‹ Les sacrements expliqués d'après la doctrine et les enseignement de l'Eglise catholiqueChapitre 112 sur 392 · OBLIGATION ET AUTORITÉ DU RITUEL ROMAIN ET DU MISSEL · texte numérisé non relu

OBLIGATION ET AUTORITÉ DU RITUEL ROMAIN ET DU MISSEL

Il est certain que, sauf de rares exceptions, les rubriques qui regardent l'administration des sacrements sowi precept ives. Les unes prescrivent ce qui est nécessaire pour la subtance et l'intégrité des sacrements. D'autres prescrivent ce que font connaître d'autres sour(îes, comme, par exemple, les décrets des Conciles, l'enseignement des théologiens, et qu'elles donnent comme rigoureusement de précepte. Quelques-unes sont exprimées dans une forme qui ne laisse aucun doute sur l'intention de l'Eglise de les rendre préceptives. ^

L'opinion la plus probable est au moins que le Rituel Romain est obligatoire partout dans toute l'Eglise Latine, et

I Concile de Trente, Sess. vu., can. 13. — Voy. aussi G' Kane « Notes sur les Rubriques. » Introduction, p. 2, 3, 3.

que le Saint-Siège peut seul autoriser quelques changements ou modifications dans ce qu'il prescrit.

Il faut admettre la même distinction à propos des rubriques du Missel, conformément à la Bulle Qtio Primum de Pie V, qui se trouve en tête du Missel. D'après cette bulle, il est clair que, à moins d'indications contraires, les rubriques qui règlent la célébration actuelle de la Messe sont seules préceptives, et obligent sous peine de péché, mortel ou véniel, suivant la matière. De fait, le précepte que donne le Pape ne vise que le rite, la manière et les règles à suivre pour chanter et dire la Messe, ainsi que les cérémonies et les prières de la célébration. Puisque le Pape ne parle de rien autre, nous ne devons pas étendre son précepte à d'autres rubriques qu'il passe sous silence, et dont il aurait fait mention, si telle avait été sa volonté.

Les rubriques directives qai concernent ce qu'on doit dire ou faire extra missam n'obligent pas per se sous peine de péché. Elles peuvent le faire pour d'autres causes : (i) Parce qu'elles contiennent plusieurs choses qui obligent sous peine de péché ^^ y^^r^ commiini ; covnme^ par exemple, le jeûne naturel avant de célébrer ; (2) en raison du scandale ou du mépris, ne pas les observer pourrait être même un péché mortel ; généralement il y a péché véniel à les transgresser par paresse, par négligence, etc..

— Ni prêtre, ni évêque dans l'Eglise Latine ne peut faire des rubriques de sa propre autorité, en ajoutant ou en retranchant aux rubriques du Missel et du Rituel. Il en faut dire autant de tout synode provincial ou national.

Qiiand le sens d'une rubrique est douteux ou obscur,

comme dans les cas non prévus par la rubrique, trois autorités peuvent servir de guide. Ce sont : (1) Les décrets de la Sacrée

LES SACREMENTS EN GENERAL l']}

Congrégation des Rites ; (2) la coutume ; (3) l'opinion des rubricistes ou des commentateurs.

Il peut arriver cependant que des circonstances de temps et de lieu, par exemple, dans des pays de mission, à des époques de persécution, rendent très difficile, ou moralement impossible d'observer toutes les rubriques ; et ainsi s'établissent des coutumes en désaccord avec elles. Dans ces cas, l'Ordinaire doit s'adresser à Rome pour obtenir un induit ou une dispense, selon la pratique générale de l'Eglise.

10. AVIS, EN FORME DE CONCLUSION, SUR LES SACREMENTS, EN GÉNÉRAL, TIRÉ DU CATÉCHISME DU CONCILE DE TRENTE

Terminons ce traité sur les sacrements en général par ces mots du Catéchisme du Concile de Trente : « Dans l'exposition de ce sujet, que les pasteurs s'efforcent de réaliser surtout deux choses : d'abord, que les fidèles comprennent bien quel grand honneur, quel respect et quelle vénération méritent ces dons célestes et divins ; puis, comme ils ont été préposés par le Dieu de la clémence infinie au salut de tous, qu'ils fassent de ces dons un usage pieux et religieux ; qu'ils soient embrasés du désir de la perfection chrétienne, au point de croire qu'ils subissent une grande perte s'ils se privent pour un temps de l'usage très salutaire surtout de la Pénitence et de l'Eucharistie. Les pasteurs atteindront facilement ce double but, s'ils inculquent fréquemment aux oreilles des fidèles ce que nous avons dit de la divine excellence et des fruits des sacrements: d'abord, qu'ils ont été institués par Notre Seigneur et Sauveur, de qui ne peut rien venir que de très parfait ; que, dans leur administration se manifeste l'influence la plus efficace du Saint-Esprit, pénétrant jusqu'aux replis les plus

secrets de notre cœur ; que, de plus, ils sont empreints d'une vertu admirable et certaine de guérison pour les âmes, et que, par eux, nous sont communiquées les inépuisables richesses de la Passion de Notre-Seigneur. Qu'ils montrent enfin que tout Tédifice chrétien repose en vérité sur le fondement très solide de la pierre angulaire ; mais que, s'il n'est soutenu de tous côtés par la prédication de la parole divine, et par l'usage des sacrements, il est bien à craindre que, chancelant sur plusieurs points, il ne vienne à tomber; car, de même que les sacrements nous introduisent dans la vie, de même cette nourriture qui est pour ainsi dire notre aliment, nous y maintient et nous donne l'accroissement spirituel. ^

I Cat. du donc, de Tr.

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Le Baptême

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