DEUX AVRIL, SAINTE MARIE L’ÉGYPTIENNE
ses débauches pendant la traversée et à son arrivée dans la ville sainte. Quand le jour de la fête fut venu, elle suivit la foule qui entrait dans le temple ; mais, au moment où elle allait en franchir le seuil, elle lut retenue par une force invisible qui l’empêchait d entrer. Alors, par une grâce spéciale, comprenant tout à coup son abjection et son indignité, et apercevant au-dessus de sa tête une image de la Sainte Vierge, elle la supplia avec les larmes amères du repentir de lui obtenir l’entrée de l’église, et lui promit, dans le cas où sa prière pourrait être exaucée, de passer le reste de sa vie dans les austérités de la Pénitence. Grâce a sa fervente prière, elle put bientôt pénétrer dans le lieu saint et elle eut même le bonheur de vénérer la Sainte Croix. En sortant du sanctuaire, elle entendit une voix qui venait d’en haut et qui lui disait de traverser le Jourdain, qu’elle trouverait, au désert, la rémission de ses fautes et le salut de son âme. Une personne charitable lui fit une aumône qui lui servit pour acheter trois pains, avec lesquels elle courut vers le désert. Là, ne vivant que d’herbes et de racines, couchant sur la terre humide, évitant toute rencontre humaine, surmontant toutes les tentations, elle vécut ainsi pendant quarante-sept ans. Saint Zozime, qui habitait un monastère près du Jourdain, ayant passé ce fleuve, fut saisi à la vue d’un être dont le corps nu était affreusement noirci par les ardeurs du soleil, et qui lui cria : « Abbé Zozime, je suis une femme et comme je « suis nue, jetez-moi vite votre manteau, afin que je puisse paraître « devant vous », et après lui avoir raconté toute sa vie, « pro- « mettez-moi, lui dit-elle en s’éloignant, de revenir, ici, le jour de la « Sainte-Cène où vous m’apporterez le corps et le sang de Notre Sau- « veur. » Zozime retourna au jour marqué dans le désert et lui donna la communion ; puis elle pria le vieillard de ne pas revenir avant l’année suivante : cette fois il la trouva morte : elle avait écrit, sur le sable, son nom et le jour de sa mort. Zozime l’enterra dans une fosse qu’un lion venait de creuser.
Toute la succession de cette femme incomparable consistait dans le pauvre manteau que Zozime lui avait jeté, et qu’il emporta comme une précieuse relique. Les Repenties pouvaient-elles choisir une meilleure patronne ?
Depuis, son corps a été trouvé et ses ossements distribués dans les églises. Le calendrier des Confréries range sous son patronage les Marchands Drappiers qui, peut-être, l’avaient choisie à cause de ses longs cheveux dont elle se faisait une espèce de vêtement, ou bien encore à cause du manteau que Zozime lui avait donné.
La légende de sainte Marie l’Egyp tienne a été très populaire au moyen-âge. On la retrouve sur les vitraux des cathédrales de Bourges et d Auxerre. A Paris, en 1660, dans 1 église de Sainte Marie l’Egyptienne, au coin de la rue Montmartre et de la Jussienne (corruption de l’Egyptienne), on voyait encore un vitrail représentant la légende de la Sainte. ,
Dans les mémoires lus à la Sorbonne, au mois d’avril 1863 on en trouve un, à la page 517, sous le nom de Simples Notes sur quelques pèlerinages , etc., dans le diocèse de Poitiers, dans lequel M. Beauchet- Filleau décrit ainsi V invocation adressée à sainte Marie V Egyptienne contre la Fièvre : « A Poizay-le-Sec, c’est aux ruines d'une ancienne chapelle, sous le vocable de sainte Marie l’Egyptienne, que l’on va faire
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son voyage. Près de ces débris, est une mare dans laquelle la tradition veut que Ion ait jeté, à une époque qu’elle ne précise pas, la cloche de la chapelle. Cette mare, toujours d’après la tradition, n’a jamais tari depuis cette époque et la cloche y est encore au fond des eaux. Les pèlerins fiévreux boivent quelques gouttes de cette eau , en y jetant un peu de poussière provenant des pierres du sanctuaire qu’ils ont été gratter dans ce but. » On représente ordinairement sainte Marie l’Egyptienne agenouillée dans le désert, vêtue seulement avec ses longs cheveux, les trois pains dont nous avons parlé plus haut, placés à côté d’elle.
