‹ Les ruines de PompéiChapitre 19 sur 33 · LL. Vomitoires par où l’on descend sur les gradins · texte numérisé non relu

LL. Vomitoires par où l’on descend sur les gradins

CC. Deux portes carrées qui servaient à éclairer le proscénium. L’une donne sur la rue et le portique M, l’autre sur le portique du grand théâtre.

DD. Portes du postscénium. L’une donne sur la rue et le portique M, l’autre sous un petit portique qui conduit à l’édifice appelé le Camp des Soldats (6).

E. Gradins au-dessus de la précinction : ils sont au nombre de dix-sept (7), et sont divisés par six escaliers en cinq cunéi ou kerkides (8).

(1) Odéum est la forme latine du mot ÙSeïov, dérivé de A&), chant.

(а) Exeuntibus e theatro, sinistra parte odeum. (Lib. V, cap. 9.)

(3) Et la double masse du théâtre découvert et du théâtre couvert. Silv. III, 5, 91. On peut encore citer, quant aux théâtres couverts, ce passage de Tertullien : Video et theatra nec singula satis esse nec nuda, Apol. 6. med. Je vois qu’un seul théâtre, un théâtre découvert, ne suffit plus aujourd’hui.

(4) Voyage à Pompéi, p. 240.

(5) Il y a deux vomitoires . et non six, comme le veut M. Gaspard Vinci. Il est vrai qu'il y a six escaliers ; mais quatre ne correspondent à aucun vomitorium , et ne servent qu'à parvenir aux gradins, en venant du bas. Du reste, l’usage vulgaire applique assez ordinairement aux escaliers le mot mmitonum, qui, chez les anciens, ne se disait que des portes des corridors donnant sur les escaliers mêmes : ceux-ci s’appelaient scalce.

(б) Voyez IIIe partie, pl. H et suiv.

(y) MM. Gaspard Vinci et Romanelli ont vu là dix-huit gradins , sans doute parce qu’ils ont pris pour un gradin la marche inférieure sur laquelle il est impossible de s’asseoir, vu son peu de largeur, et qui ne pouvait servir que de marchepied pour les spectateurs du premier rang; ce que l'on voit très-clairement sur la coupe, pl. XXIX. En outre, M. Vinci attribue les quatorze degrés des cunci des côtés à l’ordre équestre, probablement parce qu’à Rome il y avait quatorze gradins du premier rang, au lieu de quatre que l’on trouve dans ce petit théâtre (Suet. in Jul. 39). Mais ces deux choses n’ont aucun rapport l’une avec l’autre Troisièmement , nous ne comprenons en aucune manière ce que M. Romanelli veut dire par cette phrase : « Dix-huit autres gradins . étaient établis dans un tel ordre, que chaque gradin s’élargit davantage sur les côtés , pour former le diamètre de l’hémicycle « profond, dans le fond de la salle, et se rétrécit en approchant de l’orchestre. , La même phrase se trouve presque textuellement dans l’ouvrage de M. Vinci, où nous ne la comprenons pas davantage. Enfin , nous ne voyons nulle part une deuxième précinction, ou un diazoma, que ces MM. établissent pour séparer le rang moyen, ou les secondes places, des dernières Si une pareille cloison existait, elle était certainement mobile, et l'on n’en aperçoit aucune trace. Voilà quatre points essentiels qui de mandatent une recttfieation. On voit que les antiquaires et les voyageurs, malgré leurs efforts, toujours estimables et souvent heureux , ont laissé quelque chose à faire après eux.

(8j Du grec Kepxtç, xepxtôoç, galerie circulaire.

EXPLICATION DES PLANCHES. 5g

le Quatre gradins inférieurs, plus larges et plus commodes que les autres, et réservés sans doute pour 1 -ordre équestre. Tous ces gradins sont faits d’une lave appelée piperne : c’est une pierre grise dont l’aspect est fort triste.

G. Le pavé de l’orchestre. On voit, sur la ligne même qui forme le diamètre de ce demicercle, 1 inscription que nous avons rapportée plus haut, et, entre cette inscription et le théâtre, le dallage de marbre que nous avons mentionné. Le reste de l’orchestre est également dallé en marbre débité fort mince.

H. La place du proscéniuin, ou pulpitum, plancher supporté par un mur à hauteur d’appui. Ce mur était revêtu de marbre blanc.

I. Postscénium, d’où l’on arrivait sur la scène par trois portes principales. Celle du milieu était la porte royale; les deux autres , appelées portes hospitales , étaient destinées aux personnages d’un rang inférieur, et à ceux qui étaient censés venir des pays étrangers. On voit, en outre, deux petites portes aux deux extrémités du fond de la scène. Leur usage est d’autant plus difficile à déterminer, qu elles ne se trouvent dans aucun autre théâtre. Peut-être étaient-elles destinées à l’arrangement du théâtre et cachées par quelque décoration.

K. Deux espèces de tribunes, pareilles à nos loges d’avant-scène. Elles sont garnies, l’une de deux gradins et l’autre de trois. On y montait par un petit escalier donnant sur l’avant-scène. C’était une place réservée, d’un côté au préteur, aux duumvirs, et de l’autre aux vestales (i).

