FONDATEUR DE LA CONGRÉGATION DES PÈRES DE LA DOCTRINE CHRÉTIENNE
xvi' et xvii' siècle. — 1544-1607
Invoqué contre les catarrhes des yeux.
César naquit à Cavaillon, ville épiscopale du Comtat-Venaissin. Son père et sa mère étaient recommandables par leur piété et par leur noblesse. Dès sa jeunesse la plus tendre, il s’appliquait aux jeûnes et aux mortifications. Il était entré dans la Compagnie des Pénitents noirs, dont il se plaisait à orner et à embellir la chapelle. A l’âge de dix-huit ans, il s’engagea dans les troupes destinées à combattre les Hérétiques, sous les ordres du comte de Tende, lieutenant pour le Roi, en Provence. Après la pacification, il mit bas les armes et revint à Cavaillon, sans avoir perdu au service une seule de ses habitudes vertueuses. Il se préparait de nouveau à prendre part au siège de La Rochelle, sur un vaisseau commandé par son frère, quand il tomba malade. Sa convalescence fut suivie d’un voyage à Paris. Cette grande ville, disent les Bollandistes, qui n’est pas moins le tronc du vice que la capitale du royaume, eut sur lui une fâcheuse influence ; la fréquentation de quelques libertins lui fit oublier ses devoirs de chrétiens ; il se livra tout entier aux plaisirs du monde. Il ne revint à Cavaillon que trois années après, pour y voir mourir son père et son oncle, chanoine de Salon, qui lui avait abandonné ses bénéfices. A cette époque, on avait la coutume déplorable de voir des Gentilshommes jouir des biens de l'Eglise, comme s’ils avaient rempli les fonctions auxquelles ces biens étaient attachés. César continua-t-il sa vie oisive et dissipée, au grand scandale des gens du pays ; mais Dieu mit sur sa route deux personnes de modeste condition, qui entreprirent sa conversion soit par leurs prières, soit par leurs remontrances. L’une était une bonne veuve de la campagne, qui était venue s’établir à Cavaillon ; l’autre était un simple clerc, du nom de Guyot, qui servait de sacristain dans une église de la ville. Pendant un certain temps, César se moqua de l’apostolat qu’on voulait exercer à son égard ; mais un jour la veuve Antoinette parvint à lui faire accepter la vie des Saints, dont la lecture l’impressionna vivement. Il commença a faire de sérieuses réflexions sur sa vie passée et s’enfuit à Avignon pour éviter ses compagnons de débauche ; puis il fit sa confession généra e
SEIZE AVRIL, SAINT DROÛOtf.
et gagna le jubilé. De retour à Cavaillon, il se montra publiquement serviteur de Jésus-Christ. Un jour, comme il priait dans l’église de cette ville, Louis Guyot, le sacristain, vint tout à coup lui présenter un cierge pour accompagner le Saint-Sacrement qu’on allait porter à un malade. César portait encore son habit de cour, l’épée au côté, une plume sur la tête. Pendant l’espace d’une seconde, il pensa aux railleries de ses anciens compagnons, qui étaient en grand nombre à Cavaillon ; puis, saisissant courageusement le cierge, il traversa les rues de la ville, à côté du petit clerc qui précédait le prêtre.
A partir de ce jour, il n’eut plus qu’une idée, celle d’embrasser l’état ecclésiastique ; pendant quelques mois il étudia le latin qu’il avait complètement oublié et fit de grands et rapides progrès en théologie ; il put dès lors recevoir la prêtrise et il s’appliqua avec ardeur à la prédication, aux confessions et à tous les exercices spirituels qui sauvent les âmes. Un de ses premiers actes fut de travailler à la réforme des Religieuses Bénédictines de Cavaillon. La lecture qu’il fit du Catéchisme du Concile de Trente lui fit concevoir le dessein d’établir une congrégation de prêtres et de clercs dont la fonction fût d’enseigner la doctrine chrétienne. Cette congrégation fut confirmée l’an 1597, par le Pape Clément VIII. Dieu, pour éprouver sa patience, permit qu’il fût privé de la vue, à l’âge de quarante-neuf ans, par suite d’un catarrhe qui lui causait des douleurs affreuses, dont il ne fut délivré que dix-huit mois avant sa mort, ce qui explique suffisamment l’invocation pour les maladies d’yeux, signalée par Théophile Raynaud (1).
Ce fut César de Bus qui établit les Ursulines en France, pour l’éducation des jeunes filles. M. de Bérulle vint aussi le consulter sur la fondation qu’il méditait de la Congrégation de POratoire.
Outre la privation de la vue, César dans les derniers temps de sa vie, était devenu hydropique. Le dimanche de la Passion de l’année 1607 il demanda le Viatique et l’Extrême-Onction, et mourut le jour de Pâques suivant, 15 avril. La cause de sa béatification se poursuit encore de nos jours.
(Héliot. — • Godescard. — Les Petits Bollandistes.)