SATISFACTION SACRAMENTELLE
C'est la pénitence imposée par le confesseur au pénitent, et qui fait partie du sacrement de pénitence. « Quant à son principe, ou aux dispositions requises chez le pénitent, elle est partie essentielle du sacrement, inséparable de la vraie contrition, parfaite ou imparfaite, dont elle est une conséquence rigoureuse. Quant à ses actes^ ou à l'imposition
actuelle qui en est faite par le confesseur, à son accomplissement par le pénitent, elle n'est que partie intégrale du sacrement, et elle est nécessaire, de précepte divin. Nous ne pouvons pas recevoir Tabsolution, si nous ne sommes pas disposés à satisfaire à la justice de Dieu ; mais nous pouvons la recevoir, validement et dignement, avant d'avoir accompli cette satisfaction. » ^ D'où il suit qu'un pénitent est obligé d'accepter et d'accomplir une pénitence convenable. Cette obligation est grave et oblige sous peine de péché mortel, si on a eu à s'accuser de fautes mortelles et qu'une pénitence grave ait été imposée par le confesseur. De sorte que celui qui recevrait l'absolution, et qui serait disposé à ne pas faire la pénitence imposée pour des fautes graves, serait coupable de la réception sacrilège du sacrement de pénitence, puisqu'il n'aurait pas une véritable contrition.
Une légère pénitence imposée pour des fautes vénielles ou pour des péchés mortels déjà pardonnes, n'obligerait que sous peine de péché véniel. L'intention de ne pas l'accomplir ne rendrait point l'absolution nulle suivant l'opinion la plus probable. Cependant, il y a dans tous les cas, pour le pénitent, l'obligation d'accepter la pénitence que lui impose le confesseur, si c'est possible. 11 faut excepter le cas des moribonds, lorsque le pénitent est incapable d'accepter et d'accomplir aucune pénitence. Ordinairement parlant, on fixe aux malades une légère pénitence, et cela, même aux moribonds, par exemple l'invocation du saint nom de Jésus, le baisement du crucifix, etc.. S'ils reviennent à la santé, ils peuvent ajoutei* à cette pénitence et offrir à Dieu
I Ferry : « Cours complet d'Instructions. »
une plus grande satisfaction pour leurs péchés ; mais ce n'est pas obligatoire, si le confesseur ne l'a pas imposé.
Le sacrement de pénitence nous est commandé, selon le Concile de Trente, ^ pour trois fins : (i) Comme châtiment des péchés passés ; (2) comme préservatif pour l'avenir ; (3) comme remède curatif des habitudes vicieuses et des habitudes du péché.