‹ Les ruines de Pompéi (volume 5)Chapitre 20 sur 35 · PLANCHE XL · texte numérisé non relu

PLANCHE XL

C'est sous le portique latéral , dans un renfoncement marqué M sur le plan général du forum, planche XIV, que fut découvert l'un des monuments les plus curieux de l'antiquité. Il consiste en un morceau de tuf d'environ sept pieds de long sur deux de large, et dans lequel sont creusées des mesures de capacité de différentes grandeurs. L'inscription gravée en beaux caractères sur la face de la pierre fait connaître le nom des magistrats qui furent chargés, par décret des décurions, de les régulariser et d'établir ces types généraux.

A ■ CLOD1VS • A ■ F • FLACCVS • N • F ■ ARELLIAN ■ CALEDVS ■ D V • I • D • MENSVRAS ■ EXAEQVENDAS • EX • DEC • DECR • (. )

Nous voyons donc que c'est à Claudius Flaccus fils et Aurellianus Caledus , tous deux duumvirs, que fut confié à Pompéi un soin dont à Rome on avait l'habitude d'investir les édiles. C'est sous la surveillance de ces derniers que les poids et mesures publics étaient déposés au forum; la présence des mesures de Pompéi dans le lieu que nous avons indiqué attesterait donc, s'il était nécessaire, que cette place et les monuments qui l'entourent formaient réellement le forum. Le si». Ca»nazzi, dans un Mémoire sur ce sujet, mais que nous n'avons pu nous procurer, paraît d'avis que les vides creusés dans la pierre n'étaient pas les mesures elles-mêmes, mais qu'ils servaient seulement à contenir des mesures de métal. Quelques restes de scellements en bronze aux bords de plusieurs de ces creux ont peut-être donné lieu à cette conjecture; mais ils nous paraissent plutôt avoir été destinés à fixer des couvercles en métal pour préserver de la poussière les mesures des liquides : car il n'est, pas probable qu'à des mesures creusées dans la pierre on eût préféré des mesures mobiles en métal qui auraient plus facilement prêté à la fraude et à l'altération. La garantie donnée en outre par l'autorité des magistrats aurait été, dans ce cas, inscrite sur les mesures en métal et non pas sur la pierre, comme nous le voyons. D'ailleurs, des traces d'autres inscriptions, qui sont devenues illisibles, se retrouvent encore gravées dans la pierre autour des cinq creux du milieu. Elles indiquaient sans doute les noms de ces mesures, et ces noms se seraient trouvés de même inscrits sur les mesures mobiles, s'il y en avait jamais eu. Nous regardons donc ces excavations comme les véritables mesures antiques, et nous en avons indiqué, sur nos planches, les grandeurs exactes pour ceux qui auraient envie d'en calculer et d'en comparer la capacité.

Quatre de ces mesures sont garnies en dessous par des coulisses en bronze (voy. la coupe, fig. III, et le détail de ces coulisses, fig. IV). Elles nous paraissent avoir été consacrées au me-

1 1 1 L'inscription suivante, qui se trouve gravée sur le fléau (l'une balance en bronze, est rapportée, planche 55 de l'ouvrage ilu Musée Dorbonico. Les lettres sont formées, comme la plupart (les inscriptions sur métal, par une suite (le points : ÎMP.-.VESP.-.AVG.HX .-.

T.1MP.-.AVC .-.F.-. VI.-.

EXACTA .-. 1M . CAPITO

» JYel comoluto flll di Vmpnsiano /m/ieratore /iugustu , t net VI di Tito Imperatore figlto di Auçtisto, suggiata nel c

surage des objets secs, tandis que les autres étaient destinées aux liquides : le bourrelet en saillie en dessous de celles-ci servait évidemment à en faciliter l'écoulement. Quelques auteurs ont émis une opmion différente, en prétendant que c'étaient au contraire les mesures garnies de coulisses qu, recevaient les liquides; mais il est facile de voir qu'il aurait été impossible de les retenir avec une fermeture semblable.

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