‹ Les sacrements expliqués d'après la doctrine et les enseignement de l'Eglise catholiqueChapitre 162 sur 392 · Explication du Catéchisme du Concile de Trente · texte numérisé non relu

Explication du Catéchisme du Concile de Trente

9. Les mystères, bien qu'au-dessus de notre intelligence naturelle ne sont

pas impossibles.

40. On doit rendre à l'Eucharistie l'adoration suprême, due à Dieu seulj hymne de l'Eglise dans le sens de cette dévotion.

1. MANIÈRE DONT LE CHRIST DEVIENT PRÉSENT DANS l'eucharistie, et SENS DU MOT TRANSSUBSTANTIATION

EN OPPOSITION A ConsubstantiatioH et Kimpanation.

Dans le chapitre précédent, nous avons étudié ce premier et si merveilleux effet des paroles de la consécration, la Présence réelle.

Les paroles de la consécration produisent un second effet aussi merveilleux : en vertu de ces paroles, Jésus-Christ devient présent, sous les espèces du pain et du vin, en changeant la substance du pain et du vin en la substance de son Corps et de son Sang. Ce changement s'appelle Transsubstantiation. Q.ue ce changement ait lieu dans l'Eucharistie, c'est ce qui a fait l'objet d'une définition du Concile de Trente. '

2. LA DOCTRINE DE LA TRANSSUBSTANTIATION SE PROUVE: (l) PAR LES PAROLES DE L'INSTITUTION. (2) PAR LE TÉMOIGNAGE DES PÈRES.

On employa d'abord ce terme transsubstantiation dans les écoles de théologie ; il fut plus tard adopté par le Concile de Latran pour exprimer la vraie doctrine de l'Eucharistie, comme le mot consubstantiel fut adopté par le Concile de Nicée pour signifier la divinité du Fils de Dieu. « Les protestants qui nous objectent l'introduction de ce mot marchent sur les traces des Ariens, qui objectaient le mot consubstantiel, et des Nestoriens qui ne voulaient pas le

I SeSS. XIII., CAN. 2.

terme Oeotoxo;, (mère de Dieu). Le mot transsubstantiation n'est pas, plus philosophique que ces termes, et il est tout' ^ autant contenu dans TEcriture. 11 est fondé sur la distinction \jr familière entre une substance et ses accidents, ou ses phéno- ^) mènes. Lorsque Notre Seigneur changea Teau en vin, la substance de l'eau fut changée ; le goût, la couleur, les apparences, etc., de Teau firent place au goût, à Larôrne, etc., du vin. Dans le Saint Sacrement, le changement substantiel a lieu sans aucun changement accidentel. Pour un changement de ce genre, et aussi différent, il fallait un nom différent, et on n'aurait su en trouver un plus approprié que celui de transsubstantiation. » ^ Il signifie le changement de toute la. substance du pain au Corps, et de toute la substance du vin au sang du Christ, en vertu des paroles de la consécration.

(i) « Cet enseignement se prouve d'abord par les paroles ' de l'institution: Ceci est mon corps, ceci est mon sang^ dont ' cy le sens vrai, manifeste est: Tout ce qu'il y a sous ces espèces du pain ; ou, tout ce qu'il y a sous ces espèces et qui constitue leur substance; ou encore, tout ce que contiennent ces espèces dans leur substance, — tout cela est mon corps. De même, tout ce qu'il y a avec la forme de substance sous les espèces du vin, — tout cela est mon sang. Or, le pain restant du pain ne peut pas être son corps ; le vin restant du vin ne peut pas être son sang. Par conséquent, pour que les paroles; du Sauveur soient vérifiées, il est nécessaire que rien de la\ substance du pain ne reste sous les espèces du pain, et que rien de la substance du vin ne reste sous les apparences du vin. Les paroles ne déclarent pas que le corps et le sang du Christ sont présents dans le pain et le vin, sous le pain et le vin,

I « Manuel de Théologie », 1. vu., part, ii, ch. iv.

268 LES SACREMENTS EXPLIQULS

OU à côté; mais que ces éléments présents devant le consécrateur sont eux-mêmes le corps et le sang du Christ, sous les apparences du pain et du vin. Or, comme avant les paroles de la consécration, les choses présentes sont incontestablement du simple pain et du simple vin; comme, d'autre part, elles ne peuvent pas être à la fois et en même temps du pain et du vin, et aussi le corps et le sang du Christ, elles ne peuvent devenir le corps et le sang du Christ que par un changement des premiers éléments en ces derniers. Ce changement puisque c'est celui d'une substance en une autre, les accidents ou les qualités sensibles restant les mêmes, s'appelle d'un nom très bien choisi: Transsubstantiation. '

(2) Cet enseignement se prouve aussi par le témoignage des Pères. Saint Ambroise s'exprime ainsi : « Vous direz peut-être: Ce pain n'est pas autre chose que celui qui sert à la nourriture commune. Avant la consécration, oui, c'est du pain; mais les paroles de la consécration n'ont pas été prononcées, que ce pain devient la chair du Christ. » Ailleurs, il dit encore: « Le Seigneur a fait tout ce qu'il a voulu au ciel et sur la terre. Quoique les espèces du pain et du vin soient apparentes, la foi nous dit que, après la consécration, il n'y a plus là que le corps et le sang du Christ. » . , ^

3. EXTRAIT DU CATÉCHISME DE LINGARD DONNANT l'explication DE CE TERME ET SON HISTOIRE

Le Docteur Lingard, dans son Catéchisme, explique ainsi le mot Transsubstantiation et en fait l'histoire : « Ce terme s'emploie pour indiquer quel genre de changement est opéré,

I B. Apostolicœ Curœ Vengée, p. 28.

et non la manière dont se fait le changement. On l'adopta d'abord pour plus de commodité au douzième siècle; mais, bien que le terme fût nouveau, la doctrine qu'il exprimait était aussi ancienne que l'Eglise elle-même. « Le pain et le vin, dit notre compatriote Alcuin, dans une lettre à Paulinus, A. D. 796, deviennent par la consécration, la substance du corps et du sang du Christ. » « Sachez, dit saint Cyrille de Jérusalem, a. d. 347, que le pain que nous voyons, bien qu'il ait le goût du pain, n'est cependant pas du paîn, mais le corps du Christ; et que le vin que nous voyons, bien qu'il ait le goût du vin, n'est cependant pas du vin, mais le sang du Christ. » Et les citations que nous avons données au chapitre précédent, nous disent par la voix de saint Justin, moins de cent ans après la mort de notre Sauveur, que les aliments qui entretiennent notre chair et notre sang, par une transmutation, ou en subissant un changement, ces mêmes aliments, par la consécration, deviennent le corps et le sang de celui qui prit la chair et le sang pour notre salut. »

Cette doctrine est contre certains Luthériens qui enseignaient que le Christ était dans l'Eucharistie par constibstantiation, comme si le corps du Christ dans l'Eucharistie était uni à la substance du pain, et que les deux substances y soient en même temps. Elle est aussi contre ceux qui enseignaient Vimpanation^ comme si le Verbe dans l'Eucharistie, était hypostatiquement uni à la substance du pain et du vin, de même que, dans l'Incarnation, il avait pris la nature humaine.

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