‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 408 sur 734 · VINGT-SEPT AVRIL, SAINTE ZITE · texte numérisé non relu

VINGT-SEPT AVRIL, SAINTE ZITE

formait point des choses dont elle ne devait pas répondre. Dans son humble condition de servanle, elle exerçait une admirable charité à l’égard des pauvres ; aussi Dieu illustra-t-il plus d’une fois par des miracles la vertu de cette vierge sainte. Un jour, un étranger, exténué de fatigue, lui ayant demandé l’aumône, elle puisa de l’eau sur laquelle elle fit le signe de la croix, et cette eau fut changée en un vin excellent. Visitant fréquemment les pauvres infirmes, elle leur distribuait les aliments qui étaient affectés à sa propre nourriture. Comme le pays était affligé par la famine, après avoir épuisé toutes les bourses de ses amis, elle se mit à distribuer aux pauvres affamés des fèves dont son maître avait une immense provision. Celui-ci en ayant été averti, ordonna de mesurer les fèves ; par une grâce surnaturelle, on retrouva la quantité primitive, comme si pas une seule n’eut été détournée. Une nuit de Noël, Zite, ayant donné presque tous ses habits aux pauvres, était très mal vêtue par un froid très rigoureux. Son maître, la voyant sortir ainsi, la força de mettre sur ses épaules un manteau de fourrures, qui lui appartenait et qu’il lui recommanda bien de lui rapporter. En entrant à l’église, elle aperçut un pauvre demi-nu dont les dents claquaient de froid ; vite elle se hâta de faire passer son manteau de fourrures sur les épaules de cet infortuné, avec cette condition qu’il s’en couvrirait pendant l’office, qu’elle le reprendrait après et qu’elle le conduirait se chauffer au logis ; mais, après avoir satisfait à sa dévotion, elle ne retrouva plus le pauvre à la porte et elle revint bien confuse chez son maître, qui la poursuivit de ses reproches jusqu’à l’heure où le pauvre parut tout à coup, rapporta le manteau en présence de toute la famille et disparut comme un éclair. On a cru généralement que ce vieillard était un ange, disent les Petits Bollandistes, c’est pourquoi la porte de l’église où elle rencontra le pauvre au manteau a été depuis appelée la porte de l’Ange.

L’austérité de sa vie fut admirable jusqu’à la fin. Elle portait autour de son corps une corde qui avait fini par entrer dans les chairs et qui la faisait souffrir horriblement. Elle avait toujours les pieds nus, même en hiver et couchait sur la terre, donnant son lit aux pauvres étrangers, qui venaient demander l’hospitalité.

Après avoir pratiqué toutes les vertus et avoir toute sa vie été au service des mêmes maîtres, avec un parfait dévouement, elle mourut à soixante ans, le 27 avril 1278. Les miracles se multiplièrent à son tombeau, et son culte se répandit rapidement dans son pays et dans toute l’Europe. Elle est ordinairement représentée avec un trousseau de clefs à sa ceinture, ce qui indique l’office de femme de charge. On lui fait également porter une cruche, en souvenir de l’eau qui se changea en vin, par sa puissante intercession. Parmi les Saints peints dans l’église de saint Vincent de Paul, à Paris, Hippolyte Flandrin l’a représentée sous une simple et charmante figure de servante, retenant sa robe de la main gauche et portant la cruche de la main droite.

Voici deux maximes spirituelles de sainte Zite , qu’il est bon de livrer aux méditations des domestiques de nos jours ; en outre, nous ne saurions trop leur conseiller, à l’exemple de leurs devanciers, d’avoir toujours sous les yeux, comme modèle et comme patronne , cette excellente

servante du Seigneur : .

« Une servante paresseuse, disait-elle, ne doit pas être appeiee pieuse,

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