[La plupart des H agiographes). ■
SAINT FRANÇOIS DE PAULE
FONDATEUR DE L’ORDRE DES MINIMES xv« et xvie siècle. — 1416-1S07.
Invoqué contre les afflictions spirituelles et temporelles ou corporelles, la Peste, la Stérilité conjugale, pour la descendance masculine.
Jean Martotille et Vienne de Fuscado, le père et la mère de François, étaient restés quelques aimées sans avoir d’enfants. Comme ils étaient très pieux, ils firent vœu à saint François d’Assise de donner son nom à celui que le ciel voudrait bien leur donner. D’après la tradition, au moment de sa naissance qui eut lieu à Paule, petite ville de la basse Calabre dans le royaume de. Naples, on aperçut sur le toit de la maison de ses parents des rayons de feu, comme si une nouvelle lumière venait de se lever sur le monde. François était encore au berceau, quand il lui survint une fluxion à l’œil qui inquiéta beaucoup ses parents ; mais ils obtinrent sa guérison en faisant un autre vœu, celui de lui faire porter un an entier, le petit habit du même saint François d’Assise dans un couvent de son ordre.
A treize ans, pour accomplir le vœu formé par ses parents, il entra au couvent des Cordeliers de la ville de Saint-Marc. Là, il pratiqua dans leur plus grande rigueur, tous les exercices de la vie spirituelle et de la vie de pénitence, et il commença la série des miracles qu’il eut l’insigne privilège de multiplier à l’infini jusqu’à sa mort. Un jour, le sacristain lui avait demandé précipitamment de lui apporter du feu pour l’encensoir ; quelques instants après, il revenait portant des charbons ardents dans le coin de sa robe qui n’en fut nullement endommagée. Une autre fois, le cuisinier, étant malade, l’avait chargé de remplir son office. François mit le pot au feu avec la viande sur des cendres froides ; puis, s’étant dirigé vers l’église, il entra dans une extase qui dura jusqu’au moment de servir le repas. Comme on lui faisait des reproches sur sa négligence, il demanda de faire sonner la cloche à l’heure ordinaire, et, dans le peu de temps qui lui restait, il fit cuire la viande si parfaitement qu’elle pût être servie à toute la Communauté, sans aucun retard.
Dès que l’année de son vœu fut expirée, il alla à Rome et visita les monastères et les ermitages les plus célèbres. A son retour, il demanda la permission à ses parents de se retirer en un lieu solitaire de leur domaine, mais, comme cette retraite ne lui paraissait pas encore assez rigoureuse, il chercha un lieu plus écarté et s’établit dans le coin d’un rocher.
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Là, se livrant à tous les exercices cle la pénitence et de la vie intérieure, il pratiqua les austérités les plus rudes, entièrement absoibé pai la méditation des vérités éternelles et la contemplation des choses divines. Au bout de gueques années, plusieurs personnes vinrent se mettre sous sa direction, et comme le nombre de ses disciples augmentait chaque jour, il résolut de bâtir un monastère, près de Paule, dans un lieu appartenant à ses parents, où il jeta les premiers fondements de l’ordre des Minimes que l’on appela d’abord Ermites de Saint-François, parce que leur première chapelle était sous le vocable de Saint François d Assise. Pendant le cours de cette construction, il opéra les miracles les plus prodigieux. Un jour, il entra dans une fournaise de chaux allumée, et en sortit sain et sauf. Une autre fois, une pierre d’une grandeur énorme s’étant détachée du rocher , roulait avec impétuosité vers le nouveau monastère que le choc eut infailliblement renversé. Avec une seule prière, il l’arrêta dans sa course menaçante, et, après l’avoir fait partager, il l’utilisa dans les nouvelles constructions. Enfin, pour venir en aide à ses ouvriers qui étaient obligés d’aller puiser de l’eau dans un torrent, il fit jaillir, d’un rocher, une belle source en le frappant seulement avec son bâton.
Entre plusieurs morts qu’il ressuscita à Paule, le plus célèbre fut son propre neveu.
