TROIS AVRIL, SAINT RICHARD
Gomme les méchants voleurs, pour emporter le vin de la récolte du couvent, l’avaient chargé sur un char, les habitants de Marcigny, portant avec eux les saintes reliques et réconfortés par le secours de Dieu, enlevèrent le vin aux soldats ; ceux-ci, furieux, dételèrent les bœufs et coupèrent, avec leurs glaives, les liens qui maintenaient les récipients ; néanmoins, afin que les mérites de saint Urbain apparussent à tous les yeux, le vin resta dans les vases entièrement disjoints, comme une substance solide, et fut amené à Marcigny, sans aucun effort, par des jeunes gens qui le traînaient.
D’après le manuscrit d’un moine anonyme, cité par les Bollandistes, saint Urbain aurait délivré de la peste plusieurs populations qui se seraient adressées à lui. C’est, certainement, le motif pour lequel il est invoqué contre les Fléaux.
Il en est de môme pour l’invocation contre les Rats des champs. Les habitants de Troyes, voyant leurs moissons dévastées par ces animaux, vinrent à Marcigny, et, après avoir recueilli dans des vases, à l’église de Saint- Urbain, de l'eau bénite sanctifiée spécialement contre ce fléau, ils en aspergèrent leurs champs et furent complètement délivrés. Le même manuscrit ajoute : « Si quelqu’un, ayant éprouvé un dommage de la part des Rats, donne aux pauvres un de ses pains pour les âmes du père et de la mère du bienheureux père et pontife Urbain, il sera pour toujours préservé des Souris. » Et enfin, dit-il en terminant, « si la peste des animaux vient à sévir, un cierge, offert avec confiance à notre Saint, fera cesser la contagion par la miséricorde de Dieu et à l’intercession du Saint. »
(A. du Saussay. — Bollandistes. — Petits Bollandistes).