‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 14 sur 734 · DEUX JANVIER · texte numérisé non relu

DEUX JANVIER

SAINT ADÉLARD (ADELARDUS) (*) 9e ABBÉ DE CORBIE

Vill" ET IX* SIÈCLE. — 82ti

Patron des Jardiniers. — Contre le Typhus, les Contagions et la Fièvre rouge.

h eut pour père le comte Bernard , fils de Charles Martel. Il était donc neveu de Pépin le Bref et cousin germain de Charlemagne qui le nomma comte du palais. Lorsque Charlemagne répudia Hermengarde , fille de Didier , roi des Lombards, pour épouser Hildegarde, Adélard, réprouvant ce divorce, se retira à l’abbaye de Corbie ; bien qu’il n’eût que vingt ans, il renonça au brillant avenir que sa naissance lui donnait le droit d’espérer. Après qu’ Adélard eut fait profession, l’abbé, pour éprouver l’humilité du nouveau moine, lui donna l’emploi de Jardinier du couvent. Il était donc tout simple pour les Jardiniers de réclamer son patronage.

Pour échapper à l’admiration de la foule des visiteurs, qu’une abnégation aussi complète attirait à Corbie, Adélard prit le parti de se réfugier au Mont-Cassin où il put vivre tranquille pendant quelque temps sous le plus strict incognito ; mais bientôt des émissaires de Charlemagne l’ayant découvert dans cette retraite, il fut obligé de revenir à Corbie. Quelque temps après, cédant aux instances réitérées de la communauté et du Prieur lui-même, il dut accepter la dignité d’Abbé.

Charlemagne qui avait la plus haute opinion du caractère d’Adélard , lui confia les fonctions les plus considérables et les plus délicates à la fois. Il l’envoya entr’autres en qualité de ministre d’Etat auprès de son fils Pépin, roi des Lombards.

Au milieu de toutes ses grandeurs politiques, Adélard brillait par toutes les vertus du plus humble des religieux ; il trouvait le temps pour assister au concile d’Aix-la-Chapelle et au concile provincial de Reims ; mais, dit un de ses biographes modernes (2), tant de qualités naturelles qui portèrent la réputation d’Adélard jusque chez les Grecs et les habitants des Iles ; « tant de vertus éprouvées qui lui firent donner « par son siècle les glorieux surnoms de Jérémie, d’Antoine, de Grégoire « et d'Augustin, ne l’empêchèrent pas de devenir la victime de l’injus- « tice et de la jalousie. »

Effectivement, après la mort de Charlemagne, Louis le Débonnaire, circonvenu par d’indignes calomniateurs, exila Adélard à Lérins. Ce ne fut qu’au bout de sept années que ce roi faible, mais pieux, ayant conçu un vif regret de son injustice, rappela Adélard de son exil.

Avant de mourir, Adélard eut la consolation de fonder une nouvelle Corbie en Saxe, sous le nom de Corwey, près d’Hœxter en Westphalie, sur les bords du Weser. Il bâtit également avec son frère Wala un monastère de femmes à Herford sur le Weser.

(1 ) Adalhart, Adalhard, Adkalard, Alhelard, Adelrad, Aslard, Adœlard, Allart Alard Mard. - Adlialardus, Adalkardus, Adalltartus, Adhœlardus, AdelUartus, Adelhardus Alhardus, Alardus, Alhelardus .

(2) L’Abbé Jules Corblet, Saints du diocèse d’Amiens, 1" vol., p. 30.

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