SAINT RICHARD, ENFANT MARTYR
XIIe SIÈCLE. j — 1182.
Invoqué contre la fièvre.
Trente-huit années après le crime de Norwich en Angleterre, les juifs de Paris renouvelèrent le même abominable sacrifice pendant les Fêtes de Pâques de 1182. Ils se saisirent d’un jeune garçon, du nom de Richard , qui était seulement âgé de douze ans et appartenait à une fort bonne famille, ils le renfermèrent dans un caveau, puis l’ayant fait comparaître devant eux et voyant qu’il était fermement attaché à la foi chrétienne, ils le dépouillèrent, le battirent cruellement, lui crachèrent au visage, en proférant mille blasphèmes contre Jésus-Christ, en s’efforçant de reproduire toutes les scènes sacrilèges exercées par leurs ancêtres sur le Verbe incarné, enfin ils le crucifièrent sans qu’ils pussent ébranler, un seul instant, le courage du jeune martyr, qui, affaibli par la douleur, rendit son âme à Dieu en prononçant le nom de Jésus-Christ (2). Son corps fut enterré dans le Cimetière des Petits-Champs,
CI) Sur une chasuble du XIVe siècle, qui se trouve dans la cathédrale d’Anagni, on voit Jésus-Christ descendant dans les Limbes avec sa croix. Il lire de la gueule du dragon les âmes qui attendent sa venue. Eve sort la première, saint Dismas vient le dernier.
( Annales archéologiques, vol. XVII, p. 234).
(2) Ce récit, celui de saint Guillaume de Norwich, XIIe siècle, de saint Simon de Trente, au XVe siècle, ont une parfaite analogie avec l'histoire de saint Christophane, le bel enfant de la Guardia, martyrisé dans le XVIIe siècle, et dont la fête est célébrée, en Espagne, le 25 septembre. Les Juifs renouvelaient, par conséquent, leur crime tous lesans en vue de parodier la passion de Notre Seigneur Jésus-Christ et de mélanger le sang d'un innocent à des hosties qu’ils consacraient pendant la semaine sainte.
et de nombreux miracles s’étant opérés sur sa tombe, on déposa ses reliques dans l’église des Innocents. Les Anglais, sous Charles VI, étant venus à Paris, les enlevèrent en nous laissant simplement le chef du martyr qu’on voyait encore, au XVIIP siècle, dans une riche relique. D’après les renseignements qui nous sont donnés par l’Abbé Gauthier, curé des Clayes, diocèse de Versailles, Saint Richard serait encore invoqué contre la fièvre *à Paris, à Pontoise. C’est à tort que quelques auteurs et entr’autres les Bollandistes, ont placé son martyre dans cette dernière ville. C’est à Paris qu’il eut lieu, et Philippe Auguste indigné bannit les juifs du royaume.
[Les Bollandistes. — * Les Petits Bollandistes).