‹ Les Saints ÉvangilesChapitre 188 sur 240 · II · texte numérisé non relu

II

ARGDMENT. .

Pour donner nne Taleor anx ornements desUm^s à acoompagner le texte de cette notice, nous y avons rattaché Tbistoire d'un pèlerin.

IiiTBODucTiON. Le Kom. he père d'une jeune fille malade înToqne Tassistanoc divine pour obtenir la guérison de son enDuit, et promet d'aller visiter le Saint Sépulcre si sa prière est exaucée.

LnTBB L. La Gnénsmn, La jeune fille, rendue à la santé, va remercier Dieu de sa guérison.

JÉBosALiH. Gbap. I. La Messe» La famille au pied de Tautèl joint ses prières A celles de TofOciant , et appelle la protection de la Sainte Vierge siur le pèlerin.

GiAP. II. Le Départ, Le pèlerin embrasse sa femme et sa fille au moment de son départ.

GflAP. III. Ftsite à rÉvêqw. Le pèlerin à genoux devant son Évéque lui demande sa bénédiction.

GiAP. IV. L* Adieu, Au moment de perdre de vue sa ville natale, le pèlerin jette sur elle un regard d'adieu et de souhaits pour sa tanille.

Gbap. V. Le Voya§e» La constance du pèlerin est éprouvée par le mauvais temps.

Gbap. vi. La BénéiUctUm de N, S, Père le Pape. A Rome, le pèlerin reçoit la bénédiction papale.

Gbap. vu. L'Embarquement

Gbap. viii. La Tempête. Une horrible tempête vient assaillir le vaisseau; sa confiance en la Sainte Vierge rassure le pèlerin.

Betblîbh. Débarquement. Le pèlerin, sur le rivage , chante un cantique d'action de grâces.

La Galiléi. Le pèlerin, au moment d'entrer dans le Saint Sépulcre.

Lb Jourdain. Le pèlerin aux bords du Jourdain.

MonuHBfiTs cbbbtibbs. Visite à l'Ermite. Le pèlerin visite un saint Ermite et lui raconte son voyage.

GoNCLGSioif . La Peste. Le pèlerin, atteint de la peste et délaissé, est consolé par un rayon céleste.

Fin. Le Eetovr. Le pèlerin de retour dans sa flEunille.

-^Isk^^ 'histoire de Jérusalem est intitTï^ mement liée à celle de JésusvWC, Christ. La description des lieux "v^^ témoins des miraclesdu Sauveur ^ est un complément indispensable du livre saint qui les raconte. Expliquer les récits des Evangulîstes par des monuments, suivre pas à pas sur le sol les traces du divin Maître, écouter en quelque sorte le témoignage des pierres, observer la conformité des traditions avec les localités existantes, ce doit être une joie indicible pour tout homme qui, pénétré dès son enfance X de la morale évangélique, Ta conservée pure et sans niébijge au fond de son cœur.

Il nous a donc semblé nécessaire de faire succéder aux saints Évangiles une notice sur la Terre-Sainte. Remontant à la source des siècles, fouillant les ruines > nous avons essayé de reconstruire la Jérusalem antique, et d^en suivre les transformations jusqu'à nos jours. Ni Faridité des recherches, ni la profusion des matériaux ne nous ont rebutés : nous avons été soutenus dans nos efforts par la pensée de faire une œuvre agréable à tous les fidèles.

Quant aux personnes malheureusement trop nombreuses qui se sont laissé entraîner au scepticisme et à Tincrédulité, cette notice contribuera , nous Tespérons, à les ramener dans le chemin de la foi. Quels faits historiques sont attestés par un plus grand nombre de preuves matérielles ? Où trouver ailleurs un pareil concours de traditions authentiques religieusement conservées? Quel prophète a laissé autant que THomme-Dieu des vestiges de son passage?

L'Évangile est écrit tout entier sur la terre de Judée ; chacune de ses lettres a une représentation monumentale; nous avons encore sous les yeux la grande scène où se déroula le drame mystérieux de la passion.

