SAINT DISMAS OU LE RON LARRON
1er SIÈCLE.
Patron des Condamnés à mort. — Invoqué contre les douleurs de la Torture, l’Impénitence finale, les Voleurs.
D* 'après la compilation de Damascène, Dismas était égyptien \ et habitait une forêt à l’époque de la fuite en Egypte de
I Notre Seigneur Jésus-Christ. Dans celte forêt, il se livrait
I au brigandage en compagnie d’autres bandits et dévalisait, fj sans merci, les passants. Joseph, Marie et l’enfant Jésus
traversèrent à leur tour cette forêt et se trouvèrent en face
(1) Vile de. Santi e Beati Finrentini. Firenze 1472.
(2) Baronius, dans ses notes sur le martyrologe romain au 2o mars, fait observer que le nom de Onmms ne se trouve que dans des livres apocryphes ; mais que néanmoins plusieurs sanctuaires portent le vocable de satnl Dismas le voleur.
VINGT-CINQ MARS , SAINT DISMAS
de Dismas accouru pour les dépouiller. L’expression suave des traits de la Vierge Marie, l’admirable beauté de lJenfant Jésus produisirent sur lui une impression telle, que non seulement il ne üt aucun mal à la sainte famille, mais il les conduisit à sa femme et leur üt donner l’hospitalité dans son habitation.
Dismas avait un fils tellement couvert de plaies qu’on le prenait pour un lépreux. Gomme sa femme avait préparé un bain dans lequel l’enfant Jésus était resté quelque temps, par une inspiration divine, elle y plongea son fils qui en sortit parfaitement guéri. A cette vue, Dismas adora l’Enfant et conduisit la sainte famille à la ville voisine avec une escorte pour les protéger. Dismas continua sa profession de voleur jusqu’à l’époque de la Passion. C’est alors qu’il fut pris par les juifs avec un de ses compagnons, et que tous deux furent condamnés à être crucifiés l’un à droite, l’autre à gauche de Notre Seigneur Jésus-Christ. Maintenant, on lit dans la Passion, chapitre 22, de saint Marc :
« Un des voleurs suspendus en croix le blasphémait, disant : « Si tu « es le Christ, sauve-toi et nous aussi. Mais l’autre reprenait, disant : « Ne crains-tu point Dieu, toi non plus qui subis la môme condamnation ? « Pour nous, c’est justice ; car nous recevons ce que nos actions méri- « tent ; mais celui-ci n’a rien fait de mal, et il disait à Jésus : « Seigneur, « souvenez-vous de moi, quand vous serez entré dans votre Royaume, « et Jésus lui dit : En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi « dans le Paradis. » Les Condamnés à morl ne pouvaient choisir un patron plus autorisé que celui qui, en mourant à côté de Notre Seigneur, avait recueilli des paroles aussi consolantes.
En se reportant à la Passion écrite par saint Jean, on remarque que les soldats rompirent les jambes aux deux voleurs qui n’étaient pas encore morts ; puis qu’on ajoute : « Etant venus à Jésus et le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent point les jambes.... » Ce dernier supplice, ajouté pour les voleurs, à celui qu’ils avaient déjà souffert par le crucifiement, doit être l’origine de l’invocation au bon Larron contre les douleurs de la
torture.
Le bon Larron, qui avait obtenu la grâce de la conversion au moment de la mort, grâce d’autant plus insigne qu’elle paraît être la seule, dans l’Evangile, signalée à cette heure suprême, devait naturellement être invoqué contre Vimpènitence finale : voici, à cet effet, une prière allemande qui se trouve à la page 363 du livre dont nous avons déjà parlé.
PRIÈRE A SAINT DISMAS
U du Spiegel der wahren Bus, heil Dismas ! der du wegen deiner schiveren Sünden mit déni unschuldigen Lamm Gotles Jesu Chrislo bist gecreuziget worden ; und diesweil du Reu und Bus gelragen hast über deine Sünden also hast du auch die Vergebung derselbigen in C/iristo dem herrn erlanget. Ich bille dich demüthiglich du wollest mir die Gnad von meinem Erlôser erbitten damit in der letzten Stund meines Absterbens das gluckseeligste Wort von Christo dem Herrn liôren môge das du von ihm gehôrt hastnemlich : heut ivirst du bey mir sein im Paradeis. Amen.
O mein allersüssester Jesu I du wollesl midi zu derGesellschafft deiner AuserwehUen gelanyen lassen. Amen.
O miroir de la vraie pénitence, bienheureux Dismas ! qui, pour vos grands péchés, avez été crucifié avec l’innocent agneau de Dieu J.-C. , et qui, pour avoir eu une grande contrition, avez obtenu de J.-C. le pardon de vos offenses, je vous prie humblement de m’obtenir de mon Rédempteur la grâce d’entendre à mon heure dernière la bienheureuse parole que J.-C. notre Seigneur vous a dite : Aujourd’hui vous serez avec moi dans le Paradis. Amen.
O mon doux Jésus ! veuillez me dans la société de vos élus. Amen.
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