‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 399 sur 734 · PRIONS. — ORAISON · texte numérisé non relu

PRIONS. — ORAISON

Dieu tout puissant et éternel, arbitre du trône, qui gouvernez la masse de la terre suspendue en l’air et qui avez ordonné de cultiver les champs par le travail pour la nourriture du genre humain et du corps, nous supplions ii genoux votre miséricorde, de jeter un regard de clémence sur toutes les graines salutaires qui sont plantées et cultivées dansces champs, et de modérer la température de l’air : afin que les aspérités de tous les chardons et de toutes les ronces étant coupées et absorbées, vous fécondiez les biens de la terre et les fassiez arriver à une parfaite maturité : afin que nous, vos serviteurs, cueillant avec des actions de grâce, les fruits abondants de vos dons, nous méritions de rapporter à votre nom de dignes et de justes louanges.

prions. — ORAISON.

Seigneur, nous vous demandons, et nous vous prions de daigner regarder avec des yeux sereins et un visage gracieux ces fruits de semences, des légumes, du blé, du froment, de l’orge, de l’avoine (et de tous les autres de quelque genre qu’ils soient). Comme vous l’avez attesté en effet à Moyse, votre serviteur, en Egypte en disant : Dis aux fils d Israël lorsqu'ils seront entrés dans la terre promise que je leur donnerai, qu’ils offrent aux prêtres les prémices des biens de la terre et les biens de la terre serontbénis : ainsi nous vous demandons, Seigneur, dans votre bienveillance, d’accorder le secours de votre grâce pour nous et pour ces moissons, afin que, par votre don, ils aient la vertu de porter des fruits, que la grêle ne les détruise pas, que le tourbillon ne les renverse pas, que la violence de la tempête ne les coupe pas, que la sécheresse ne les brûle pas et que l’inondation ne les absorbe pas ; mais que pour l’usage des hommes vous daigniez les faire parvenir saines et sauves et surabondantes à lapins complète maturité.

PIUONS. — ORAISON.

Seignour saint, Porc tout puissant, Dieu éternel, envoyez votre esprit avec vos anges et vos archanges et avec eux vos saints et vos élus, afin qu’ils défendent nos moissons contre les insectes nuisibles ou contre les oiseaux, afin que votre nom, ôDieu, soit glorifié en tout lieu.

Alors le prêtre parcourt le champ et en asperge une partie avec de l’eau bénite en disant : Que la bénédiction de Dieu, du Père tout puissant, du Fils et du saint Esprit descende et reste sur ces moissons.

Le verset suivant d'un cantique catalan indique que dans le Nord de Cspagne, saint Marc est invoqué aussi contre la Grêle, la Foudre et la impête qui causent de si grands dommages aux Récoltes :

Paix sou tant appropriât Puisque vous êtes si spécial contre la Grele

Contra pedras, clams g trons la Foudre et le Tonnerre, préservez ces tern-

Guardan aquestos contorns toircs contre la Grele et la 2 empele.

De pedra y deTEMPESTAT.

VINGT-CINQ AVRIL. SAINT MARC

Il reste encore à justifier l’invocation contre l’Impénitence finale. On pourrait peut-être l’expliquer par le secours que saint Marc apporta, en 1221, au frère Julien de Farento, de l’ordre de Saint-Dominique. Gomme il était gravement malade, pendant son sommeil, le saint évangéliste, pour lequel il avait toujours eu une grande dévotion, lui apparut pour l'assister à ses derniers moments, et, après qu’il l’eût réconforté par de bonnes paroles, une grande troupe d’Anges entra dans sa chambre pour accompagner son âme, quand elle quitterait son corps. En outre, dans le dernier chapitre de son Evangile (v. 16), il a été chargé de nous notifier cet arrêt terrible : « Celui qui ne croira pas sera condamné ». N’est-il pas naturel de nous adresser à lui pour essayer d’en tempérer lu rigueur, et surtout pour qu’ayant été baptisé, nous obtenions par son intercession la foi qui nous méritera la récompense éternelle.

