TRENTE JANVIER , BIENHEUREUSE HABERILLE
souvent fait mention dans la vie de plusieurs saints et qui, tirés du troupeau infernal, sont excités contre les malheureux humains par la haine féroce du démon. Une femme avait refusé de prêter à sa voisine un pain, en jurant qu’elle n’en n’avait pas. Pèlerin , pour la punir de son parjure, changea en pierre le pain de froment dont elle aurait bien pu disposer. Cette pierre était encore conservée à l’époque où écrivaient les Bollandistes qui mentionnent également qu’on conservait à Caltebelotha, en Sicile, l’os huméral de saint Pèlerin qui était invoqué contre les hernies et aussi contre les serpents, en souvenir du dragon dont il a ôté question plus haut. Au sujet de cette dernière invocation, les Bollandistes rapportent l’Oraison tirée de son office :
Umnipolens sempiterne Deus, qui B. Pekeuiiino, confessori tuo tantum gratiam tribuisti ut per eum terrain, istam a seupentis morsibus liberares ; concédé propitius, ut ejus interventu dœmonum morsus possimus evadere et pervenire ad lucem claritatis œlernœ. Per etc...
Dieu tout puissant et éternel qui avez accordé au D. Pèlerin, votre confesseur, la grande grâce de vous servir de lui pour délivrer cette contrée de la morsure du serpent, soyez-nous propice et accordez-nous par son intercession d’échapper aux morsures des démons et d’arriver à la lumière de la clarté éternelle. Par, etc.
(Bollandistes, Hagiologium italicum).
BIENHEUREUSE HABERILLE OU HABRILIE, VIERGE
(1IABERILLA ou H ABRI LIA), ERMITE ET ABBESSE
vu* SIÈCLE.
Invoquée pour les Enfants malades.
Après avoir reçu l’habit de l’Ordre de saint Benoît, des mains de saint Gai, elle se bâtit un ermitage sur les bords du lac de Constance. Bientôt un certain nombre de compagnes vint s’établir au même lieu, ce qui força saint Gai de la constituer abbesse d’un monastère qui prit le nom de Mereraw (major insula). Là, elle apprit à ses filles la pratique de la règle de saint Benoît et brilla par une longue suite d’actions saintes et dignes de sa ferveur. Après sa mort qui eut lieu le 30 janvier, son corps fut déposé dans la grande église de saint Pierre, à Constance, et il se fit un grand nombre de miracles à son tombeau. La bienheureuse vierge y vient spécialement en aide aux enfants malades. Les parents les lui amènent en grand nombre, surtout le vendredi, et les font passer trois fois sous la pierre sépulchrale (1), en l’honneur de la très sainte Trinité. C’est une chose merveilleuse de voir avec quelle promptitude la sainte les guérit de tous les maux auxquels cet âge est sujet. Les Pèlerins emportent, dans une pièce de toile, de la terre tirée de son tombeau, sur laquelle ils couchent les enfants languissants ou bien seulement l’appliquent sur les membres affectés. Quand ils ont obtenu la santé de leurs enfants, ils rapportent la terre à son ancienne place, comme témoignage de la guérison.
(Bollandistes. — Année bénédictine) .
(1) Le tombeau était couvert d’une pierre soutenue par six petites colonnes.