ONZE MAI, SAINT UDAUT
venir la punition que Gengoul était en droit de leur infliger à tous les deux, ce misérable s’introduisit secrètement dans l’habitation du Saint, et lui fit une blessure mortelle. Le meurtrier s’enfuit ensuite précipitamment ; mais, en arrivant chez lui, il fut saisi par des douleurs violentes et mourut comme était mort Arius, en rendant ses intestins. Les deux tantes de saint Gengoul transportèrent son corps à Varennes, où il fut inhumé dans une église qu’il avait autrefois élevée à saint Pierre, le prince des apôtres. Dieu honora son tombeau d’un grand nombre de miracles, auxquels sa femme refusait d’ajouter foi, en les qualifiant de la façon la plus ignoble. Pour la punir, Dieu permit qu’elle fût affligée tout à coup d’un bruit honteux et sans interruption pendant tout le reste de sa vie, ce qui la livra à la moquerie et aux sarcasmes publics.
L’invocation pour les mal-mariés et pour la bonne union des ménages n’a pas besoin d'autre explication. Quant à celle pour les enfants malades, elle se justifie facilement par les nombreuses guérisons de jeunes enfants opérées au tombeau du Saint. Les Bollandistes citent entre autres un enfant dont la vie était compromise par d’atroces douleurs de dents ; un autre entièrement privé du sommeil; un aveugle ; un moribond entièrement dévoré par les vers ; un paralysé d’un bras ; un muet ; une jeune fille aveugle ; une boiteuse, une autre estropiée du bras et des doigts. Quant au patronage des cordonniers et des tanneurs, il est plus difficile à interpréter ; à moins qu'il ne soit appuyé sur le bras de la femme de saint Gengoul, dont la peau s’était arrachée et pendait au bout des doigts.
(SüRius. — Bollandistes. — Ribadaneira.)