L Evangéliaire de la Sainte-Chapelle caractérise ainsi les quatre Evangélistes :

Quatuor liœc dominum signant animalia Chris-

[tum :

Est homo nascjndo, vitulusque sacer moriendo, Est leo surgendo, cœlos aquilaque petendo. Nec minus ho s scribas animalia et ipsa figu-

[■ rant .

| Ces quatre animaux figurent le Christ Seigneur : Il est homme en naissant et bœuf sacré en mourant ; il est lion en ressuscitant et aigle en montant au ciel. Et ces quatre animaux ne figurent pas moins les quatre évangélistes.

Saint Marc a le Lion pour attribut. Selon les uns, dit Mistriss Jameson (1), parce qu’il avait réclamé, pour son maître la dignité royale ; selon les autres, parce qu’à son début il raconte la mission de saint Jean-Baptiste, dont la voix fut entendue dans le désert, et qui est luimême figuré par un Lion. Une troisième interprétation est celle-ci : entr’autres croyances du moyen-âge, on supposait que les jeunes lionceaux sortaient sans vie du ventre de leur mère, et n’arrivaient à l’existence que trois jours après, réchauffés par l'haleine paternelle et i éveillés par ses rugissements. On regardait ce prétendu phénomène, comme un symbole de la résurrection du Christ dont saint Marc est l’historien.

, J0101 une strophe d’une prose d’Adam de Saint- Victor, qui a rapport a 1 attribut de saint Marc :

Marcus leo per desertum Clamans rugit in apertum :

lier fiat Deo cerlum, Mundum cor a crimine.

Marc, semblable au lion à travers le désert, fait retentir dans l’espace sa voix formidable : qu’un cœur pur de tout crime assure le chemin vers Dieu.

Sut le bénitier de la Cathédrale de Milan on lit :

Lhrisli dicta frémit Marcus sub fronte Leonis.

Saint Marc sous la figure d'un Lion proclame en rugissant la parole du Christ.

Sur le manuscrit 323 de la Bibliothèque nationale, IXe siècle

Symbolico Marcum par est conferre Leoni Cujus ab ore tonant divi spiramina verbi Perque hujus deserta f remens vastissima mundi Alli throno facilem salagit disponere callem.

Il est juste de comparer Marc au Lion symbolique de la bouche duquel sortent comme le tonnerre les inspirations du verbe divin, et qui, rugissant au milieu dos vastes déserts de ce monde, s’efforce d’ouvrir un chemin facile vers Je trûne du Très-Haut.

Sur le manuscrit numéro 261, même Bibliothèque, X° siècle :

ÎYI A nriio /• .. .

Marcus ut alla fremens vox per deserta

[ Leonum .

Marc comme la grande voix rugissante des hons à travers les déserts.

(1) Revue Britannique, V* série, 26 volumes, page 331 .

VINGT-CINQ AVRIL. SAINT MARC

Sur le manuscrit 575, id., XIe siècle :

Marcus dans Itate genti pia dogmata vilœ Marc apportant à la nation italienne les

< t Léo per silvas tonat errans tenebrosas. pieux enseignements de la vie est comme le

Lion qui erre en rugissant à travers les forêts ténébreuses.

Deux célèbres peintres vénitiens, Giorgone et Paris Bordone, ont représenté un épisode très curieux de l’histoire de Venise dans laquelle figure saint Marc. En 1340, une tempête extraordinaire éclata à Venise. Tout le peuple était en prière dans les églises. Un pauvre pécheur vit, au milieu de l’orage, saint Marc, saint Georges et saint Nicolas, luttant avec les démons qui avaient excité la tempête. Ceux-ci ayant été bientôt vaincus, saint. Marc, en signe de protection, donna une bague au pécheur, et cette bague fut le premier anneau de fiançailles que le doge offrit à la mer en l’épousant au nom de la République.

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