‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 143 sur 734 · SAINT PRÉGORD, SOLITAIRE A VAILLY (AISNE · texte numérisé non relu

SAINT PRÉGORD, SOLITAIRE A VAILLY (AISNE

Invoqué pour avoir la Pluie

Originaire d’Irlande ou d’Ecosse, Prècord vint se fixer à Vailly (Aisne) dans le Soissonnais. On ne sait d’ailleurs rien de sa vie, si ce n’est qu’il mourut à l’emplacement du hameau qui porte son nom. Ses reliques y restèrent jusqu’à l’année 940. A cette époque un prêtre cupide, nommé Thiard, était chargé de la garde des reliques ; il avait confié son dépôt à un autre prêtre écossais qui, pendant la nuit, s’empara de la châsse et l’emporta en Angleterre. Thiars, pour échapper au soupçon de complicité qui commençait à peser sur lui, se mit à la poursuite du fugitif. Etant parvenu à le rejoindre, il entra à son service comme domestique, attendant l’occasion favorable pour se remettre en possession des reliques. Il réussit à prendre l’empreinte de la clé qui fermait la chasse et après en avoir fait fabriquer une semblable, il en tira le corps du saint et revint en France. Arrivé à Fouilloy, domaine du monastère de Gorbie, Thiard s’aperçut qu’il s’était trompé de route. Remettant son départ au lendemain, il pria un de ses amis nommé Sezane de conserver pendant la nuit ce précieux dépôt ; mais tout à coup la caisse qui le coutenait se sépara par éclat, avec un grand bruit, et on aperçut une grande lueur qui scintillait, comme un éclair, et éclairait toute la maison.

Sezane émerveillé de ce prodige, courut en prévenir l’abbé de Corbie qui s’empressa d’arriver avec ses moines, et, après avoir contemplé la lumière qui persistait toujours, l’abbé emporta ces reliques encore inconnues et les déposa dans l’église de Saint-Jean-Baptiste. Pendant qu’on les portait en chantant des psaumes, une pluie torrentielle commença à tomber et mit fin à la sécheresse qui depuis trois mois désolait les terres de l’Amiènois. Le prêtre Thiard informé de ce qui venait de se passer, accourut à Gorbie pour réclamer les reliques de saint Prècord et 1 abbé Bérenger, pour mettre ûn à ses prétentions, lui remit une forte somme d’argent. Thiard se proposait bien de reprendre au monastère de Gorbie les reliques, comme il l’avait fait en Angleterre, mais il mourut cette même année (942).

On continue toujours à invoquer, dans l’Ami énois, saint Prècord, pour avoir la pluie, en souvenir de ce qui était advenu le jour de la translation de ses reliques à Corbie (1).

[Les Bollandistes. — L’Abbé Corblet, Hagiographie du diocèse d'Amiens).

(1) Le culte du Saint devint si populaire qu’on donne le nom de saint Prècord à une fontaine fort renommée à Corbie pour ses vertus, puisqu’on dit encore aujourd’hui :

De l’eau de la Fontaine saint Prècord Pour la santé du corps.

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