‹ Les sacrements expliqués d'après la doctrine et les enseignement de l'Eglise catholiqueChapitre 150 sur 392 · SI l'eucharistie a une MATIÈRE · texte numérisé non relu

SI l'eucharistie a une MATIÈRE

ET UNE FORME iu facto esse

Les auteurs ne sont point d'accord sur le point de savoir si l'Eucharistie a une matière et une forme in facto esse. Les uns le nient ; et c'est pourquoi le Concile de Florence s'est servi du terme perfici plutôt que de componi^ en parlant de la matière et de la forme des sacrements, parce que la sainte Eucharistie, qui est constituée par les paroles, ne consiste

cependant pas ensuite dans ces paroles ; ou parce que, comme si elle devait être composée des paroles in facto esse^ elle subsiste après que sont terminés les termes de la consécration. D'autres auteurs répondent dans un sens affirmatif ; et il y a parmi eux plusieurs opinions pour fixer quelles sont la forme et la matière, (i) Les uns disent que la matière de l'Eucharistie in facto esse consiste dans les espèces du pain et du vin, la forme étant le corps et le sang du Christ, qui informe pour ainsi dire ces espèces, et leur donnent une existence sacramentelle. (2) Les autres, au contraire, pensent que le corps et le sang du Christ sont la matière, et les espèces la forme, parce qu'elles déterminent le corps et le sang divins dans une existence sacramentelle, et aussi parce que les espèces, en vertu des paroles déjà prononcées, sont destinées à signifier le corps et le sang du Christ. (3) Une troisième opinion veut que les espèces sacramentelles, en même temps que le corps et le sang du Christ, soient la matière^ tandis que \z forme est dans les paroles déjà prononcées, qui continuent à subsister virtuellement. (4) Enfin d'autres, parmi lesquels Suarez, disent que les espèces, en même temps que le corps et le sang du Christ, restent en tant que la matière, et que la relation qu'elles ont avec les paroles de la consécration déjà prononcées a une sorte à^ forme. Par suite de cette relation, qui adhère moralement aux espèces et leur est intrinsèque, les espèces sacramentelles restent déterminées, pour représenter le corps du Christ sous les espèces du pain, et le sang du Christ sous les espèces du vin.

7. CE MYSTÈRE PROVOQUE NOS SENTIMENTS D 'AMOUR ET DE LOUANGE ENVERS DIEU

Quelles merveilles ne rencontrons-nous pas dans ce mystère, et combien ne devons-nous pas y admirer la sagesse et Tamour de Jésus-Christ pour nous, ses enfants ! Louons et glorifions-le comme notre Seigneur et notre Sauveur, comme notre Prêtre et notre Pasteur, comme notre vie et notre aliment, en empruntant les paroles de l'hymne que chante TEglise :

Laiida, Sion, Salvatorem, Laiida ducem et pastor em.

In hymnis et canticis.

Quantum potes, tantum aude ; Quia major omni ïaiide, Nec laudare sufficis.

Page 1