‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 210 sur 734 · SAINTE JULIENNE DE NICOMÉDIE, VIERGE ET MARTYRE · texte numérisé non relu

SAINTE JULIENNE DE NICOMÉDIE, VIERGE ET MARTYRE

Invoquée contre les Contagions et pour les Accouchements heureux.

Julienne , très jeune encore, embrassa le christianisme, bien que ses parents fussent très zélés pour le culte des faux dieux. Quand elle fut en âge d’être mariée, elle fut recherchée par un jeune patricien du nom d’Evilace. Elle répondit évasivement en déclarant qu’elle n’épouserait jamais que le préfet de la ville.

Evilace fort épris de Julienne finit, en faisant de grands sacrifices, par obtenir cette dignité de l’empereur et se hâta de venir réclamer auprès de Julienne l’exécution de sa promesse ; mais elle lui lit savoir qu’elle était chrétienne et qu’elle n’épouserait jamais un homme d’une autre religion. Evilace, en qualité de préfet, la cita à comparaître devant lui et après avoir employé tous les moyens de persuasion, voyant que la vierge était inflexible, il commanda qu’elle fût suspendue en l’air par quatre courroies et battue à coups de nerfs de bœufs et de branches d’osier vert. Lorsque les bourreaux furent las de frapper, il la fit suspendre par les cheveux ; ce supplice fut tellement prolongé qu’il n’y en eut pas un qui 11e fût arraché.

Ses yeux s’obscurcirent, ses sourcils s’élevèrent sur son front, et après qu’on lui eut brûlé les flancs avec de la paille ardente, on lui perça les mains avec un fer chaud; puis on la renvoya en prison toute déchirée et toute meurtrie. Pendant que Julienne priait sou Céleste époux de la délivrer de ses peines, le diable lui apparut sous la forme d’un ange de lumière, mais par une inspiration divine, reconnaissant le tentateur, elle le garrotta et lui donna plusieurs coups.

Le lendemain, le Préfet commanda, si Julienne était encore en vie, qu’elle fût amenée devant son tribunal. Elle parut devant lui aussi saine et aussi belle qu’elle était avant. Furieux, il ordonna que la vierge fût jetée dans un four ardent, mais le feu perdit sa force, et plus de cinq cents personnes embrassèrent la religion chrétienne ; elle fut aussi précipitée dans une grande chaudière pleine d’huile bouillante, mais elle n’en ressentit aucun mal, et la liqueur enflammée rejaillit sur les bourreaux. Enfin le préfet ne sachant plus que faire, la condamna à avoir la tête tranchée. Les reliques de sainte Julienne furent d’abord transportées par la matrone Sophie sur le territoire de Pouzzole. Plus tard, par crainte des Lombards on les transféra à Cumcs. D’après une pieuse tradition, un gentilhomme breton qui faisait partie de la Croisade et qui avait obtenu le précieux chef de notre Sainte, en revenant de France, tomba malade au Val Saint-Germain (canton de Dourdan, diocèse de Versailles) et fit vœu, s’il recouvrait la santé, d’élever au Val une église à sainte Julienne et d’y déposer ses reliques. C’est là, d’après le Dictionnaire des Pèlerinages ( I ) , que l’on compte plus de trois cents paroisses représentées dans l’église du Val par des ex-volo et quatre mille cinq cent quarante personnes sont inscrites sur le livre de la confrérie de sainle Julienne. Le lundi et le mardi de la Pentecôte, le jeudi de la Fétc-

(1) Abbé .Migne, 1859. Louis Je Sivry et Champagne.

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