Bientôt les habitants de Paterne, ville peu éloignée de Paule, vinrent le prier de fonder chez eux un couvent de l’ordre qu’il avait institué ; François se rendit à leurs instances et éleva un nouveau monastère qui devint également le théâtre des miracles les plus éclatants. Il en fonda également un troisième à Spézane-le-Grand, dans le même diocèse de Gosenza. Ce fut alors que, sollicité par les Siciliens, il se décida à passer dans leur île. Arrivé au trajet du phare de Messine . célèbre par les écueils de Charibde et Scylla, il pria par charité un nautonnier de le prendre avec deux de ses compagnons pour le faire passer ; mais, ayant éprouvé un refus, il étendit tranquillement son manteau sur les eaux, puis attachant le bout à l’extrémité de son bâton, l’un servant de voile et l’autre de mat, il fit monter les deux moines sur la partie du manteau étendue sur la mer, et après y être monté lui-même, ils voguèrent tranquillement vers Messine où ils arrivèrent sains et saufs. Ce trajet est attesté dans les actes de sa canonisation par plusieurs témoins et a été retracé plus d’une fois par la gravure.
Saint François de Paule, outre le don des miracles, possédait encore l’esprit prophétique. Bien que Ferdinand Ier, le roi de Naples, eut été très malveillant à son égard, il lui donna avis d’une descente que les Turcs étaient prêts de faire en Italie. Il prédit également l’avènement de Jules II et de Léon X au trône pontifical.
Au milieu de toutes ses gloires, François agissait comme le plus humble des religieux et signait : Minime des Minimes.
A cette époque, le roi de France, Louis XI (1), était dangereusement
(l) la missive adressée à l’homme de Dieu, Louis XI ne demandait pas seulement à notre Saint des secours spirituels, il le priait aussi d’apporter de son pays les produits qui
pourraient être avantageux pour le corps. François apporta Jes prunierS) poiriers et noyers
qui étaient la fortune de la Calabre. Parmi les poiriers, il s’en trouva un dont le roi aimait beaucoup les fruits auxquels, dans l’élan de sa reconnaissance, il donna le nom dont il appelait toujours saint François île Paule, et qui lui est resté depuis : Les poires du bon chrétien.
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malade dans le château de Plessis-les-Tours. Frappé des grands prodiges opérés par notre Saint et espérant, qu’après avoir essayé vainement tous les moyens de guérison, il pourrait être guéri par ses prières, il obtint par l’intervention du pape Pie IV, que François viendrait le visiter. Parti de sa chère Calabre, le voyage du Saint ne fut qu'un long triomphe à travers Naples, Rome et les autres villes d’Italie. La France devait être pour lui une seconde patrie, et pour elle il devait être une véritable providence. Son premier acte fut de guérir les pestiférés de Bornes et de Fréjus en traversant leur territoire. Louis XI était si content de son arrivée qu’il envoya le Dauphin pour le recevoir. A peine introduit auprès du roi, saint François de Paule fut sollicité par Louis XI d’intercéder Dieu pour qu’il recouvrât la santé ; mais il ne lui dissimula pas qu’il n’y aurait pas de miracle pour lui, que son heure était venue et qu’il fallait songer à bien mourir. Malgré un désir ardent de vivre plus longtemps encore, le roi finit par se résigner et expira chrétiennement entre les bras de saint François de Paule, auquel il recommanda ses trois enfants : Charles, son dauphin, âgé de treize ans, Anne de France mariée à Pierre II, duc de Bourbon, et la princesse Jeanne, mariée à Louis XII. Le Saint prit cette recommandation en sérieuse considération. La princesse Anne avait dix-sept ans de mariage et paraissait stérile ; par ses prières, il lui obtint successivement : une fille et un garçon. Ces deux enfants sont représentés entre leur père et leur mère sur un vitrail de la cathédrale de Moulins (1). Anne reconnaissante fonda et fit bâtir un couvent de Minimes à Gien. Lorsque Louis XII répudia la princesse Jeanne, ce fut saint François de Paule qui la consola, la fortifia et la fit, entrer dans la voie sainte qui lui mérita le titre de Bienheureuse.
