ET PAR LA TRADITION
Contrairement à ces erreurs, les Saintes Ecritures prouvent avec évidence que le mariage, dans le sens où nous l'avons expliqué plus haut, est indissoluble, selon les paroles de saint Matthieu : « Ainsi donc, ils ne sont plus deux^ mais une seule chair. Que l'homme donc ne sépare point ce que Dieu a joint. » '
Que ce lien ne puisse être rompu pour cause de divorce, c'est ce que prouvent les Evangiles de saint Marc = et de saint Luc. 3
Dans l'Evangile selon saint Marc, Notre Seigneur dit : « Quiconque renvoie sa femme et en épouse une autre, commet un adultère. Et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère. » Les paroles de notre Sauveur dans l'Evangile de saint Luc, ne sont pas moins formelles : « Quiconque renvoie sa femme et en épouse une autre commet un adultère ; et quiconque épouse celle que son mari a renvoyée, commet un adultère. » Dans sa première épître aux Corinthiens, saint Paul s'exprime ainsi : « Quant à
1 s. Mat. XIX. 6.
2 s. Marc. x. ii, 12.
3 s. Luc. XVI. 18.
^84 LES SACREMENTS EXPLiaUÉS
ceux qui sont mariés, ce n'est pas moi, mais le Seigneur qui leur fait ce commandement : Que la femme ne se sépare point dT'avec son mari. Si elle s'en est séparée, qu'elle se réconcilie avec son mari ; et que le mari de même ne quitte point sa femme. » ^ Puis, au verset 39, il montre que le lien conjugal n'est rompu que par la mort : « La femme est liée à la loi tant que son mari est vivant ; mais si son mari meurt, elle est libre ; qu'elle se marie à qui elle voudra. » Il donne le même enseignement dans son épître aux Romains : « Car, par la loi, une femme mariée est liée à son mari tant qu'il est vivant : mais lorsqu'il est mort, elle est dégagée de la loi qui la liait à son mari. Si donc elle épouse un autre homme pendant la vie de son mari, elle sera tenue pour adultère : mais si son mari vient à mourir, elle est affranchie de cette loi ; et elle peut en épouser un autre, sans être adultère. » ^
Tel est aussi l'enseignement de la tradition, qui se prouve par les décrets des Conciles et des souverains pontifes. Cette doctrine est également conforme à la droite raison ; car, comme dit saint Thomas : 3 « Nul ne doit tirer avantage de son crime. » Et ce serait tirer avantage de son péché, si une personne adultère pouvait contracter un autre mariage ; une pareille licence donnerait l'occasion de pécher à ceux qui voudraient rompre leur mariage pour en contracter un autre.
1 I Cor. VII. 10, II.
2 Rom. VII. 2, 3.
3 SuppL. Q. 62. A. 5.