SAINT JEAN DE DIEU, FONDATEUR DES RELIGIEUX HOSPITALIERS
xvi® siècle. — 1495-1550.
Patron des, Libraires et des Infirmiers.
Jean naquit en 1495 à Montemayor-Nuovo , en Portugal. A l’âge de huit ans, enlevé par un étranger , puis abandonné dans la ville d’Oropesa, en Castille, il n’eut d’autres ressources que de se mettre au service d’un maître, comme berger. A vingt-deux ans, il se fît soldat et combattit contre les Français et contre les Turcs dans l’armée de Charles-Quint ; mais bientôt il subit la mauvaise influence des camps et oublia toutes ses pratiques de dévotion. Un jour il tomba de cheval et se blessa grièvement ; il eut recours alors à la Sainte Vierge. Elle lui apparut et lui dit que le malheur qui lui était, arrivé était la punition de sa négligence à remplir ses devoirs religieux . Ayant renoncé au métier des armes, il se loua de nouveau comme berger chez une femme riche du territoire de Séville. Là, méditant sérieusement sur sa conduite passée, il commença à comprendre qu’en se sacrifiant lui-même pour se livrer tout entier à l’exercice de la charité envers son prochain , il pourrait peut-être rentrer en grâces auprès de Dieu qu’il avait tant offensé. A cet effet , il s’embarqua pour 1 Afrique où il espérait porter secours aux esclaves chrétiens. Il assista les pauvres
huit mars, saint jean de dieu.
dans les hôpitaux et, d'après les conseils de son confesseur, il s’embarqua de nouveau pour l’Espagne et apaisa une tempête dans la traversée
du détroit de Gibraltar. .
Débarqué sur le continent, n’ayant aucune ressource poui subsistei, il se mit à vendre des images et des petits livres. G est là 1 oiigine du patronage réclamé par les Libraires. Un jour qu il allait vendre des images dans la campagne, il rencontra un petit enfant mal vêtu et les pieds nus. Emu de compassion, il le chargea sur ses épaules ; au moment où il le priait de descendre afin qu il put se désaltérer, Jésus se fit reconnaître à lui, et, lui montrant une grenade ouverte au milieu de laquelle était une croix : « Jean de Dieu , lui dit-il , Grenade sera ta croix. » Jean se rendit immédiatement à Grenade ; là, simulant, la folie, il devint la risée de tous et eut à subir les plus mauvais traitements. A partir de ce moment, sa vie ne fut plus qu’une longue douleur tempérée par la charité qui, avec Dieu, était son unique préoccupation. Un jour, la Sainte Vierge venant à lui, une couronne d'épines à la main, la lui mit avec force sur la tête en lui disant : « Jean, c’est par « les épines et les souffrances que tu dois mériter la couronne que mon « fils te réserve dans le ciel. » Aussi les artistes ont-ils l’habitude de lui mettre sur la tête une couronne d’épines.
Après avoir entendu prêcher le P. Avila, il fonda un hôpital à Grenade où il soignait lui-même tous les pauvres auxquels il donnait asile ; il parcourait les rues de Grenade en demandant l’aumône pour eux : « Faites du bien pour vous, messieurs, faites du bien pour vous, » criait-il.
Une autre fois, ayant rencontré un pauvre qui lui paraissait très malade, il le chargea sur ses épaules, le porta à l’hôpital, le coucha et lui lava les pieds ; mais en voulant les embrasser, il remarqua qu’ils étaient percés et reconnut Jésus-Christ lui-même dans le pauvre qu’il avait secouru.
L’évêque de Tuy, qui était président du conseil à Grenade, lui enjoignit de se faire appeler Jean de Dieu , nom que lui avait donné le petit enfant qui l'avait envoyé à Grenade.
Il employa toutes ses ressources à l’établissement dans cette ville d’un hôpital dont il acheva la construction avec la grâce de Dieu, et il s’adjoignit plusieurs compagnons pour en assurer le service.
Avant de mourir, Jean prédit qu’à son exemple, plusieurs personnes charitables établiraient une congrégation pour le service des malades. Cette congrégation fut en effet érigée par les soins du pape Paul V, sous la règle de saint Augustin, et ses membres prirent le nom de Religieux hospitaliers, dits de la Charité.
Saint Jean de Dieu rendit son âme à Dieu le 8 mars 1550, peu de temps après minuit. Les miracles qui se firent à son tombeau ne furent pas moins considérables que les grâces extraordinaires qu’il avait reçues de Notre Seigneur pendant sa vie. Le 21 septembre 1630, le pape Urbain VIII le mit au nombre des Bienheureux et Alexandre VIII le canonisa en 1690.
Après l’exposé succinct de sa vie, il serait superflu de rechercher le motif du patronage exercé par lui a l’égard des Infirmiers. 11 est représenté avec une corde autour du cou, à laquelle sont suspendus deux vases dans lesquels il faisait tous les jours sa collecte pour ses chers malades de l’hôpital.
[Bollandistes. La Mère de Blémur. — Les petits Bollandistes.)