Quant à Charles VIII, il fut perpétuellement assisté par notre Saint. Pendant la guerre qu’il soutint contre François, duc de Bretagne, le bon serviteur de Dieu resta enfermé dans sa cellule pour lui obtenir la victoire de Saint- Aubin. Après la défaite du duc de Bretagne, c’est François de Paule qui, surmontant tous les obstacles, obtint le consentement d’Anne, la fille du vaincu, et cimenta le mariage de cette princesse avec Charles VIII. Par cette union, cette riche et illustre province fut définitivement réunie à la couronne de France.
Pendant la campagne d’Italie, François connut par révélation le danger que courait le roi ; ayant prévenu ses religieux, il les fit mettre en prière et son oraison fut si puissante, qu’en la journée de Fornoue, Charles VIII, avec sept mille hommes seulement, passa sur le ventre d’une armée de quarante mille commandée par le plus habile capitaine de l’Italie. Pour reconnaître tant de services éminents, le roi bâtit trois couvents de Minimes, le premier au Plessis, un autre à Amboise et le troisième à Rome, sous le vocable de la Sainte-Trinité, au mont Pincio, lequel, suivant les intentions de son fondateur et les ordonnances du Saint confirmées par quatre Souverains Pontifes, ne coit être habité que par des religieux de la nation française.
Après la mort de Charles VIII, François voulait retourner en Calabre ; mais Louis XII le retint avec les plus vives instances. Anne de Bretagne, sa femme, atteinte d’une maladie dangereuse, avait été guérie par lui
(1) Elle s’était mariée en 1474, et, eut seulement, en 1491, son premier enfant, Suzanne, qui fut mariée en 1505 au comte de Montpensier, plus tard Connétable de France.
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eu mangeant trois pommes qu’il lui avait envoyées. Trois semaines après la mort du Saint, d’après le conseil de Laurent Lallemand, éveque de Grenoble, elle voua à saint François de Paule sa fille, Claude, qui était atteinte de la fièvre, et qui fut guérie peu après. Claude avait épouse François d’Angoulème (François Ier); en invoquant notre Saint, elle obtint la naissance de deux fils : François, dauphin de France, et Henri II qui succéda à son père. Aussi François Ier, plein de reconnaissance, fit frapper une médaille commémorative: Regiæ stirpis propagatori : Au propagateur de la race royale.
François de Paule était mort le vendredi saint de l’année 1507, a la même heure que Notre Seigneur. Il avait quatre-vingt onze ans. Son corps fut porté à l’église de son couvent où il attira un immense concours de personnes de toutes conditions. (Anne de Bretagne, quand le bon ermite mourut, envoya Jean Bourdichon, son peintre en titre d’office, au couvent dePlessis-les-Tourspour qu’ilfit leportraitdu saint homme(l).
Ce portrait fut expédié au pape Léon X qui prononça la canonisation du Saint en 1519. Il est représenté avec le Scapulaire des Minimes bien plus petit que celui des autres ordres religieux, les deux mains appuyées sur son bâton, la droite en haut et la gauche au-dessous. Ce portrait a été reproduit très souvent par la gravure. On ajoute, ordinairement dans le haut, un soleil environné de rayons au milieu duquel est le mot. : Charitas . Charité. Ce cartouche lumineux, d'après la tradition, lui avait été apporté par saint Michel lui-même auquel il était extrêmement dévot. Aussi dans toutes ses actions, dans tous ses discours resplendissaient les plus purs rayons de la Charité qu’il invoquait sans cesse.
