OBLIGATION D 'APPELER LE PRÊTRE POUR ASSISTER LES MALADES
Il est bon de redire ici l'obligation rigoureuse pour les proches parents, pour les gardes-malades, pour les médecins, de rappeler ses devoirs au patient et d'avertir le prêtre. Chez un grand nombre il existe, à ce sujet, un préjugé funeste et coupable. Sous prétexte d'épargner au malade une émotion dangereuse, on évite de lui parler des derniers sacrements. Mais n'est-il pas averti du danger qui le menace par les visites fréquentes et les consultations des médecins, par les soins minutieux de jour et de nuit, par la physionomie de
ceux qui l'entourent, par l'arrivée du notaire ? Ordinairement le malade est disposé à recevoir le prêtre, dont les prières et les onctions ont pour effet de calmer le moral et de faire souvent renaître la santé ; il ne faut qu'un avis charitable pour amener cet heureux résultat.
Il ne faut pas attendre, pour procurer au malade, TExtrême- Onction, qu'il soit arrivé à la dernière extrémité. On ne participe amplement aux précieuses grâces qu'elle confère que lorsqu'on jouit de >a pleine connaissance, qu'on a assez de liberté d'esprit pour s'unir de cœur aux prières de l'Eglise dans les sentiments d'une vraie componction. Pour ce qui regarde en particulier la santé du corps, le sacrement n'aura aucun effet, si on attend que tout espoir soit perdu ; car il n'a pas une vertu miraculeuse, mais seulement une sorte de vertu surnaturelle qui vient en aide aux forces de la nature, lorsque le corps est capable d'éprouver leur action bienfaisante.
Si le malade avait eu le malheur de s'affilier à quelque secte maudite, et qu'on fît la garde autour de lui pour l'empêcher de recevoir le prêtre, ses proches seraient tenus d'écarter de toutes leurs forces ces suppôts de satan ; toute faiblesse de leur part et, à plus forte raison, toute connivence, serait grandement coupable ; ils auraient à répondre devant Dieu du salut d'une âme.