‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 346 sur 734 · SAINT GAUTIER 0) ABBÉ DE SAINT MARTIN DE PONTOISE · texte numérisé non relu

SAINT GAUTIER 0) ABBÉ DE SAINT MARTIN DE PONTOISE

Patron des Prisonniers, des Vignerons. — Invoqué pour les yeux, contre la Fièvre, les Rhumatismes.

altier naquit à Andainville village du Vimen, vers la fin du règne de Robert II (2) ou au commencement de celui de Henri Ier. Après s’être fait recevoir docteur, il préluda par de nombreuses austérités au nouveau genre de vie qu’il voulait embrasser, et il entra à l’abbaye de Rebois-en-Brie. Ce fut là où prit naissance le patronage qu’il exerce à l’égard des Prisonniers. Un paysan expiait ses méfaits dans la prison du monastère ; Gautier , à la faveur des ténèbres, pénétra dans son cachot, rompit ses liens et facilita son évasion ; il fut sévèrement châtié par l’Abbé pour cette violation de la règle.

Amoury, frère de Gautier III, comte d’Amiens et de Pontoise-en- Vexin, venait de fonder un monastère dont les religieux, encore peu nombreux, choisirent notre Saint pour Abbé. Gautier ne tarda pas à édifier, par ses vertus, toute la communauté. Il était effectivement un continuel sujet d’admiration ; mais craignant les suggestions de l’amourpropre en se voyant entouré de tant de considération, il s’enfuit pour aller se cacher à Gluny ; ses moines allèrent l’y chercher, munis d’une ordonnance de l’archevêque de Rouen et ils le ramenèrent. Plus tard, il tenta encore de se retirer dans une île de la Loire, près Tours, et, de nouveau, il fut obligé de céder aux prières de ses moines.

Il se dirigea alors vers Rome et conjura le Pape, Grégoire VII, de le décharger du fardeau qui l’accablait. Il n’eut pas plus de succès ; car le Pape lui enjoignit de retourner au bercail et d’y rester. Il ne songea donc plus à déserter désormais.

Plus d’une fois, il mit la fermeté de son caractère au service de la justice et il reprocha ouvertement à Philippe Ier ses investitures simoniaques.

Vers l’an 1092, la Bienheureuse Vierge Marie lui apparut et lui ordonna de construire un monastère de femmes à Bertaucourt. Craignant d’être le jouet d’une illusion, il différa d’agir ; mais, dans une seconde vision, la Sainte Vierge lui adressa des reproches et lui appliqua un soufflet dont il garda plusieurs jours l’empreinte sur ses joues. Le Saint n’hésita plus à remplir la mission qui lui était confiée, et, en 1094, à l’aide de deuxnobles et pieuses femmes, il parvint à réaliser son projet.

Quelques jours avant sa mort, Gautier prêchait devant Mathieu Ier, comte de Beaumont-sur-Oise : parmi les assistants, se trouvait une dame qui scandalisa 1 assistance par l’inconvenance de sa toilette et

d ) Galtier, Gaultier, Gauthier, Gautier de Vimeu, Gaucher, Waulier. (Galterus Galterius Gualterus, Gualterius, Gauterius, Walterus, Walterius, Galbertus).

(2) C’est par inadvertance, sans doute, que l’abbé Coiidlet (page 345, 2“ volume) écrit Robert I. Les Petits Bollaudistcs 1 ont transcrit de même d'après le même auteur.

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