‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 493 sur 734 · SAINT PANCRACE, MARTYR · texte numérisé non relu

SAINT PANCRACE, MARTYR

Invoqué contre le parjure et le faux témoignage. — Contre les Maux

de tête.

Pancrace naquit à Symnade, ville de Phrygie, sur la fin du iiic siècle. Sa mère mourut peu de jours après et son père la suivit de près. Comme il était à la dernière extrémité, il recommanda fortement son fils à son frère Denis, et le pria de lui servir de tuteur et de père. Denis étant venu s’établir à Rome, emmena avec lui son neveu Pancrace. C’est là qu’ils connurent le saint pape Marcellin, qui les mit au nombre des catéchumènes et les baptisa, quand il jugea leur instruction assez avancée pour recevoir cette grâce. Denis mourut quelque temps après ; mais Pancrace n’eut plus qu’un désir : celui de souffrir le martyre, en confessant sa foi. A cette époque, sévissait la persécution de Dioclétien. Cet empereur cruel, qui avait connu le père de Pancrace , fit comparaître celui-ci devant lui, espérant le ramener aux faux dieux ; mais, quand il vit que ni les promesses, ni les menaces ne pouvaient l’ébranler d’aucune manière, il lui fit trancher la tête à l’heure même! Son corps fut enseveli dans un lieu nommé Calepode, où le Pape Symmaque, vers la fin du Ve siècle, fit bâtir une église à son honneur. Saint Grégoire de Tours, qui appelle saint Pancrace le vengeur des parjures, rapporte que c’était dans cette église où, par un miracle perpétuel, se faisait la preuve des vrais ou des faux serments. Ceux qui se parjuraient étaient visiblement punis de Dieu ; car, ou ils tombaient morts sur place, où ils devenaient immédiatement la proie du démon, qui les tourmentait de mille manières, à la vue de tout le monde ; tandis qu’il n’arrivait rien de fâcheux à ceux qui avaient juré suivant la vérité.

Le culte de saint Pancrace se répandit rapidement dans toute l’Italie, en Sicile, en France, dans les Pays-Bas, en Allemagne, en Espagne et même en Angleterre. En Catalogne, il est invoqué contre les maux de tête, probablement à cause du genre de mort qu’eut à subir le bienheureux martyr. Cette invocation apparaît dans cette strophe d’un goigs (cantique) catalan :

Alcansau, sant glorios,

Ab vostra mediacio,

A loi dévot fervoros Del cap la curacio ;

De tant gran mal lo ngor Sia prest aliviat.

Vous obtenez, saint glorieux,

Par votre médiation,

A tous vos fervents dévots La guérison du mal de tête;

Quo la douleur d'un si grand mal Soit promptement soulagée.

R) Les Petits Bollandistes citent plusieurs autres dénominations de saint Pancrace ■ Drancas ou Brancaccio, Blancaf Planchas ou Plaichais, Plancert, Crampas ou Crampace, Brachs Branchais, Blanchars, Blanse, Planchers. ’

dd° TREIZE MAI, BIENHEUREUX ALBERT ü’OGNA.

Le titre d’un gozos (cantique) castillan qualifie saint Pancrace d ’Especial abogado para alcanzar de Dios salud y Labori : protecteur spécial pour obtenir de Dieu santé et travail.

D’après les Notes qui m’ont été envoyées par M. Eleuthère Brassard, de la Société de la Diana (Montbrison), l’église de Vouche (canton de Saint-Galmier, arrondissement de Montbrison, Loire), possède des reliques insignes de saint Pancrace. On y va en pèlerinage contre les crampes.

(Bollaniistes. — Vie de saint Pancrace, Digne, 1853.)

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