments la-rarium etc. n alteraativement à l'un et à l'autre usage. A.ns., le sénat

destines a ces us ges spéciaux ~ Champ-de-Mars ; et IWium, où était

:srr^^5S£ « » — * ^ - » rr* divh,it;

U ne pouvait en être autrement dans une ville de province où le nombre des monuments devai êt e nécessairement plus restreint, et recevoir encore plus fréquemment une double d£ n tL : de là cette difficu.té d'inscrire sur ebaque édifice le nom spécial qu, m appartenu ï, se pourrait donc que ceux qui appliquent au monument qui nous occupe des dénominations si différentes, eussent raison tous à la fois.

ÎZ ne s'oppose, en efiet, à ce que ce bâtiment, dont la place distinguée révèle 1 importance, a pu être dédié à une divinité principale, et servir, en même temps, de lieu d'assemblée aux decunons, t de dépôt au trésor public Sa forme, son emplacement, la richesse de son architecture, la découert , da'ns l'intérieur,d'une tête colossale de Jupiter et d'une autre d'Esculape,son fi.s on du serv.r d'appui à la première opinion ; tandis que la disposition d'un porche tres-vaste, de la p late-form entre les deux escaliers, ainsi que l'isolement complet de l'édifice qu, permette un plus grand concours de citoyens , ont paru convenir parfaitement aux assemblées des decunons e aux harangues tenues du haut du pulpitam. Disons encore que les trois petites chambres voûtées, au fond e a cella , ont pu servi/d'archives pour les actes de l'autorité, ou de dépôt pour le resor pub.^ La solidité de cette partie de la construction, l'obscurité et l'isolement de ces chambres ont du ajouter du poids à cette hypothèse, appuyée, en outre, par la présence de deux soldats quon présume avoir été préposés à la garde du trésor au moment de l'éruption, et dont on a trouve les squelettes au pied du porche. Un de ces squelettes était partagé en deux par la chute dune des colonnes du temple. t

D'autres écrivains ont poussé la licence de tout supposer, jusqu'à reconnut* dans ces trots chambres le sanctuaire mystérieux d'où sortaient les oracles. Mais, sauf cette dermere opmion , nue rien n'autorise, je n'ai aucun scrupule d'adopter toutes celles que nous avons mentionnées.

Ceux qui ont cru voir dans cet édifice un temple, lui donnent l'épithète d'hypa3thre, cest-a-d,re, dont la cella était découverte et qui avait à l'intérieur deux rangs de colonnes l'un au-dessus de l'autre. C'est par ces deux points seulement que la disposition de notre édifice ressemble a ce que Vitruve nomme temple hyprthre : combinaison théorique si compliquée , qu.l ne serait pas facile d'en trouver l'application rigoureuse dans aucun des monuments de 1 antiquité. Ainsi,

EXPLICATION DES PLANCHES. 4g

cet édifice n'est ni décastyle ni diptère; il n'a qu'une seule entrée, et cependant l'arrangement intérieur de la cella comporterait parfaitement les dispositions prescrites par Vitruve pour les temples hypœthres. Mon prédécesseur n'a pas cru devoir adopter ces dispositions dans la restauration qu'il en a faite et que nous reproduisons, planches XXXIII et XXXIV. Mazois y superpose les deux rangées de colonnes, ce qui est parfaitement motivé par la proportion des colonnes existantes; mais il n'a pas admis la cella à découvert, ou sans plafond, comme Vitruve le demande, surtout pour certaines divinités qui ont leur image et exercent leur empire au haut des cieux. On peut donc très-convenablement appliquer à cet édifice le nom de temple de Jupiter, ce qui n'exclut pas d'ailleurs celui de curie que nous voudrions lui voir donner de préférence par les raisons précédemment émises, quoique nous n'ignorions pas qu'il serait difficile d'y appliquer la description, malheureusement trop courte, de la curia, donnée par Vitruve, liv. V, chap. 2. Cet auteur y parle des proportions d'une salle carrée ou longue, sans faire mention de colonnes; ces conditions paraîtraient plus applicables à l'édifice dont nous donnerons les dessins dans la planche XXXVII.

Ces ruines furent découvertes en 1816 et 1817. Elles sont construites en pierre et en lave, et recouvertes d'un stuc très-dur. Outre les objets déjà indiqués, on trouva sur le haut du soubassement, à côté des deux escaliers, deux pieds en marbre d'une dimension colossale, un torse, un cadran solaire et une grande inscription faisant mention d'un monument honorifique éri«é, sans doute, dans le voisinage de l'édifice (1).

Le bas du perron est flanqué de deux piédestaux, destinés à supporter des statues équestres, et de deux autres plus élevés, dont on voit également les massifs (pl. XXX, XXXI et XXXII). Des colonnes du porche, n° 2, il ne reste en place que les bases avec une partie des fûts. La trace des gonds de la porte est encore visible, ainsi que l'empreinte du dallage. Plusieurs des colonnes de l'intérieur de la cella, n° 3, sont encore debout, elles portent des chapiteaux ioniques; mais il ne reste d'autres traces de l'entablement que le fragment d'un modillon en pierre. Le sol de la cella montre un encadrement en mosaïque blanche. Derrière les trois chambres voûtées, n° 4, se trouve un escalier, n° 5, qui a pu conduire au-dessus de ces chambres ou, peut-être, à la "alerie formée par la seconde rangée des colonnes.

