‹ Les saints de l'église de MarseilleChapitre 17 sur 40 · SAINT HONORÉ · texte numérisé non relu

SAINT HONORÉ

L'Histoire donne quelquefois le titre de saint à Vénérius, qui siégea au milieu du V* siècle, et à Eustasius, son successeur ; nous les omettrons cependant, parce que nous ne connaissons pas assez les actes de leur épiscopat. Nous nous arrêterons à Honoré V% qui vint quelques années après eux, sur la fin de ce même siècle. Sa biographie est dans le livre des Ecrivains ecclésiastiques de Gennade, soit qu'elle y ait été consignée par Gennade lui-même, soit qu'elle y ait été introduite, (jomme le supposent quelques-uns, par un auteur contemporain.

Cette note est ainsi conçue :

' « Honoré, évêquede Marseille, homme éloquent, qui, « sans difficultés d'élocution, prêche dans les assema blées des fidèles suivant que le demandent les cira constances. Depuis son enfance il a grandi dans la « crainte de Dieu^ il a une grande pratique des affaires « ecclésiastiques ; sa bouche ne s'ouvre que pour a épancher des trésors abondants ; il compose des « homélies très utiles à ceux qui les lisent, dans les- « quelles est exposée la doctrine de la foi et confondue a la perversité des hérétiques. Ses prédications indé- « pendantes sont continuelles. Non-seulement les pré- « lats et les peuples voisins se plaisent à l'entendre, mais les plus éloignés, quand il vient à les visiter, « lui imposent de prêcher dans leurs églises. Le saint » Pape Gélase , évêque de Rome , ayant connu par « correspondance l'intégrité de sa foi, lui a répondu « pour lui donner son approbation. Il compose aussi .tf la Vie des Saints Pères, pour l'édification de nos

<K descendants, et en particulier la Vie de son maître, «t Hilaire, évêque d'Arles. Il célèbre avec son peuple, « dans la mesure de ses forces^ des litanies solennelles, « pour implorer la miséricorde de Dieu. » (Gennade, c. 99).

De cette courte biographie, nous apprenons d'abord la date de l'épiscopat de notre saint évêque. Il siégeait du temps du pape Gélase, c'est-à-dire de 492 à la fin de 496. On croit communément qu'il était alors à la fin de son épiscopat, et VHistoire littéraire place sa mort vers l'an 494. Elle suppose, sur quelques indices un peu incertains, qu'il siégea une dizaine d'années.

Gennade témoigne encore qu'Honoré fut, dès son enfance, adonné à la piété, et semble dire qu'il avait été élevé par saint Hilaire, qu'il appelle sort père nourricier. Honoré lui-même, dans la Vie du grand évêque d'Arles qu'il nous a laissée, nous apprend qu'il resta auprès de lui jusqu'à sa mort, c'est-à-dire jusqu'en 449 ; il était sans nul doute un des prêtres de son Eglise.

Cette Vie de saint Hilaire est un panégyrique, qui fut prononcé en présence de plusieurs évêques réunis. C'était quelques années après le décès du saint, car il avait déjà eu plusieurs successeurs sur le siège d'Arles; c'était même après 461, puisque le pape saint Léon-le-Grand était mort, comme l'indiquent divers passages du discours. Quand Honoré le prononça, il était déjà évêque de Marseille.

C'est une œuvre précieuse pour la mémoire de saint Hilaire, et dont le style pieux et élégant fait honneur à son auteur.

En même temps qu'il mettait ses soins à conserver le souvenir des vertus de son maître. Honoré com-

posait d'autres Vies des saints, qui sont malheureusement perdues, et il combattait par ses écrits et sa parole les hérésies qui envahissaient son diocèse. Ces hérésies étaient l'Arianisme , importé par les Goths conquérants de la Provence, et le Semipélagianisme dont nous avons vu ailleurs les funestes ravages. Mais ce n'était pas en ses efforts et en son talent qu'il mettait sa confiance ; le succès, il l'attendait des secours de Dieu, et s'appliquait incessamment à la prière. Ces litanies, qu'il célébrait avec son peuple pour implorer la miséricorde divine, ce sont sans doute les prières publiques des Rogations, qui, instituées quelques années auparavant par saint Mamert, évêque de Vienne, venaient peu à peu en usage dans tous les diocèses.

Cette vie méritante de notre évêque justifie le titre de Saint, qui lui est généralement donné; etBaronius, dans ses Annales, n'hésite pas à le lui conserver.

SAINT ADALONG

Le Martyrologe d'Usuard , composé sous le règne de Charles-le-Chauve, nous révèle un nouvel évêque inscrit au nombre des saints. Aux calendes de mars, c'est-à-dire au premier jour de ce mois, il dit : « A Marseille, fête de saint Adalong, évêque. »

Le Martyrologe Gallican fait un peu plus que le nommer : « Le même jour, à Marseille, fête de saint Adalong, évêque et confesseur, qui, succédant à Sérénus, illustra son siège par sa science dans les Saintes- Ecritures et par ses nombreuses vertus sacerdotales. Il donna à son troupeau l'exemple d'une admirable sain-

teté, et entra dans la béatitude éternelle qu'il avait ardemment désirée. »

Malgré l'affirmation du Martyrologe Gallican, nos historiens ne mettent pas l'épiscopat d'Adalong après celui de saint Sérénus ; ils le retardent jusqu'à l'époque de Charles-Martel, et veulent qu'il ait siégé en 789, quand le Maire du Palais vint chasser de Marseille le duc Mauronte révolté et les débris des troupes sarrasines échappées à la bataille d'Avignon. C'est l'opinion du Gallia Christiana^ de Ruffi et de Bouche.

Sa fête ne se fait plus depuis longtemps.

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