VINGT-CINQ FÉVRIER, SAINTE VALBURGE
Après s’être distinguée en donnant pendant vingt-cinq ans l’exemple de toutes les vertus, après avoir fait éclater la gloire de Dieu par un grand nombre de miracles, elle mourut saintement dans le monastère d’Heidenheim où son corps resta enseveli pendant plus de quatre-vingts ans, jusqu’à ce que Otgar, sixième évêque de Aichstet, le fit transporter dans sa ville épiscopale et déposer en 870 dans l’église de Sainte-Croix qui porta depuis le nom de la Sainte. C’est de là que plusieurs églises d’Allemagne, d’Angleterre et de France obtinrent de ses reliques. Vers 1040, après que son corps eut été placé sous le maître autel, commença l’écoulement de cette huile miraculeuse devenue si célèbre. Depuis ce temps un liquide incolore, sans goût ni odeur, suinte goutte à goutte en assez grande quantité, se renouvelle tous les ans et dure sans interruption du 12 octobre, jour de la translation, jusqu’au 25 février, jour de sa mort. Les guérisons obtenues par cette huile de sainte Valburge se sont multipliées à l’infini jusqu’à nos jours. Le premier novembre 1857, Mgr Antoine Ernest, évêque de Briinn, en Moravie (Etats autrichiens), publiait un mandement pour constater la guérison d’un spasme opiniâtre de la paupière, qui avait été opérée par l'huile de sainte Valburge sur la personne d’une pensionnaire d’un couvent de sa ville épiscopale.
Les Bollandistes (1) mentionnent le pouvoir de sainte Valburge contre les chiens enragés et contre leurs morsures et donnent le motif de cette invocation : Près du couvent d’Heidenheim habitait un homme riche et puissant, qui était en proie au chagrin le plus violent à cause de la maladie de sa fille, le seul objet de toutes ses affections. Valburge l’ayant appris, s’achemina un soir sans crainte vers son manoir et vint comme une étrangère frapper à la porte en demandant l’hospitalité. Le maître de la maison l’ayant entendue et craignant qu’elle ne fut mise en pièces par la meute nombreuse de chiens qu’il possédait, se hâta d'envoyer sa famille pour l’introduire promptement et la préserver de leurs morsures : « Ne craignez rien, leur dit Sainte Valburge, la servante du Christ « ne saurait être attaquée par vos chiens, parce qu’étant constituée sous « sa garde, je n’ai à redouter aucun danger. » Le maître de la maison ayant entendu le nom de Valburge , après avoir enlevé tout ce qui pouvait offenser ses yeux, s’empressa de la faire entrer et la conduisit à la chambre de sa fille qui était agonisante. Valburge demanda qu’on mit un lit à côté du sien et qu’on la laissât seule avec elle ; puis elle passa la nuit dans les larmes et dans la prière et, le lendemain, quelle ne fut pas la joie des parents en retrouvant leur fille en parfaite santé ! Ils se précipitèrent aux pieds de la Sainte en rendant grâce à Dieu. Depuis l’époque de ce double miracle, sainte Valburge fut invoquée contre la morsure des chiens enragés.
Les Bollandistes citent également la guérison de la morsure d’un chat enragé par l'huile de sainte Valburge en l’année 1 118 (3° vol. de février, page 571).
(■ Bollandistes . — Grande vie des saints. — Abbé Petin).
(1) 3" vol. de février, p. 559, 560, 566 ,'567, 570.