A HÉRODIADE
20. Hérode, en effet, craignait Jean, sachant que c'était un homme juste et saint ; il le protégeait, faisait beaucoup de choses d’après ses avis, et l'écoutait volontiers.
21. Mais un jour opportun arriva, le jour de la naissance d'Hérode, où il fit un festin aux
grands de sa cour, et aux tribuns, et aux prin- étaient comme des brebis qui n'ont point de
ipaux de la Galilée. pasteurs, et il commença à leur enseigner beau- 22. Or la fille d'Hérodiade même étant en- coup de choses. rée, et ayant dansé et plu à Hérode, et à ceux 35. Et comme déjà l'heure était fort avancée, ui étaient à table avec lui, le roi dit à la jeune ses disciples s'approchèrent, disant : Ce lieu est ille : Demanñdez ce que vous voudrez, et je vous désert, et il est déjà tard ; le donnerai. 36. Renvoyez-les, afin qu'ils aillent dans les 23. Et il lui jura, disant : Tout ce que vous villages et les bourgs voisins acheter de quoi emanderez je vous le donnerai, fût-ce la moitié manger. e Mon royaume. 37. Mais répondant, il leur dit: Donnez-leur Lorsqu'elle fut sortie, elle dit à sa mère : vous-mêmes à manger. Et ils lui repartirent : emanderai-je ? Et sa mère répondit : La Irons-nous donc acheter pour deux cents deniers de Jean-Baptiste. de pains, afin de leur donner à manger ? Aussitôt s'étant rendue en grande hâte 38. Alors il leur demanda : Combien avezprès du roi, elle fit sa demande, disant : Je vous de pains? Allez et voyez. Et lorsqu'ils veux que vous me donniez à l'instant, dans un eurent regardé, ils dirent : Cinq pains et deux bassin, la tète de Jean-Baptiste. Poissons.
26. Le roi fut contristé: cependant, à cause 30. Îl leur commanda donc de les faire tous de son serment, et à cause de ceux qui étaient asseoir par groupes sur l’herbe verte.
à table avec lui, il ne voulut pas la contrarier. 40. Etils s’assirent par groupes de cent et de
27. Aussi, ayant envoyé un de ses gardes, 1l cinquante. lui ordonna d'apporter la tête de Jean dans un 41. Alors il prit les cinq pains et les deux bassin. Et le garde le décapita dans la prison ; poissons, et, levant les yeux au ciel, il les bénit ;
28. Et, apportant sa tête dans un bassin, il la puis il rompit les pains, et les donna à ses disdonna à la jeune fille, et la jeune fille la donna ciples, pour les mettre devant la multitude ; et ansa mère. il partagea les deux poissons entre tous.
29. Ce qu'ayant appris, ses disciples vinrent, 2. IIS en mangèrent, etils furent rassasiés. prirent son corps, et le déposèrent dans un tom- 3. Et ses disciples emportèrent les restes, beau. ize paniers pleins de morceaux, et wne partie
30. Or les apôtres, s'étant rassemblés auprès S Poissons. de Jésus, lui rendirent compte de tout ce qu'ils 4. Or ceux qui mangèrent étaient au nomavaient fait et enseigné. bre de cinq mille hommes.
31. Et il leur dit : Venez à l'écart en un lieu 45. Et aussitôt il fit monter ses disciples dans désert, et vous vous reposerez un peu. Car ceux la barque, pour le précéder de l’autre côté de la qui allaient et venaient étaient si nombreux, mer, à Bethsaïde, pendant que lui-même renverqu'ils n'avaient pas même le temps de manger. rait le peuple.
32. Ainsi, montant dans la barque, ils se reti- 46. Et après qu'il l’eut renvoyé, il s’en alla rèrent à l'écart, dans un lieu désert. sur la montagne pour prier.
33. Mais beaucoup de gens les ayant vus 47. Lorsqu'il fut soir, la barque se trouvait au partir et ayant connu leur dessein, y accoururent milieu de la mer, et Jésus seul à terre. à pied de toutes les villes, et y arrivèrent avant 48. Et voyant ses disciples qui se fatiguaient eux. à ramer (car le vent leur était contraire), vers la
34. Ainsi, en débarquant, Jésus vitune grande quatrième veille de la nuit, il vint à eux, marmultitude, et il en eut compassion, parce qu'ils chant sur la mer; et il voulait les devancer.
L'ÉVANGILE SELON SAINT MARC
ù Manucci, it Perugino, pin Cliché Aliari,
LE CHRIST (détail).
CHAPELLE SIXTINE, VATICAN (ROME
19. Mais eux, dès qu'ils l'aperçurent marchant sur la mer, crurent que c'était un fantôme, et jetèrent un grand cri.
50. Car tous le virent, et ils furent épouvantés. Mais aussitôt il leur parla, et leur dit : Rassurez-vous, c’est moi; ne craignez point.
51. Et il monta avec eux dans la barque, et le vent cessa, et leur stupeur en devint plus grande :
52. Carils n'avaient pas compris ce qui s'était fait à l'égard des pains, parce que leur cœur était aveuglé.