Aux artistes , qui , dignes rivaux des grands maîtres , cherchent des inspirations dans les textes sacrés, nos travaux fournissent les moyens de ne point choquer la fidélité topographique ; ils pourront donner h leurs œuvres cette vérité locale si recherchée dans notre époque , et satisfaire à la fois et le sentiment du chrétien , et la science de Farchéologue.

Entre la multitude des traditions , nous avons dû faire un choix. Nous nous sommes attachés h celles qui sont certaines et reproduites par tous les voyageurs anciens et modernes. Nous avons évité, autant que possible, de citer les nombreux ouvrages où nous avons puisé nos matériaux. Un vo-

lume in-folio suffirait à peine à la bibliographie des auteurs qui ont traité de Jérusalem. Tous les anciens éditeurs de la Bible joignaient aux documents du texte sacré le fruit de leurs laborieuses investigations. Tous les saints hommes qui, dans les premiers siècles, défendaient la cause de la religion, Eusèbe, Tertullien, Cyrille, Sozomène, Socrate, Évagre, saint Jérôme , Nicéphore , saint Jean Damascène , mêlaient rhistoire de la Terre-Sainte à celle de TÉglise universelle. Tous les pèlerins, à leur retour, consignaient dans un itinéraire leurs pieuses émotions : ainsi nous avons en 555 Titinéraire de Bordeaux h Jérusalem ; en 500 , celui d^Ânlonin de Plaisance; au septième siècle, celui d^Arculfe; au huitième , le voyage de saint Guillebaud ; au neuvième , celui de Bernard le moine. A mesure que la propagation des connaissances multiplie le nombre des écrivains , on voit s'augmenter celui des historiographes de la Terre-Sainte. Au onzième siècle, Égésippe , Oldéric, évéque d'Orléans ; en 4 ^ 00, Foulcherde Chartres , Guillaume deTyr ; en A 208, Phocas ; en 4248, Wildebrand d'Oldenbourg; en 4254 , Jacques de Vitri; en 4 285, Brocard; au quatorzième siècle, Ludolphe, Maudeville, Marin Sanuto ; au quinzième, Breydenbach , Longi ; au seizième , Ueyter , Salignac , Pascha , Adrichomius; au dix-septième , Cotovic , Nau, Doubdan, chanoine de Saint-Denis , l'ambassadeur Deshayes; au dixhuitième, Maundrell, Pococke, Shaw, Harselquist, Paul Lucas ; dans cette nomenclature rapide , où dominent les noms français, nous n^ avons mentionné qu^une partie des auteurs les plus importants ; elle se termine glorieusement par les noms de Chateaubriand et de Michaud (1).

(I) Le R. P. M. J. de Géramb, religieox de La Trappe, Tient de publier tout rëcemment (IS56) unouTrage intitulé: Pèlerinage à Jérusalem et au mont Sinaî, en f 83^ f 852 et 1835; Paris, 5 Tol. in-8. Cet outrage généralement bien écrit, et

Nous ne nous appesantirons ni sur les conciles > ni sur les croisades , ni sur les guerres dont Jérusalem fut le théâtre ; nous n'avons pas la prétention d'écrire une histoire: nous nous bornons à une œuvre topo{]praphique, et nous ne rela* tons les faits qu'autant qu'ils ont apporté des changements dans la configuration matérielledes Lieux Saints. Après quelques détails sur les événements antérieurs à notre ère , nous entrerons dans la description de la Jérusalem contemporaine de Jésus-Christ , en suivant Tordre chronologique indiqué par la narration des saints Évangiles. Nous avons eu d'abord l'idée de suivre la vie miraculeuse du Sauveur depuis Bethléem jusqu'au Golgotha, en mentionnant successivement les lieux visités par Jésus-Christ , à mesure que leur nom se présente dans le texte saint. Mais comme ils n'ont relativement à Jérusalem qu'une importance secondaire, nous nous occuperons d'abord exclusivement de la ville sainte. La topographie des autres villes sera l'objet des chapitres suivants.

