CHAPITRE V. —— SAINTS DIVERS
région naturelle, assez en arrière de la mer, sans être cepelidant dans la montagne.
Pour ce saint, nous savons qu’il appartient aux premiers débuts du christianisme dans le pays, puisqu'il est éponyme d’une Lan- et d'une Tré-. La chapelle Saint-Connay est certainement de la même époque, il s’agit d'un culte qui n'a pas eu de développement. A part l'élément topographique fourni par la présence de ces trois établissements, Langonneau, Trégonneau et Saint-Connay, on ne peut rien savoir de plus sur ce personnage.
SAINT-SOURON EN PLOUGONVEN
La carte d’'Etat-Major indique en Plougonven, à 3 kilomètres au sud-ouest du bourg, une Chapelle Saint-Souron. La chapelle est portée sous le même nom, au cadastre dressé en 1838, section K, n° 413. L'on prononce actuellement Sourin ou Souron, le passage dune de ces finales à l’autre est assez fréquent en breton, l'exemple de Gourmelin-Gourmelon est bien connu.
La chapelle appartenait à la paroisse ; il en est souvent queshon dans les registres de délibérations du général de Plougonven. Le fait que la chapelle appartenait à la paroisse est un détail important. Les chapelles dédiées à des saints d'importation récente sont en général des chapelles privatives, élevées par des seigneurs en l’honneur d’un saint qui portait leur nom. La chapelle fut vendue comme bien national le 24 thermidor an III M. Louis Le Guennec à retracé l’histoire de ce petit monument qui avait été rebâti au xvi° siècle ; il était en ruines en 1895 et ne possédait plus de statue du saint”.
Le nom de ce saint offre des formes absolument déconcertantes. L’on prononce actuellement Sourin ou Souron ; le cadastre donne Souron, la vente comme bien national donne Souran. L'on trouve Souron en 1680. Une inscription sur une fenêtre portait : |
ROHANTE : FABE : DE : S*° : SURMIN : 1739
37. Notice sur Plougonven, Morlaix, 1922, in-12, pp. 110, 135 et 232.
Surmin où Sulmin est une seconde forme de ce nôm : l’on trouve Sulmin au xvin* siècle. Il semble impossible de rétablir la forme primitive du nom de ce saint,
On avait identifié ce personnage avec un saiht du Calendrier, et c'est ainsi que däns quelques actes, la chapelle est appelée Saint-Saturnin *.
11 faut ajouter que M. Anatole Le Braz, passant par là vers 1890, a cru entendre saint Zullas, et il mentionne en Plougonven : « La chapelle de saint Zultas que l’on invoque pour la fièvre”. » Ce nom a peut-être été confondu par l’auteur avec celui de saint Weltas, Gildas ; quoiqu'il en soit, saint Gildas n'avait pas de chapelle en Plougonven ; et il s’agit bien de saint Souron qui, en effet, est encore invoque pour obtenir la guérison de la fièvre.
L'on trouve autour de Saint-Souron, des débris de tuiles romaines, et M. Louis Le Guennec m'écrivait à ce sujet : « Il se. peut qu’un saint soit venu s'établir là, dans des ruines gällo-romaines, à la lisière de la forêt de Disquéou, et à déux pas du ruisseau. La situation est tout à fait bien choisie pour un ermitage “. »
SAINT-ENER EN GUERLESQUIN
Saint Ener à une chapelle sur le territoire de Guerlesquin. M. J. Lôth à consacré à ce saint la notice suivanté (NSs., p. 38):
.ENER (saint) : en Guerlesquin (Fin.). — GaLLes : Ynyr Gwent, tige d'une famille de saints (Rees, Essay, 233). — Ener et Yner représentent, vraisemblaäblément Onorius (Honorius).
Le cadastre porte Saint-Ener, section de Saint-Ener, et deux garennes jouxtant la chapelle sont données sous le nom de Goarem Sant Dener (n°° 9 et 10)“ L'on prononce
38. Sur Saint-Saturnin, dans l'hagiographie celtique, v. DUINE, Memento, n°33, p. T0.
39. Les saints bretons d'après la trad. popul. in Ann. de Bret. XI, p. 173. |
40. Il existe en Cornouaille un nom de famille Soufen ou Sourin (Fouesnant, liste élect. 1912) ; j'en ignore les formes anciennes.
41. Sur la copie du cadastre utilisée par M. J. LOTH, Ns., p. 36, S. v. Edern, on a transcrit par erreur Goarem sant Edern.