La planche XXXI représente la coupe géométrale de cet édifice et de ses alentours dans leur état actuel. Cette coupe est prise sur la largeur du forum. Cette même coupe se trouve, restaurée, sur la planche suivante, d'après les dessins de Mazois. Nous regrettons que la façade principale de cette restauration ne soit pas rehaussée par les ornements qui devaient naturellement la décorer. Nous n'approuvons pas non plus entièrement ses proportions : l'entablement et le fronton sont évidemment trop écrasés. Le portique à gauche, n" 4, qui entoure la place du forum, a deux étages, tandis que le plancher intermédiaire du portique opposé se trouve supprimé du

(1) Ce texte était déjà en partie imprimé lorsque nous eûmes connaissance de l'intéressant ouvrage du savant chanoine de Jorio, Plan de Pompéi, et remarques sur ses édifices.Si nous avions connu plus tôt les détails curieux contenus dans cet ouvrage, nous aurions été à même de rectifier et de compléter plusieurs de nos descriptions. Nous nous bornons ici a citer quelques autres objets parmi ceux en grand nombre trouvés en dehors cl en dedans île cet édifice : par exemple, les bras, les mains, un doigt et deux pieds, tout d'une proportion colossale, en bronze et eu marbre; de plus, un torse de la même proportion et deux groupes de petite dimension, représentant un vieillard et nue femme, chacun avec un curant. Parmi quelques-lins de ces objets on croit reconnaître des cx-volit. Il eût été aussi facile qu'intéressant de distinguer avec précision tous les fragments appartenant à cette dernière destination de ceux qui proviennent de statues mutilées. La cassure doit être un indice certain de ces derniers. Les premiers, au contraire, sont reconnaissables à leurs extrémités, coupées régulièrement et souvent pourvues de trous pour les suspendre, ou de socles pour les supporter. Eu établissant cette distinction par ceux qui sont sur les lieux, on aurait pu remonter à l'origine d'un usage dont les traces se sont perpétuées jusqu'à nous.

Voici la traduction de l'inscription en question, d'après Itoniauelli :

-Spurin Furallio Procnlo Gelliano figlio di Lucie nipote di Spnrio, pronipotc di Lucio, délia tribu fahia, prefetto de1 fabbri per la seconda voila, prefetto de' curatot'i llcll' alveo Tiberîmi, prefetto e propretore a ginstiszia nella cita di Lavinio, pailre patralo del popolo di Laurchto per segnar l'alleanza, seconilo i libri sihellini , en' pretori de' sacri principj del popolo rotnano, tte'Quïriti, e del nome Latino, cbe si conservavatio presso la cita di Laurento, Flamme Diale, Marziale, Salio, Presule, Augure, Pontefice, Prefetto délia Corta geliilia, e tribuuo militare délia Legionc X , a Clli fu dalo il luogo per decretu de' deeurioni. »

5o EXPLICATION DES PLANCHES.

lé de l'édifice appe.é vulgairement \e Panthéon. La communication du premier étage y es, par fit interrompue Cette disposition est d'autant moins vra.semblable qu.l ex.ste, de ce :t"»^ dont nous avons déjà fait mention, conduisant de ,a rue a .'étage supérieur du portique. I. n'est donc guère probable qu'une communicat.on - unie a, ete sacnfie. Lis tous les cas, elle n'a pu l'être dans l'espace assez grand qu, sépare .entrée du orutn du P m , on (vov. le plan, p. XXX). Le diamètre des colonnes l'indique assez cla.rement.

Le plnches XXXI 1 et XXXIV montrent la coupe et .a face latérale ombrées dans .es pastel existantes, et au trait seulement, dans cel.es qui ont été — ; Sur ce dernières on a ajouté des fragments de tuiles antiques en marbre, provenant du temple

^."contenus sur la planche suivante se trouve, fi, I, .e chapiteau d'ordre corinthien des colonnes du porche. I. est en tuf, en deux assises et fort mufle. U semble quon t ulu le disposer pour en faire un autre ordre, car les grandes volutes parafent cassée sein et les refouillements des petites sont remplis de stuc; Pompé, offre plusieurs exemples angements semblables. Une autre particularité se fait remarquer dans les cannelures de ce colonnes : elles sont plus profondes à mesure qu'elles s'élèvent. Les figures II et V représentent b e le cbapiteau'et l'ensemble de .a colonne ionique de la cella; elle a „ p.eds 5 pouces q ligne; de hauteur , sur , pied .o pouces de diamètre. Le chapiteau de pdastre, dont nous avons e dessin, mais qui n'a pas été reproduit sur nos planches, est d'ordre .on.que compose, avant ses voh.tes sur la diagonale, supportées par des feuilles d'acanthe : arrangement heureux et qui mérite d'être imité. La fi, III offre le profil du stylobate et de la base; celle n 4, Jeux lis des refends en stuc qui ornent les murs extérieurs. La planche XXXVI reprodu, le décor en peinture des murs intérieurs de la celte, que son ajustement et l'harmon.e de ses couleurs rendent remarquable. Le noir domine dans le socle, le rouge dans les panneaux; la fr.se, en couleur amarante, est surmontée d'une corniche avec modifions peints en perspect.ve : cest peut-être le seul exemple de ce genre.

SENACULUM.

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