‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 238 sur 734 · DEUX MARS, SAINT CHARLES LE BON · texte numérisé non relu

DEUX MARS, SAINT CHARLES LE BON

pas sans de très grandes difficultés. La mère de Baudoin, et Guillaume d’Ypres, qui avait sur Charles les droits de la ligne masculine, soulevèrent plusieurs seigneurs que notre Saint fut obligé de réduire les armes à la main.

Tout animé qu’il était de 1 esprit guerrier, Charles était d’une extrême douceur, il avait aussi 1 extrême désir de se rendre agréable à tout le monde, il brillait en outre par toutes les vertus chrétiennes et surtout parla charité. Un jour étant à Ypres, il donna jusqu’à sept mille huit cents pains et il se dépouillait souvent de ses vêtements précieux quand il n’avait rien à donner. Il ne pouvait souffrir que le pauvre et le faible fussent opprimés, et à cet égard il eut souvent à réprimer la violence des grands, ce qui lui attira la haine des méchants. Charles avait été obligé de faire rentrer dans le devoir Berthoul qui non-seulement avait usurpé la prévôté de saint Donatien de Bruges à laquelle la dignité de chevalier de Flandres était attachée, mais encore s’était révolté. Furieux, ce misérable aposta des assassins dans l’Eglise de saint Donatien et pendant que Charles faisait sa prière, ils le frappèrent de plusieurs coups d’épée sur la tête et lui ôtèrent la vie le 2 mars 1 127.

Là s’accomplit le premier miracle : un pauvre, paralysé depuis son enfance, fut tout à coup guéri en touchant le bienheureux. Les fidèles recueillirent son sang, ses cheveux et son chapeau, qui opérèrent depuis plusieurs autres miracles.

Molanus, cité par les Bollandistes, dit que les personnes atteintes de la fièvre boivent fréquemment dans son crâne fracassé : « ex vulnerato cranio sœpius bibunt Fébricitantes. »

Depuis ce jour, le culte du bienheureux ne cessa pas d’être en honneur à Bruges et dans les Flandres. Son corps, pieusement déposé dans un reliquaire, fut placé à Saint-Donat jusqu’au jour où la Révolution française détruisit le sanctuaire.

Les reliques, heureusement, purent être préservées ; et lorsque la tourmente révolutionnaire fut passée, elles furent portées en grande pompe à la cathédrale, où de nos jours encore elles sont exposées à la vénération des fidèles.

Il y a quelques années, à l’occasion du 750e anniversaire de la mort du bienheureux, Mgr Faict, évêque de Bruges, institua une commission pour examiner la cause du bienheureux et demanda à Rome la béatificatio æquipollens de Charles-le-Bon. En 1878, Monseigneur Bracq, de Gand, joignit sa supplique à celle de son collègue de Bruges. Monseigneur Bataille, d’Amiens, et Monseigneur Dumont, de Tournai, .appuyèrent la même année cette demande.

Enfin, le 9 février 1882, le Saint-Père, sur avis conforme de la Sacrée Congrégation des Rites, donna son assentiment à la décision de la commission nommée par Monseigneur de Bruges.

Ce n’était pas tout. Le bienheureux n’avait pas son office, et le diocèse de Bruges le désirait pour patron. Le 14 décembre 1882, sur les instances des six évêques de Belgique et après rapport du cardinal Monaco La Yaletta, Léon XIII accorda au diocèse de Bruges d’avoir le bienheureux pour patron et de célébrer sa fête avec le rite double.

En 1883, la fête et le patronage furent étendus à la Belgique entière.

(Petits Bollandistes. — Univers, 25 août 1884.)

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