‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 342 sur 734 · ABBÉ DE SAINT-LOUP, A TROYES · texte numérisé non relu

ABBÉ DE SAINT-LOUP, A TROYES

VIIe SIÈCLE. — 623.

Invoqué contre la Fièvre.

e Saint naquit vers le milieu du VIe siècle. Après avoir reçu la prêtrise, il se sentit porté vers la vie solitaire ; il vint s’établir dans un petit village, à vingt kilomètres de Nogent, et dans un oratoire élevé, dit-on, par saint Potentien, en l'honneur de l’apôtre saint Pierre. Ce fut là que Dieu commença à le gratifier du don des miracles. Un voleur, du nom d’Honorius, avait dérobé une génisse et se disposait à la tuer, mais son bras fut retenu par une main invisible, ce qui aurait dû le faire réfléchir sur sa faute ; il n’en fut rien, il persista dans son mauvais dessein et le démon s’empara de son corps. Honorius perdit alors la parole et il ne fit plus entendre que des mugissements. Vinebaud lui ayant enjoint de s’amender et ayant fait le signe de. croix sur sa bouche, en soufflant sur son visage, il revint à son état ordinaire.

Sa réputation de sainteté arriva jusqu’à Gallomagne , évêque de Troyes, qui lui envoya un de ses lecteurs affligé d’une fièvre quarte. Le malade fut guéri, et Vinebaud cédant aux sollicitations de l’Evêque vint à Troyes, où il obtint de passer ses jours dans le monastère de Saint-Loup ; mais l’an 583, l’Abbé du monastère étant mort, Vinebaud fut nommé à sa place. Là, sa sainteté éclata par de nouveaux miracles. Il guérit entr’autres une femme piquée à la main par un serpent ; elle était punie pour avoir profané le saint jour du dimanche, fait un péché d’orgueil et un mensonge dicté par l’avarice. Le roi Clotaire ayant exilé de son siège saint Leu, évêque de Sens, Vinebaud obtint du Roi qu’il y fût réintégré. Il guérit là encore grand nombre de malades, il délivra plusieurs prisonniers ; enfin il rendit son âme à Dieu le (5 avril 623 Son corps fut enterré dans son Abbaye de Saint-Loup ( Saint-Martin-des Aires). Près de la chapelle se trouve une fontaine qui existe encore et qui rend la santé aux Fiévreux. En 1179, Garnier, seigneur de Taisnin (qui n’est qu’à trois lieues du monastère), étrangement tourmenté par une fièvre quarte , fut entièrement guéri, après s’être recommandé à Dieu par l’entremise du saint et s’être baigné dans la fontaine, pendant trois jours successifs. La guérison du lecteur citée plus haut et ce dernier fait justifient suffisamment V invocation adressée à saint Vinebaud contre la Fièvre.

(Des Guerrois. — Vie du saint au XV//0 siècle. — Abbé E. Defer.)

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