QUATRE JANVIER , SAINT RIGOBËRT. I I
proclamant indigne de faire des miracles, refusa d’abord de les bénir. Ne pouvant néanmoins résister plus longtemps aux instances qui lui étaient faites, sans avoir recours au toucher, mais en employant seulement la parole et le signe de la croix, il enjoignit aux démons de sortir, et ceux-ci furent contraints d’obéir sur-le-champ. C’est depuis cette époque qu’il fut invoqué pour les ènergumènes, et d’après saint Grégoire de Tours, après la mort du saint, il suffisait de les toucher avec la baguette qu’il avait portée a la main pour les délivici entièrement.
Sainl Grégoire qui demeurait ordinairement au chateau de Dijon, s’étant rendu à Langres pour la fête de l’Epiphanie, fut pris d’un léger
accès de fièvre qui l’emporta rapidement vers les célestes demeures, à l’âge de 90 ans, la trente-troisième année environ de son pontificat. D’après l’intention qu’il avait manifestée, on transporta son corps à Dijon et il fut enseveli dans la basilique de saint Jean.
(Saint Grégoire de Tours, — le propre de Dijon).
SAINT RIGOBËRT ou ROBERT, ARCHEVEQUE DE RHEIMS
Contre la Fièvre. — Contre les maux de dents.
Rigobert était d’une ancienne famille de Porçain, dans l’archevêché de Reims. Ses parents le firent élever dans l’abbaye d’Orbois et l’éclat de ses vertus et de son intelligence fut si grand que l’an 696 on le tira de ce monastère pourlesacrer archevêque de Reims. Dans cette nouvelle dignité il brilla partout par son zèle, par la sanctification de son peuple, mais aussi par les réformes qu’il introduisit dans la discipline de son clergé. Pépin d’Héristal l’avait en grande vénération et lui donna une maison avec autant de terre que le saint pourrait en entourer en se promenant à pied pendant le temps du repos que Pépin prenait après dîner. Le saint s’empressa d’en donner la propriété à son Eglise pour faire partie de la Manse épiscopale.
Pépin voulut que son fils Charles Martel reçût le baptême des mains de Rigobert ; il lui confia même son éducation ; mais celui-ci, loin de se montrer reconnaissant à l’égard de Rigobert , après la mort de Pépin, dépouilla de son siège l’archevêque qui n’avait pas voulu servir ses projets ambitieux pour le mettre en possession de la charge de maire du palais. Charles Martel, maître de Reims, fit substituer au grand scandale de l’Eglise, à la place de Rigobert, un nommé Milon qui n’était encore que tonsuré.
Rigobert fut obligé de se réfugier en Gascogne. Plus tard, on lui permit de séjourner dans la maison qui lui avait été donnée par Pépin et de célébrer la sainte messe dans l’église de Notre-Dame de Reims, puis, enfin, il plût à Dieu de le retirer du monde, probablement en 733, avant la mort de Charles Martel qui arriva en 741.
On lui rendit de grands honneurs funèbres. Tout le clergé et le peuple de Reims se trouva à son enterrement. Son corps fut déposé à Gernicourt dans l’église de saint Pierre qu’il avait fondée, et placé à droite du grand autel où il se fit de nombreux miracles. Un religieux souffrant d une violente fluxion sur les mâchoires, envoya un cierge pour brûler