Tant de miracles avaient fait éclater sa sainteté qu’il serait de toute impossibilité de les compter, et il opérait tant de guérisons merveilleuses que saint François de Paule devait nécessairement être invoqué dans toutes les afflictions spirituelles ou temporelles . Pour obtenir de Dieu les grâces qu’on lui demandait et aussi pour le plus grand bien des âmes, il proposait à ses dévots, par lettres et de vive voix, de faire une treizaine de vendredis. Il pratiquait lui-même cette dévotion en honneur et en respect de Notre Seigneur Jésus-Christ et de ses apôtres. Depuis la mort du Saint, les fidèles continuent, dans tout le monde catholique, cette louable dévotion en l’honneur de son saint fondateur. Elle fut approuvée par Clément XII qui accorda en même temps un grand nombre d’indulgences, afin d’exciter, de plus en plus, les bons chrétiens a la pratiquer (2). La mère de Blémur (3) en explique ainsi le détail : " ^ usaSG de faire dir# treize messes à son honneur (de saint François " de Paule) , treize vendredis de suite, est devenu fort commun. L’ordre qu on y observe est que la personne intéressée présente trois cierges,
( eux allumés. sur l’autel, et le troisième qu’elle tient dans ses mains “ f cm an tla sainte messe dont la première se dit de la très Saintenm te .La deuxième de la Passion de Notre Seigneur. La troisième ty d j°*x'.ka quatrième du Saint-Sacrement. La cinquième de Notre- ' . aiTie- Ça stXi(bne des Anges. La septième des Apôtres. La huitième , ce c qui se dit pour toute sorte de nécessités. La neuvième, pour la
( ^ie de 1(1 «ms Anne de Bretagne. —Le Roux de Lincy, 2” volume, o ■ . protia di Orazioni e Pie opéré per te quali sono slala concedate dai sonimi Ponlifici le o. indulgenzt. 8° édition romaine 1834. '
(3) Vie des Saints. 4 volumes 2" volume page 21. Lyon 1689.
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« rémission des péchés. La dixiéme , selon les besoins de l'intéressé. « La onzième des trépassés. La douzième et la treizième de saint François « de Paule. On change les messes quand il se rencontre quelque fête « double, quoiqu’on ne change point d’intention ; le Seigneur qui « connaît la préparation du cœur, entend bien les désirs de l’âme. »
L’invocation contre la stérilité conjugale est amplement justifiée par la naissance de Suzanne de Bourbon qui a été relatée plus haut, et par une foule d’autres qu’il serait trop long de signaler et qui ont été constatées dans les informations par sa canonisation. Celle en faveur de la Descendance masculine s’explique facilement par la naissance de François Ier que saint François de Paule avait annoncée à sa mère, Louise de Savoie, et aussi par celle des deux fils de Claude de France dont nous avons parlé plus haut. C’est principalement à ces deux invocations, qu’on appliquait et qu’on applique encore la dévotion de la Ireizaine de vendredis.
Les deux strophes tirées chacune d’un Gozos castillan en font foi suffisamment :
La esleril mujer casada Que confiada Pide de Bendicion fructo Presto ve su llanto enjulo Consolada
Si os rir.de el grato Iributo De un trecenario entero ;
Gran lucero !
La esleril mujer casada Que cansada
Por hijos suspira, y grita Trece viernes, si os visita,
Consolada
Logra lo que solicita Siendo vos el mediancro,
Gran Lucero I
Reste l’ invocation contre la Peste qui s’appuye surtout sur les nombreuses guérisons de cette épidémie opérées par le Saint pendant sa vie et après sa mort. Nous l’avons vu, à son entrée en France, arrêter ce fléau dans les deux villes de Bornes etde Fréjus. Après sa mort, en 1629, la ville de Naples confessa qu’elle lui devait sa conservation au milieu d’une horrible contagion, et le mit au nombre de ses principaux patrons. D’après la tradition des couvents de Calabre, saint François de Paule aurait reçu l’habit religieux de la main d’un Ange. Le chaperon qu’il lui aurait mis sur la tête se montre encore à Paterne. En 1456, comme la peste sévissait dans le même royaume de Naples et principalement à Paterne, on mit le chaperon dans de l’eau qui guérit subitement tous les Pestiférés. Les villes de Morlaix et de Saint-Paul-de-Léon en basse Bretagne, celle de Mons en Hainaut, celle de Malaga en Espagne, et celle de Coseuza furent également délivrées du même mal par sa puissante intercession. Les habitants de cette dernière ville furent guéris par la simple onction de l’huile de la lampe qui brûlait dans sa chapelle.
(Les Bollandistes. — Petits Bollandistes. — ■ Abbé Rolland, vie du Saint).
La femme mariée stérile qui a conliance en vous obtient le fruit de bénédiction et ses larmes étant essuyées, elle est promptement consolée, si elle vous rend le gracieux tribut d’une treizaine entière, grande lumière !
La femme mariée stérile qui, affligée , soupire et crie pour avoir des enfants, si elle vous visite pendant treize vendredis, demeure consolée et obtient ce qu’elle sollicite par votre médiation, grande lumière !