CE qu'il faut faire après la mort
(l) POUR l'AME (2) POUR le corps des DÉFUNTS. OBSÈQUES ET FUNÉRAILLES
Après la mort, l'Eglise n'abandonne pas ses enfants. Elle prie pour eux, et leur fait des funérailles chrétiennes. Par la mort, rien de l'homme n'est anéanti. Son âme et son corps sont simplement séparés.
î^o8 LES SACREMENTS EXPLIQ.UÉS
(i) L'âme, après la mort, paraît immédiatement devant Dieu pour être jugée. Si elle est absolument pure de tout péché, affranchie de toute dette^ du péché, elle est aussitôt admise dans le ciel. Si, au contraire, il lui reste quelque tache, ou une peine temporelle à expier, elle est envoyée en purgatoire pour y être complètement purifiée. Et parce que nous ne pouvons pas savoir ici-bas, si ceux qui nous laissent sur cette terre sont admis dans le ciel, ou s'ils sont condamnés à passer par ce lieu de tourments, l'Eglise prie pour tous, afin de porter secours à ceux qui en ont besoin. Elle offre pour eux sur ses autels la sainte messe, et supplie le juste juge, par les mérites de son précieux sang, de les affranchir de leurs épreuves. Il est cependant des âmes pour lesquelles l'Eglise n'offre pas des prières publiques ; ce sont celles qui quittent cette vie dans l'acte même du péché, ou qui ont obstinément refusé les sacrements à leur dernière heure, comme les suicidés, ceux qui meurent dans un duel, et les autres pécheurs publics qu'on sait être morts sans aucune marque de repentir. Elle leur refuse les bienfaits desprières publiques et de ses offices, afin de montrer aux autres l'énormité de leurs crimes, et afin de les détourner de céder à de semblables tentations. Les fidèles, toutefois, peuvent en particulier offrir des prières et des actes de dévotion, même pour ceux qui n'ont ostensiblement donné aucun signe de repentir, parce que les secrets de la divine miséricorde sont très grands et restent impénétrables.
Le Rituel Romain indique ceux auxquels il n'est pas permis de faire des funérailles ecclésiastiques et chrétiennes.
L'Eglise refuse l'enterrement religieux aux païens, aux juifs et à tous les infidèles ; aux hérétiques et à leurs adhérents ; aux apostats qui ont renié la foi chrétienne ; aux schismatiques et à ceux qui sont publiquement frappés d'une
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excommunication majeure ; à ceux qui sont nommément interdits, et à ceux qui habitent dans un lieu interdit tant que dure la sentence ; à ceux qui se donnent la mort par désespoir ou par colère (mais non s'ils avaient perdu la raison), à moins que, avant de mourir, ils ne donnent des signes de repentir ; à ceux qui meurent dans un duel, lors même qu'ils donneraient des marques de repentir avant leur mort ; aux pécheurs publics et connus qui meurent sans retour et sans pénitence ; à ceux qui refusent ostensiblement et publiquement de se confesser une fois l'an, de communier à Pâques, et qui meurent sans aucun signe de contrition ; aux enfants morts sans baptême.
Lorsqu'il y a doute au sujet de l'un des cas précités, on doit demander l'avis de l'Ordinaire.
(2) L'Eglise entoure le corps des défunts des mêmes égards que leur âme. Elle abandonne le corps de ceux qui refusent de se repentir et qui meurent dans le péché. Mais le corps de ses enfants soumis, elle le traite avec honneur et lui fait des funérailles chrétiennes. Et cela (i) parce que ces corps des chrétiens qui sont morts dans sa communion, sont marqués du sceau des sacrements: ils ont été les temples du Saint-Esprit; leurs organes et leurs membres ont servi à l'accomplissement des bonnes œuvres; — c'est-à-dire à aimer la vérité et à pratiquer la justice; et (ii) parce que ces corps ressusciteront glorieux au dernier jour, et seront de nouveau réunis à l'âme pour louer et glorifier Dieu à jamais.
Le principal service funèbre consiste dans le chant des psaumes et des hymnes, de la messe solennelle de Requiem^ le corps entouré de cierges allumés, aspergé d'eau bénite, et enfin, enseveli dans la terre consacrée par les bénédictions de l'Eglise.
Les funérailles chrétiennes ne doivent en rien ressembler à un enterrement païen. La crémation des corps est un retour aux pratiques du paganisme. D'après une décision de la Sacrée Congrégation de l'Inquisition, du 19 mai, 1886, approuvée et confirmée par Léon XIII, il est défendu à un catholique de s'affilier à une société qui a pour but de favoriser la crémation des corps; il est interdit également d'ordonner ou de confier à un tiers la crémation de son propre corps ou de celui d'une autre personne après la mort. Les évoques des diocèses ont ordre d'user de toute leur influence pour détourner leurs ouailles de ce détestable abus.
Il doit y avoir aussi une différence entre des funérailles catholiques et un enterrement protestant. Les protestants nient l'efficacité des prières pour les morts et même l'existence du purgatoire; nous savons cependant qu'ils sont très méticuleux au sujet des cérémonies religieuses dont ils entourent les funérailles. Mais, comme nous croyons à l'efficacité des prières pour les morts et aux épreuves du purgatoire, nous aurons soin que nos cérémonies funèbres portent toujours le caractère de la religion et de la piété. Loin de chercher une orgueilleuse ostentation dans un déploiement de voitures et d'équipages, dans de vaines pompes, qui entraînent des frais fort inutiles, nous nous appliquerons à procurer des suffrages à nos défunts, à offrir à leur intention des aumônes aux pauvres, et à faire célébrer des messes. Les catholiques comprendront parfaitement que nous ne leur donnons pas cet avis dans l'intérêt de leurs prêtres, et dans le but de multiplier des honoraires. Mais, ♦ selon la juste remarque de Monseigneur Moriarty, qu'ils se rappellent bien que nulle crainte et aucune délicatesse ne pourraient nous autoriser à priver le peuple chrétien d'une
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partie si grave de renseignement catholique, ni nous justifier de ne pas plaider la cause de nos frères qui souffrent dans les flammes du purgatoire. ^
Il est aussi conforme aux usages chrétiens d'élever une tombe ou un monument sur l'emplacement où repose un défunt. C'est une marque de respect envers les morts, et un témoignage de notre foi à l'immortalité de l'âme. Que ce ne soit pas un monument à l'orgueil humain. En général, il vaut beaucoup mieux consacrer à des œuvres pieuses, en honneur et en mémoire des morts, l'argent que l'on dépense parfois en monument coûteux. Qu'il y ait toujours une croix en tête de la tombe, pour indiquer que le défunt est mort dans le Christ et que sa mort fut celle d'un chrétien.
L'inscription gravée sur un monument doit être conçue en termes pieux et édifiants, en tout conformes à la foi et à la piété chrétienne. Mais s'il est bon et louable d'ériger des monuments à nos morts, ne manquons pas de faire pour eux ce qui est bien préférable et qui leur est beaucoup plus utile, à savoir, de prier et de faire prier pour le repos de leur âme.
I Voy. Allocution au Synode diocésain^ 1866.
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Le Sacrement de l'Ordre