QUATORZE FÉVRIER, SAINT ANTONIN
lièrement avec lui jusqu’à ce qu’entraîné par un vif désir de la solitude, il se retira dans les montagnes où Catelle voulut absolument l’accompagner. Après avoir supporté avec patience des tribulations sans nombre, Antonin, appelé par les habitants de Sorrente, vint dans cette ville. Nommé abbé des moines bénédictins, il éleva à saint Martin une église dans laquelle il sculpta sur le marbre les Mystères de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ. C’est à Sorrente qu’il planta de la vigne dans une terre inculte partant du porche de sa basilique et se terminant en précipice jusqu’au bord de la mer. Cette vigne est restée comme un monument et un souvenir de celui qui l’avait plantée ; elle produit du vin d’une qualité et d’un goût si remarquables qu’on a l’habitude de l’envoyer en présent aux princes et aux personnages les plus considérables. Il en était au moins ainsi à l'époque où écrivaient les Bollandistes. Ils était tout naturel que les Vignerons réclamassent son patronage. Le saint abbé mourut ensuite après avoir brillé par les miracles les plus éclatants. Il fut enseveli dans le mur même de la ville, et plus tard un sanctuaire fut élevé en son honneur.
Peu de temps après la mort du Bienheureux Antonin , Sicard. prince de Bénévent, vint mettre le siège devant Sorrente, à l’aide de machines qui furent dressées autour des murs, il fit lancer un grand nombre de pierres, surtout contre la partie du rempart où se trouvait le tombeau de saint Antonin. Il avait l’espoir d’y pratiquer une brèche qui lui donnerait accès dans la ville ; mais la nuit survint sans que le point attaqué ait souffert de la plus petite atteinte. Pendant que le prince était plongé dans le sommeil, Antonin lui apparut et lui dit que s’il ne se désistait de son entreprise, il aurait à subir une sévère correction et, en môme temps, il lui appliqua sur le dos un coup de la baguette qu’il tenait à la main. Le matin, Sicard, malgré la douleur qu’il ressentait à la partie frappée, hésitait encore sur le parti qu’il devait prendre, quand un messager vint lui annoncer que sa propre fille avait été saisie par une violente possession du démon , à l’heure môme où il avait fait lancer des pierres contre le tombeau de saint Antonin. Reconnaissant sa faute, Sicard, tombant à genoux, implora la guérison de sa fille, et elle recouvra la santé par l’intercession du saint que son père avait si violemment, offensé.
Quelque temps après, on amena au tombeau du Saint, un pauvre homme qui était possédé du démon depuis cinq ans, et comme la nuit était ai ri-, vée, afin qu’il ne pût se faire aucun mal ou etre la cause involontaire de quelque dégât dans le sanctuaire, on l’attacha étroitement par les pieds et par les mains à une colonne, puis on le laissa ainsi en fermant les portes. Le lendemain, on le retrouva entièrement guéri. Dapiès Caracciolo, cité par les Bollandistes, de là serait venue la coutume qui subsistait encore au XVII' siècle d’attacher les Possédés à une colonne près du tombeau d’Antonin et de les laisser ainsi toute la nuit. Le Martyrologe romain constate leur guérison, et Baronius ajoute que ces faits extraordinaires qui, de nos jours, ont encore lieu au tombeau du Saint, sont attestés par les prêtres les plus sincères et les plus prudents.
(Ff-rrarius. — Bollandistes. — Ilagiologium Italicum).