empreint d'un Tif sentiment de piété « nous a foorni d'utiles renseignements. Cette exactitude nous a facilité la révision de quelques erreurs, et nous a mis à même de rendre notre travail plus complet que tous ceux qui ont paru jusqu'A ce jour sur le même sujet. M. de Lamartine a fait aussi uu voyage en Orient qui n*a pas saUsfoit les nombreux admirateurs de Tillustre poète. L*auteur des MédUaiUms devait, ce semble, recueillir d'autres pensées, d'autres inspirations, sur la terre des miracles, et ne pas se borner A vanter les vertus des Turcs et A émettre des assertions dont la Foi chrétienne peut s'alarmer.

A VILLE sAiîS'TE s'flppela d^oboid Salem (paix). Elle fut fondée par Melchisédeeh, environ ^900 ans gavant Jésus-Christ. Elle occupait la coltine d'Acra, partie basse delà Tille actuelle. Il est probable qu'il n'y avait point d'édifices sur le mont Moria, puisqu'on le retrouve inhabité au temps de David, La vallée profonde de Mello séparait Salem de ce mont au sud-est ; et du mont Gion au nordouest* [Genèse, passim,] [Flavien Josèphe, ^ntigtiités, ] [ Trésor çhronolopffite,] Dès cette époque Salem était consacrée au culte du Sei* gneur. Melchisédecb , sacrificateur du Dieu fort, reçoit en cette qualité la dime des biens d'Abram ; et quand le père des Hébreux doit immoler son unique enfant, il se transporte au territoire de Moria, où les chrétiens orientaux honorent encore le lieu de son sacrifice [Genèse, chap, xnr, 22.] Ainsi, à la place où le Très-Haut refusa Tholocauste du fils d'un mortel^ deux mille ans plus tard il accepta son propre fils pour victime.

Environ cinquante ans après Abraham , les descendants

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de Jébus, fils de Cbanaan, s'emparèrent de Salem, et bâtirent sur le mont Sion la citadelle de Jébus. Le nom de Jébus- Salem se changea par corruption en celui de Jérosàleh, qui signifie : Vision de paix, [fndex Bibticui.] [Géramb. /. I, pag. 226. ]

Josué défit un roi de Jérusalem ; mais il ne put s'emparer que de la ville basse. La ville haute demeura près de cinq cents ans au pouvoir des Jébuséens. David la prit d'assaut, à son retour de l'expédition d'Hébron. Il l'agrandit, l'entoura de murailles nouvelles, et y fit construire un palais : le mont Moria était un lieu désert appartenant au Jébuséen Ârauna, ou Oman. Le saint roi l'acheta pour y élever un autel au Seigneur. [Sainte Bible, passim. ]

Salomon, fils de David, jeta les fondements du temple , dont le livre des Rois et les Paralipomènes nous ont laissé une si pompeuse description. Pour asseoir cet édifice , le mont Moria fut aplani. L'aire en fut élargie^ et les côtés soutenus par d'immenses constructions. On combla la vallée de Mello , qui devint une rue. On y fit ensuite une cou pure pour isoler le palais de la fille du roi d'Egypte, femme de Salomon, et il fallut un pont pour la communication de ce palais avec le temple. [Barbœe du Bocage, Dictionnaire géographique.] Vers le même temps, Salomon fit creuser la piscine probatique ou Bethsaida ( maison d'effusion). Le mot probatique , littéralement , des brebis , indique que cette citerne servait à laver les animaux destinés aux sacrifices. Les Gabaonites venaient y plonger les victimes , et les donnaient aux Lévites qui les baignaient de nouveau dans les bassins de l'intérieur du temple , avant de les immoler. [ Sainte Bible, passim. ] [ âdrichomius, de lods Sion.]

On attribue encore h Salomon la construction des piscines de Siloé, dont Ézéchias conduisit les eaux dans Jérusalem

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