SIX MARS, SAINTE COLETTE
rent, elle était brûlée dans le l'eu ; elle était écorchée avec saint Barthélemy et crucifiée avec Saint Pierre. Tous les péchés du monde et les châtiments qu’ils méritent lui étaient apparus dans une vision, et une voix lui annonça qu’elle contribuerait puissamment à les diminuer en réformant les trois ordres de Saint François. Elle reçut l’habit de Sainte- Claire des mains de Benoît XIII qui était alors reconnu comme pape par les Français. Ayant rencontré en France trop d’opposition à ses desseins, elle commença la réforme par la Savoie et bientôt après elle la continua en Bourgogne et dans d’autres pays partout ; elle confirma sa mission par les miracles les plus éclatants, et, entr’autres, elle passa une fois toute la semaine sainte dans un jeûne perpétuel et sans autre nourriture que la divine Eucharistie.
Voyant que son ordre se multipliait, elle voulut, avant de mourir, faire la visite générale de ses diverses maisons. Elle visita successivement le couvent de Moulins, en Bourbonnais, celui de Decize, en Nivernais, celui du Puy, en Velay, fondé par la vicomtesse de Polignac. Et quand elle eut pris possession de deux nouveaux monastères à Gand et à Hesdin, elle réforma le couvent d’Abbeville, établit celui d’Amiens et enfin revint à Gand, où elle mourut le lundi 6 mars 1447, dans la maison qu’elle avait appelée Bethléem à cause de sa petitesse. Sainte Colette fut canonisée par le pape Pie VII, en 1807.
La profession de son père explique suffisamment le patronage des Charpentiers.
Colette avait une humilité si profonde que « dans les saintes ordonnances (l) qu’elle fit pour les sœurs plus sûrement garder leur sainte règle , elle se nomme sœur Colette, petite et humble, ancelle et indigne serviteresse de Notre-Seigneur, pauvre et inutile religieuse de l'ordre de Madame Sainte Claire. » C’est probablement à cause de cette humilité que les Servantes l’ont choisie pour leur patronne.
Colette fut quelque temps presqu’aveugle et fut guérie par la très sainte Vierge. Une autre fois, un enfant d’une famille noble ayant eu un œil crevé par une pointe de fer, fut apporté devant notre Sainte, qui le rétablit dans son premier état par un signe de croix. C’est là l’origine des invocations contre les optlialmies. Celle contre les maux de tête doit être attribuée à la guérison de sœur Elisabeth de Bavière, fille du comte Palatin, qui, depuis trois ans, souffrait d’un affreux mal de tête dissipé par l’intercession de sœur Colette.
Les Bollandistes citent plusieurs cas de guérisons de Fièvres violentes qui justifient les invocations adressées dans ces sortes d’affections à sainte Colette. Ils mentionnent également l'heureuse délivrance de plusieurs femmes en couches, dont l’état était considéré comme désespéié, obtenue par les prières de sainte Colette. La tradition de cette dernière invocation, naturellement, devait être continuée.
(. Bollandistes . — Mère de Blémur. — Petits Bollandistes. — Grande vie
des Saints.)
(1) Manuscrit proTenant du Monastère de Gand, publié par l’abbé Cordlet, tome l<ir de l’Hagiographie du diocèse d'Amiens.