LL. Les deux vomitoires dont nous avons déjà parlé plus haut.

M. Un portique donnant sur la rue et servant probablement d’abri pour ceux qui attendaient l’heure de l’ouverture des portes. Ce portique devait avoir été détruit par le tremblement de terre de 63, ainsi qu’une grande partie de l’édifice. Lors des fouilles, on n’a trouvé debout qu’une seule colonne d’une proportion assez courte. Elle était peinte de manière que sa surface paraissait couverte d’écailles comme un tronc de palmier, fait important pour la question qui s’agite aujourd’hui relativement à l’architecture peinte. Il résulte des notes de Mazois qu’il a vu lui-même le tronçon de colonne , revêtu des ornements dont nous venons de faire mention. Du reste, on apercevait encore le petit mur qui soutenait les autres colonnes ; et dans le mur même du théâtre , on reconnaissait les trous des solives du toit. On a déterré dans le proscénium des fragments de colonnes et de statues; mais c’est à tort que M. Lavega les a pris pour des ornements de la scène : ce sont des fragments des colonnes du portique, ou d’autres parties de l’édifice, ou même du Camp des soldats, qui doivent avoir été placés dans cet endroit pour les conserver provisoirement. Lors de la dernière catastrophe, le petit théâtre devait être en réparation, comme les autres édifices de la ville, ébranlés parle tremblement de terre de 63. On a trouvé en différents endroits des amas considérables de matériaux; et particulièrement, lors des fouilles faites pour déblayer la scène du petit théâtre, on y a découvert une grande quantité de tuiles neuves, rangées en ordre et numérotées avec du charbon. En admettant même que ces tuiles dussent servir pour les édifices voisins , il est évident quelles n’eussent point été déposées dans ce théâtre, s’il avait été lui-même en état de recevoir des spectateurs.

Le plan et la coupe transversale que l’on voit à la partie supérieure de la planche XXVIII, sont les dessins du petit théâtre ou de l’odéum d’Anemurium (2). Nous les donnons comme points de comparaison avec le petit théâtre de Pompéi. Les dimensions du théâtre d’Anemurium sont doubles de celles du nôtre; mais ils se ressemblent en ce que leur forme extérieure est un

(1) Suétone, August. cap. i4-

(2) Anemurium était situé sur le rivage de la Gilicie. Cette ville occupait un promontoire qui portait le même nom , et que l’on considère comme le point le plus méridional de cette côte. Plin. V, 22, 27. Tit. Liv. XXXIII, 20. Pompon. Mêla. I, i3. On l'appelle aujourd’hui Scalamura ou Anamura.

carré. On remarquera le corridor voûté qui règne sous les degrés, et la pente douce par laquelle on arrivait à l’étage supérieur. Le postscénium était également voûté. On n’aperçoit nulle trace des gradins, ce qui fait supposer qu’ils étaient de bois. Telle est du moins l’opinion de M. Coquerell. Mais ne se pourrait-il pas que ces degrés fussent de marbre , et que l’on eût tout a fait nivele le sol à mesure qu’on les enlevait pour les faire servir à d’autres constructions? Les fenetres dont le mur est percé indiquent que le théâtre était couvert. Cet édifice se trouve devant le grand théâtre, à la distance de cent pieds. La construction est romaine, aussi bien que celle des autres édifices de cette ville, qui était une colonie romaine, comme le prouvent plusieurs inscriptions ( i ).

La figure i™ de la planche XXfX offre une coupe longitudinale du petit théâtre ; les différentes parties de eet édifice y sont marquées des mêmes lettres que sur le plan, sauf la lettre Xqui indique la porte d'entrée de l’orchestre. On .y voit distinctement la disposition de l’avenue A et des deux escaliers B.

La figure 2e offre la moitié de la coupe transversale prise sous la loge K, du côté de la rue. On y reconnaît la disposition du passage voûté qui mène à l’orchestre, la pente du terrain X et les trois marches par lesquelles on y descend à l’intérieur; ce qui est encore une preuve de l’ancienneté de l’édifice : en effet, les monuments qui remontent à la date la plus reculée, ont toujours leur rez-de-chaussée au-dessous du sol (2). On remarque encore, à l’entrée du proscénium, entre les deux petits murs à hauteur d’appui, la cavité dans laquelle descendait le rideau d’avantscène. On le levait par des moyens que nous indiquerons en parlant du grand théâtre.

La figure 3e est le profil de deux gradins consécutifs. Les dimensions y sont marquées. On y remarque un creux à l’endroit où les spectateurs du rang supérieur posaient leurs pieds ; grâce à cette disposition, ils ne salissaient point les vêtements de ceux qui étaient au-dessous.

On voit enfin aux figures 4 et 5, sous les lettres X et Z, la patte de lion qui termine la balustrade entre le 4e et 5e gradin , et l’espèce d’atlas ou de telamone qui soutient la rampe , entre les gradins et l’avant-scène. Ces deux sculptures sont d’un ciseau sévère et hardi.

(1) M. Coquerell, à l’obligeance duquel M. Mazois devait ces détails, et le dessin même du théâtre d’Anemurium, assure, dans une lettre adressée à l’artiste qu’il honorait du nom d’ami, que les théâtres de l'Ionie et de l’Asie Mineure, tels que ceux d’Hiéropolis, d’Éphèse, de Patara, de Myra et de Sydé, ressemblent beaucoup plus à ceux de Pompéi que les édifices du même genre que l’on trouve dans le Peloponèse, l’Attique ou l’Epire.

(2) Voyez plus haut, p. 57, ce qui a été dit de l’ancienneté du petit théâtre, et d’une inscription qu’on y a trouvée.

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