SAINT GRÉGOIRE DE NAZIANZE, DOCTEUR DE L’ÉGLISE
iv’ siècle. — 312-389.
Patron des Poëtes. — Invoqué pour les Récoltes.
Le père de Grégoire était païen. Après avoir été converti par sainte Nonne, sa femme, il avait été élevé par son mérite sur le siège épiscopal de Nazianze. Leur fils, né à Nazianze, reçut une excellente éducation. Il étudia les Belles-Lettres et la Théologie à Césarée, à Alexandrie et à Athènes ; il acquit des connaissances tellement profondes qu’on le surnomma le Théologien. A Athènes, il lia avec saint Basile une étroite amitié qui dura jusqu’à leur mort. Ils résolurent tous deux de se donner à Dieu dans une entière solitude.
A son retour d’Athènes à Nazianze, il reçut le baptême des mains de son père qui l’obligea d’entrer dans le clergé, et, après l’avoir fait passer par les degrés des ordres, le fit prêtre malgré lui. Saint Basile, ayant été fait évêque de Césarée, sacra quelque temps après Grégoire, pour en faire l’évêque de Sazime, petite ville de Cappadoce; mais des obstacles s’opposèrent à ce qu’il prit possession de son évêché ; il revint alors à Nazianze où il suppléa son père dans les fonctions sacerdotales. Le voyant près de mourir et craignant qu’on ne l’obligeât à lui succéder, il s’enfuit dans la solitude. A cette époque, l’Eglise de Constantinople était déchirée par différentes sectes hérétiques ; comme sa grande capacité, sa science profonde et la sainteté de sa vie le recommandaient puissamment pour porter remède à une situation si regrettable à tous les points de vue, on le força d’accepter ce siège archiépiscopal. La face de cette Eglise fut presqu’aussitôt changée par l’éloquence de ses instructions et par l’éclat de ses miracles. Il contribua à la conversion d’une infinité de païens et d’hérétiques. Il eut néanmoins beaucoup à souffrir de quelques contestations qui s’élevèrent contre son élection, et il finit par se démettre de son évêché dans un Concile qu’il présidait. C’est alors qu’il se retira à Nazianze ; il y passa tout le reste de ses jours dans une vie retirée, pénitente et tout entière adonnée à la prière. D’après ce qu’il raconte lui-même dans un de ses ouvrages : il vivait au milieu des rochers et des bêtes sauvages ; il ne voyait jamais de feu et ne se servait point de chaussures. Une simple tunique formait tout son vêtement. Il couchait sur la paille et n’avait qu’un sac pour couverture, et il ajoute que son plancher était toujours arrosé par les larmes qu’il répandait. C’est dans cette solitude qu’il écrivit un grand nombre d’ouvrages qui sont des monuments éternels de son grand esprit et de la foi orthodoxe.
En Italie, il est le Patron des Poêles, dit Dom Riva, à cause des vers hexamètres qu’il a composés sur tous les miracles racontés par les Evangélistes. « Il y avait dans sa solitude, disent aussi les Petits Bollandistes,