SAINT RIEUL, ÉVÊQUE DE SENLIS (REGULUS
Invoqué contre la Fièvre, dans les calamités publiques.
Saint Rieul, qui était de famille noble et avait été baptisé par saint Jean l’évangéliste, fut envoyé par le pape saint Clément avec saint Denis et ses compagnons pour évangéliser la France. D’après la tradition des églises de Provence, ils vinrent d’abord à Arles où se trouvaient des chrétiens baptisés par saint Trophime. Saint Denis consacra Rieul évêque de cette ville et s’achemina vers Paris. Rieul, après avoir ajouté de nombreuses conquêtes dans la foi à celles de saint Trophime, vit un jour, au moment du Canon de la messe, trois colombes qui portaient surleur estomac les noms de Denis, Rustique et Eleuthèrc écrits en lettres de sang. Il conclut, de cette vision, que les trois vigoureux athlètes avaient conquis la palme du martyre, et, après avoir constitué l’évêque Fêlicissime à sa place, il partit pour aller chercher leurs reliques à Paris. A son arrivée, une dame, du nom de Catulle, lui fit connaître le lieu où étaient déposées les saintes reliques, et Rieul y consacra une chapelle de bois élevée sur les tombeaux des Saints. Il se dirigea ensuite vers Senlis. Son arrivée fut- signalée par un miracle éclatant. Une dame de haut rang avait un fils possédé du démon. Elle vint tout en larmes au devant du Saint et lui présenta son malheureux enfant. Rieul touché de compassion, ayant récité à haute voix l’Oraison Dominicale et le Symbole des Apôtres, força le démon à abandonner sa victime. Le diable, chassé par l’exorcisme, aurait bien voulu entrer dans le corps de l’âne de Rieul ; mais, dit la légende, cette bête bien apprise fit, avec son sabot, un signe de croix sur la terre, et le diable fut réduit à se pourvoir ailleurs. Après avoir fait de nombreux miracles, Rieul convertit la contrée entière. Le gouverneur, en voyant tomber toutes les idoles à l’arrivée de Rieul, demanda lui-même à être baptisé. Un jour qu’il prêchait dans la campagne, des grenouilles faisaient un tel bruit que les paroles du Saint ne pouvaient parvenir à ses auditeurs. 11 leur défendit à toutes, excepté à une, de